Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Lectures d'août


"Au temps de l'antan : contes du pays Martinique" par Patrick Chamoiseau
Recueil de contes, environ 100 pages, inspirés par des contes locaux de la Martinique, mais écrits avec l'écriture riche et imagée de Chamoiseau. J'aime beaucoup. Certaines sont amusantes, certaines sont tragiques, cela n'essaie pas d'éviter les relations tendues entre blancs et noirs même sur ce n'est pas au centre (sauf dans La personne qui asséchait les coeursp, qui se passe sur un vaisseau négrier, et qui se trouve être un de mes préférés).
8/10


"Que le diable l'emporte", anthologie compilée par Charlotte Guérette
Environ 140 pages. Anthologie de contes québecois sur le diable, de différents collecteurs et auteurs du domane public. Il y a de tout, des histoires d'horreur, des histoires de mauvais tours, des histoires d'animaux, des parodies où tout le monde est terrifié par le diable sauf qu'il n'est pas là. J'aurais aimé avoir une sélection encore plus large ! Là, cela fait un peu introduction, malgré le sujet très spécifique.
7/10


"Contes des pays du Caucase" par Suzana Navakova
Environ 200 pages, recueil de contes de trois pays : la Géorgie, l'Arménie, et l'Azerbaidjan. Proches géographiquement, pas forcément culturellement, mais cela fait une variété intéressante. Je les ai trouvés très positifs, très agréables à lire. L'amitié est centrale (j'avais peur d'une trahison dans "Le fils de la biche" et elle n'est pas venue), ainsi que le travail. Les descriptions sont charmantes. Il y a des passages trop mignons, comme dans "La bague du père", quand le roi donne à son fils une bague qui lui viendra en aide au moment le plus nécessaire, et ce n'est pas au combat mais pour lui donner le courage d'adresser la parole à la jeune fille qui lui plait. Un très chouette livre de contes !
9/10


"Requiem" par Anna Akhmatova
Environ 50 pages. Un recueil de poèmes très court, en bilingue russe-français. C'est simple, émouvant, cruel, sur la dictature stalinienne, les queues pour parler à son fils emprisonné, la nécessité de cacher jusqu'aux sentiments les plus naturels. J'ai beaucoup aimé.
Non, ce n'est pas moi qui souffre, c'est quelqu'un d'autre
Moi, je n'aurais pas pu. Ce qui est arrivé,
Qu'on le recouvre de noirs suaires,
Que l'on emporte les lumières...
La nuit.

8/10


"Sabriel" par Garth Nix
Roman, environ 360 pages. C'est le premier d'une série, mais cela peut totalement s'arrêter là. L'héroïne, Sabriel, descend d'une lignée de nécromanciens qui, au lieu d'invoquer les morts, essaient de les empêcher d'envahir le monde des vivants. Elle vient juste de finir ses études - dans la pays voisin, qui a une technologie de type 19e siècle, mais où la magie et la nécromancie marchent moins bien - quand elle reçoit un messager mort-vivant de son père, qui lui dit qu'il est temps de prendre sa suite. Mais bien sûr, la créature qui l'a envoyé dans le monde des morts vise maintenant Sabriel. Elle doit donc rejoindre la maison de son père, où elle n'a pas été depuis qu'elle avait quatre ans, et voir ce qu'il en est. Il a tout fait pour la former. Elle craint que ce ne soit pas assez.
L'héroïne est forte et agréable à suivre, de plus elle a un chat Eldritch et un avion en papier géant qui vole vraiment. Malgré le côté très sombre de la nécromancie, ces deux aspects me font parfois penser à du Miyazaki.
J'aime le worldbuilding, les différentes portes du monde des morts, les différentes cloches et leur effet sur les esprits et les vivants, mais aussi la magie runique de la Charte.
8/10


"Les armes secrètes" par Julio Cortazar
Recueil de nouvelles, environ 300 pages. J'adorais la seconde, "Axolotl", et j'ai jeté un oeil pour voir si les autres me plaisaient aussi, et étaient du fantastique aussi. Pas toutes, Axolotl reste la meilleure. Il y en a qui sont agréables à lire, et intéressantes, toutes sont bien écrites et mystérieuses, mais certaines m'on semblé un peu longuettes. J'aime l'aspect fantastique dans "Les fils de la vierge" alors que je n'aime pas spécialement le reste. Je crois que celle qui fonctionne le mieux sur moi est "Circé", alors que rien de surnaturel, honnêtement, n'arrive.
7/10


"Le feu en poésie", anthologie compilée par Jacques Charpentreau, "L'arbre en poésie" et "La campagne en poésie", anthologies compilées par Georges Jean
Chacun de ces livres fait 150 pages de poésie. Ce sont des anthologies de poème assez courts (le plus souvent une page, trois pages maximum), le plus souvent non-traduits, et qui, à l'époque, essayaient de représenter aussi la poésie moderne. Comme les livres ont environ quarante ans, cette partie-là ne s'applique plus tellement, mais c'est quand même un bel effort. Les poèmes ne sont même pas spécialement pour enfants, c'est juste approprié pour eux, en évitant à la fois les thèmes sexuels intense et l'hermétisme trop complexe. C'est une très bonne collection, et bien sûr, mes préférés sont ceux sur mes thèmes préférés (la mer, la liberté, les créatures fantastiques), mais je lis aussi avec plaisir ceux sur les autres thèmes !
Dans les trois, l'anthologiste aime beaucoup le thème qu'il a choisi, non seulement en tant que thème mais en tant que réalité de la vie, et a choisi des poèmes plutôt positifs. Je trouve ça un peu restrictif : où sont les feux destructeurs, les arbres maudits, les campagnes solitaires ?
"Le feu en poésie" comporte quatre parties : Le feu de la terre, le feu du ciel, le feu de l'âme, le feu des rêves. Cela commence par "Pour vivre ici" de Paul Eluard, que j'adore, et qui est difficile à surpasser. Et donc, le reste m'a forcément un peu déçue. Quelques autres temps forts pour moi : Marie Chevallier, René Daumal, Paul Fort, Mouis Guillaume, Patrice de la Tour du Pin, et encore Paul Eluard !
"L'arbre en poésie" a trois parties : "L'arbre vrai", "Arbres comme nous" et "L'arbre rêvé". Mes passages préférés : Victor Hugo, Claude Vigée, Jean Malrieu, Jules Renard, Jules Supervielle et Max Jacob.
"La campagne en poésie" a pour partie "L'homme et la campagne" et "Paysages" . Mes poésies préférées sont de Max-Pol Fouchet, Pierre Emmanuel, Jules Supervielle et Paul Eluard, rien que du classique ; je trouve qu'il y a un peu trop de proses qui n'étaient pas censées être poétiques dans celui-là.
7/10 + 7/10 + 7/10


"Le coche fantôme : histoires de fantômes anglais", recueillies par Edmond Jaloux
Environ 160 pages d'histoires de fantômes... pas vraiment anglaises, il y en a au moins une irlandaise. Folio Junior faisait vraiment du bon boulot : une introduction à la thématique, des illustrations en noir et blanc mais sympa, une sélection intéressante de sept nouvelles, et, ce qui ne se faisait pas beaucoup à l'époque, avec des auteurs femmes.
* Le coche fantôme (Amelia B. Edwards) : Une introduction, un peu trop classique, mais sans défaut, pour les gens qui découvrent les histoires de fantômes classiques.
* La limousine bleue (Ann Bridge) : Une nouvelle subtile, où je n'avais pas deviné la fin du tout.
* Le numéro 13 (M.R. James) : Un classique des histoires qui ne font pas peur physiquement, mais où la tentative de saisir des explications pour lesquelles on n'a que des indices fuyants crée une sorte d'angoisse existentielle.
* La main fantôme (anonyme) : Un conte de fées sombre. J'aime ce genre.
* Qu'était-ce (Fitz James O'Brien) : Un monstre pas spécialement intéressant, mais j'adore l'état d'esprit des gens de la pension et leur curiosité intellectuelle.
* Le château de Leixlip (Maturin) : Un autre conte de fées sombre dans le monde des légendes irlandaises, ou plutôt trois, car les trois filles du château ont des estins bien différents.
* La Villa Désirée (May Sinclair) : La plus moderne de toutes, un peu psychanalytique.
8/10


"Fééries et légendes de Bretagne", par Xavier Hussön
Environ 150 pages de contes bretons. L'auteur a choisi de les réécrire pour les rendre plus accessibles à un public adulte comme enfant. Le style n'est pas spécialement remarquable, ni en bien ni en mal, mais cela se voit dans la façon dont il s'amuse à connecter les histoires entre elles, à faire apparaître Dahut dans la légende du roi Marc ou les Tuatha de Danann dans l'histoire du Hopper Noz. En général, il esquive aussi les aspects trop horribles ou les fins tristes. Pour l'anthenticité, ce n'est pas trop ça, mais c'est sympa de voir une version plus personnelle.
Sinon, j'aime beaucoup les illustrations en noir et blanc, dont certaines sont sérieuses et d'autres humoristiques. Très réussi !
7/10


"The Shining", par Stephen King
Roman lu en ebook, la version que j'avais dit 341 pages mais je suis sûre qu'en papier ce serait beaucoup plus long, la pagination des ebooks est bizarre parfois.
J'avais tenté Stephen King il y a longtemps avec Les yeux du dragon, que j'avais trouvé sympa mais oubliable. J'ai voulu lui donner une seconde chance avec un livre d'horreur, qui est quand même le genre pour lequel il est réputé ! Et j'ai décidé de tenter celui-là, parce que je ne me l'étais pas trop fait spoiler et parce que j'aime bien les pouvoirs psi.
Je n'ai pas vraiment accroché. D'abord, Stephen King utilise cette technique qui est plutôt utilisée dans les films d'horreur normalement, qui est de décrire de longues scènes où rien ne se passe pour faire monter la tension. Et comme j'apprécie l'horreur en tant qu'expérience de pensée, mais elle ne me fait pas vraiment peur, pour moi, c'est juste des passages où il ne se passe rien.
Jack est un personnage intéressant, avec tous ses problèmes psychologiques. C'est aussi un personnage qui n'est absolument pas sympathique, même si parfois l'auteur essaie de nous faire éprouver de la sympathie pour lui, aussi sa chute dans les ténèbres, quoique très crédible, n'est pas aussi tragique qu'elle aurait dû l'être pour moi.
Sinon, l'imagerie est très bien ! La façon dont l'horreur se manifeste, pas vraiment expliquée mais qui ne laisse pas une idée d'arbitraire non plus.
Ces trois raisons font que je pense que j'aurais beaucoup plus apprécié le livre s'il avait été deux fois plus court.
Pour les autres personnages, Danny et Dick sont sympathiques, Wendy est scandaleusement sous-dévelopée, c'est une père et une épouse avant d'être un personnage.
Je me moque de Stephen King et de sa façon d'utiliser des marques pour tous les objets, en tant que source à la fois d'hyperréalisme et de réconfort, de ce qu'on peut comprendre. Mais au moins, il y a un but dans cette utilisation. Il a aussi tendance à utiliser des thèmes sexuels de façon récurrente, et là, je ne vois pas du tout ce qu'il essaie de faire avec, à part de la provoc. Peut-être qu'un fan pourra l'analyser mieux que moi.
6/10


"Contes et légendes du Vietnam", par Maurice Coyaud et Thi Xuyên Lê
Environ 200 pages, de la collection de récits étiologiques que j'aime. Ce que je n'aime pas, c'est toujours Maurice Coyaud et ses tentative sde se faire remarquer avec son vocabulaire - il n'y a pas d'enfants dans les contes de Coyaud, mais des mioches ou des moutards. Ils ne pleurent pas, ils chialent. Par contre, on n'entend pas, on ouït. Heureusement qu'il n'est pas seul sur l'affaire.
Les contes sont sympa, mais malgré les efforts des auteurs, en particulier pour décrire les fêtes, je n'ai pas eu l'impression de saisir ce qui faisait la spécificité du Vietnam.
Par contre, il y a des contes qui m'ont surprise, pas seulement parce que je ne les connaissais pas (c'est très courant, dans cette collection) mais parce que je les trouve très originaux psychologiquement.
7/10


Progression : 64/52
"Risques de lecture" : Sabriel, Les armes secrètes, The Shining -> 30/26 Cette entrée a été crosspostée au https://flo-nelja.dreamwidth.org/709167.html. Commentez où vous voulez.
Tags: comm:50bookchallenge
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