Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Lectures de mars


"Mort d'encre" par Cornelia Funke
Pour la catégorie "Littérature allemande" de bingo-livres
Dernier tome d'une trilogie, environ 750 pages. Cela reste, de mon point de vue, de la même qualité que les premiers, quoique pas tout à fait avec les mêmes avantages et inconvénients. Les personnages sont toujours sympathiques. Le style est toujours agréable à lire, et j'aime les citations littéraires au début de chaque chapitre. Pour un livre sur des gens qui voyagent dans les livres, c'est approprié.
J'ai trouvé ce tome lent à démarrer, et il est aussi un peu plus prévisible que les deux premiers, on voit plus ou on va, on découvre moins de choses. Par contre, comme il n'introduit pas ou peu de nouveaux personnages, je trouve qu'il exploite mieux que le second ceux qu'il a déjà, avec plus de développement.
7/10


"We Have Always Lived in the Castle" par Shirley Jackson
Pour la catégorie "Horreur / Thriller" de bingo-livres
Roman, environ 150 pages. En point négatif, c'est un de ses livres où il y a une tension qui fait qu'on attend en permanence de savoir s'il va se passer quelque chose, et en fait non, pas tant que ça, et même l'auteur du meurtre n'est confirmé qu'en passant, dans une scène sur autre chose. En point positif, c'est très bien écrit, et j'adore Merricat, le personnage principal, même si elle est cruelle et sans remords (et, à sa façon, une sorcière, mais rien ne confirme que ses rituels naïfs marchent). En fait, je crois que l'intérêt qu'on peut porter à ce roman est directement lié à l'intérêt qu'on peut porter à Merricat, à sa vision du monde parfois enfantine et parfois trop adulte, et à sa relation codépendante avec sa soeur. Surtout que [spoiler] contre toutes les règles de la morale comme de la narration, elle gagne à la fin. Moi ça m'a beaucoup plu !
8/10


"L'Estrange Malaventure de Mirella" par Flore Vesco
Pour la catégorie "Un livre primé en France" de bingo-livres
Roman, environ 220 pages. J'en attendais beaucoup, d'abord parce que c'est une réécriture de conte (Le joueur de flûte de Hamelin), ensuite parce qu'il a, donc, gagné plusieurs prix (Vendredi, Sorcières, Imaginales jeunesse). Mais je n'ai pas accroché. L'auteur s'est clairement beaucoup amusée à mélanger des vrais mots médiévaux et des mots inventés pour "faire vrai", des vraies anecdotes sur le Moyen-Age et des gros clichés. C'est totalement volontaire et que cela fait sourire quand on le lit, le style est très vivant sans en devenir difficile. Mais cela fait aussi vivre certains stéréotypes dont je me serais bien passé.
J'ai bien aimé les méthodes "réalistes" du joueur de flûte pour se débarrasser des rats, ceci dit.
L'héroïne est intéressante et sympathique, en tant que sorcière qui s'ignore et dont le pouvoir est dans les chansons et la musique, même si j'aurais préféré que cela reste réaliste comme dans les deux premiers tiers du livre parce que là, cela donne raison à tous les gens qui l'accusaient de sorcellerie et j'aurais préféré qu'ils aient tort. Je trouve que les blâmer pour faire courir des "rumeurs" que l'auteur accepte ensuite comme vraies est un peu avoir le beurre et l'argent du beurre.
Et ensuite, l'auteur voulait faire de son histoire d'invasion par les rats une histoire de peste plutôt que de famine, et elle ne pouvait pas savoir qu'il y aurait une pandémie l'année d'après et que sa vision de la chose (et des mesures de prophylaxie) pourrait mettre les lecteurs tellement mal à l'aise.
En général, c'est un de ces livres où le mélange entre l'humour et le sombre, le premier et le second degré, ne marche pas chez moi (je n'ai rien contre ce mélange en soi, mais c'est difficile à faire) malgré des qualités que je peux reconnaître
6/10


"Les meilleures histoires de science-fiction soviétique" choisies et présentées par Jacques Bergier
Pour la catégorie "Recueil de nouvelles" de bingo-livres
7 nouvelles et une novella, environ 320 pages. Histoires choisies en 1972, donc sans le recul historique. Si c'est vraiment ce que la sf soviétique offre de mieux, c'est moyen, mais en tant que panorama du genre, c'est très intéressant.
Déjà, à part la première nouvelle qui est une satire pas très poussée du capitalisme, la plupart des nouvelles se passent dans le futur, qui est, pour ses auteurs, une utopie communiste (je n'ai aucune idée de si c'est ce qu'ils pensent vraiment ou une condition nécessaire pour être publié ; certaines sont lourdes à en devenir énervantes sur la propagande communiste et les bons sentiments, d'autres non et se permettent même une satire discrète quoique affectueuse sur l'administration). Elles sont donc plutôt optimistes, mais ce qui est intéressant, c'est que l'utopie communiste est le cadre, pas le sujet, contrairement à la plus grande partie des utopies en fiction. Le sujet, lui, est la découverte de la première espèce extra-terretre et comment cela va inspirer non seulement la science humaine, mais son art ; ou la recherche d'une civilisation disparue ; ou les mesures à prendre contre un virus qui est principalement positif mais dont plusieurs espèces mutantes sont dangereuses ; ou les expérimentations d'outils pour la survie sur d'autres planètes sur des endroits reculés de la terre ; ou le tête à claque de collègue qui a dit à l'IA que les moutons avaient sept pattes juste pour voir comment cela influencerait sa modélisation.
Et rien que pour cela, c'était intéressant à lire, parce que cela ne ressemble pas du tout à ce qu'on peut lire chez nous. Je regrette que ça n'ait pas inclus certaines des nouvelles qui sont juste résumées dans la préface, elles avaient l'air cool.
Malgré le côté utopique, c'est toujours de la science-fiction écrite principalement par des hommes, avec des hommes blancs (et russes) comme personnages importants. Même s'il y a une timide tentative de placer des femmes et/ou des PoC dans des postes à haute responsabilité et haut respect, ce n'est pas pour cela qu'ils auront une place importante dans la nouvelle. En même temps, ce sont des vieilles nouvelles. A l'époque, la sf occidentale ne faisait pas mieux.
7/10


Progression : 19/52
"Risques de lecture" : We Have Always Lived in the Castle, L'Estrange Malaventure de Mirella, Les meilleures histoires de science-fiction soviétique -> 12/26
bingo-livres : 18/25


Bonus :


"Les oiseaux ne se retournent pas" par Nadia Nakhlé
Pour la catégorie "Bande dessinée" de bingo-livres
Environ 250 pages, l'histoire d'une petite fille qui fuit un pays du Moyen-Orient en guerre, sous une fausse identité. Ce n'est pas trop mon genre d'histoire d'habitude mais on me l'avait vivement recommandé.
Les dangers qu'elle affronte, les gens qu'elles rencontre, plus ou moins bien intentionnés, dont Bacem, un ancien soldat qui a fui la guerre. Le dessin est magnifique, avec beaucoup de noir et blanc et quelques touches de couleur. L'histoire réussit très bien à mélanger le réaliste avec des références symboliques et littéraires, en particulier le Cantique des Oiseaux.
(spoilers) Je ne sais pas à quel point la fin heureuse est réaliste par rapport au reste, mais peu importe, j'en avais besoin.
8/10 Cette entrée a été crosspostée au https://flo-nelja.dreamwidth.org/693823.html. Commentez où vous voulez.
Tags: comm:50bookchallenge, comm:bingo_livres, fandom:coeur d'encre
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