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Les divagations de Nelja

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Lectures d'octobre [Nov. 1st, 2017|09:11 pm]
Les divagations de Nelja
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"De la part du diable" par Aina Basso
Roman, environ 250 pages, qui se passe dans la Norvège de la Renaissance. On suit deux jeunes filles de seize ans : l'une a été élevée par sa mère guérisseuse, l'autre a fait un mariage arrangé avec un inquisiteur du double de son âge.
Les deux personnages sont plutôt sympathiques, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs sentiments universels et ceux qui reflètent leur époque. L'écriture est agréable à lire. La recherche historique bien faite.
Malheureusement j'ai quand même eu plusieurs frustrations avec ce livre. D'abord, les deux filles se parlent à peine, alors que j'espérais une relation intéressante, leurs histoires sont plutôt décrites en parallèle. Le résumé laissait entendre que cela arriverait, mais leur première rencontre est dans le dernier quart du livre (et donc, spoilée par le résumé) et plutôt impersonnelle.
J'ai aussi un problème avec le traitement du surnaturel. En général, j'aime bien le réalisme magique, avec des cas où on se demande si le surnaturel existe vraiment. Mais ici, dans un roman sur l'inquisition, laisser entendre que la magie noire est vraiment une pratique courante revient à excuser l'existence de l'Inquisition, à dire qu'ils sont à la base nécessaire, et que brûler les guérisseuses est seulement une erreur judiciaire tragique, et ne vient pas d'une entreprise monstrueuse et inutile dès le début.
Et puis les arcs de personnage sont tellement déprimants ! L'une d'entre elle meurt pour avoir fait le bien. L'autre finit par tomber amoureuse de son mari parce qu'il est gentil avec elle, en ignorant son travail abominable. Je veux bien que ce soit réaliste, d'une certaine façon, mais dans ce cas, si on veut faire du réalisme, autant aller jusqu'au bout et éliminer l'élément surnaturel !
7/10


"Histoires de la forêt profonde" par Jean Joubert
Recueil de contes fantastiques, environ 80 pages. D'un côté, j'aime l'ambiance poétique et mystérieuse des récits. De l'autre, le côté poétique est parfois aux détriments de la simplicité. Mais surtout, à part dans la dernière histoire (qui ne finit par très bien), je n'accroche pas trop aux protagonistes et je ne sais pas pourquoi je devrais souhaiter qu'ils soient heureux. La majorité des contes ont au moins un passé tragique ou des preuves de compassion qui font accrocher aux héros, mais là, cela manque un peu.
Les histoires n'expliquent rien. Pas de solution ou d'explication. Le surnaturel est juste là, mais n'obéit pas forcément à des schémas connus. Cela rend le recueil très intéressant, mais parfois un peu frustrant aussi. En bref, je suis partagée.
7/10


"La mort qui fait le trottoir (Dom Juan)" par Henry de Montherlant
Environ 200 pages dont moins de 150 sont la pièce en elle-même. Cela commence par une préface terriblement hautaine (pas de l'auteur), qui insultait l'intelligence de ceux qui n'avaient pas aimé la pièce, était peu tendre envers les précédents auteurs qui avaient écrit du Dom Juan, et expliquait même à un moment que l'auteur avait tort sur sa propre lecture de la pièce. J'ai essayé de ne pas la laisser m'influencer.
Malheureusement, je n'ai pas aimé la pièce non plus. Le principe est de créer un Dom Juan plus humain, qui ne flirte pas par rebellion envers Dieu, ou pour chercher l'absolu, mais simplement parce qu'il aime les femmes (et qui parodie les autres interprétations possibles). Le conflit interne du personnage vient de ce qu'il se sent vieillir, et absolument pas d'une ambivalence morale ou religieuse par rapport à son loisir préféré.
Malheureusement, l'auteur voulait créer un personnage qui aime aussi les femmes au sens qu'il leur fait du bien, ne leur ment pas, leur apporte le plaisir et la liberté sexuelle, plus un Casanova qu'un Dom Juan... et il échoue totalement. C'est toujours, objectivement, un connard avec les femmes. Bien sûr, les dialogues disent le contraire. Mais si on regarde les faits... d'accord, il ne ment pas à Lucia, mais il doit pour la séduire créer une mise en scène élaborée pour faire croire qu'il l'a sauvée d'un harceleur, quelle est la différence avec mentir ? Quand une femme le désire et qu'il ne la désire pas, il l'humilie, et l'auteur voudrait nous faire croire que c'est une bonne chose. Quant à Ana, le fait qu'elle l'aime toujours en ne se souciant pas du tout qu'il a tué son père peut peut-être être vu comme beau et noble, apparemment c'est le cas pour les critiques, mais je trouve ça juste glauque.
Et oui, sa relation ambiguë à la mort (incluant la scène finale) est très intéressante, mais j'étais trop occupée à pester contre le personnage, et l'auteur qui l'approuve pleinement (contrairement à la plupart des auteurs de Dom Juan) pour apprécier.
6/10


"Le golem et autres légendes et contes juifs du vieux Prague" par Eduard Petiska
Environ 100 pages, un recueil de contes. Le titre pourrait aussi bien être "histoires de la vie du rabbin Loew", parce qu'il est dans toutes les histoires.
Environ la moitié sont sur le golem et ses implications, et autant c'est une super-compilation courte et efficace de la légendes d'origine, autant je regrette d'avoir lu tant d'adaptations ces temps-ci, je n'en ai pas entièrement profité. J'ai plus aimé les autres aventures, parce que je ne les connaissais pas du tout. J'aime la façon qu'a l'auteur de détailler le mode de vie des juifs de l'époque sans en faire des tonnes, en restant concentré sur son histoire. En bref, même si ce n'est pas ma lecture préférée, je donne toujours une bonne note en mode : une recommandation pour ceux qui s'intéressent au sujet !
8/10


"The Dark Long Tea-time of the Soul" par Douglas Adams
Environ 250 pages, roman, le second (et dernier) dans la série des Dirk Gently. Comme l'autre fois, tous les petits détails ont une importance et se révèlent faire partie du scénario. Je me demandais ce qu'ils allaient faire du réfrigérateur, et j'ai été entièrement satisfaite. Aussi, il y a de la mythologie nordique ! Par contre, les personnages d'épisode (et Dirk lui-même), quoique cool, n'ont pas vraiment de développement ou d'arc de personnage. Mais je m'en moque, quand le style narratif est complètement hilarant, les idées intéressantes et le scénario bien ficelé.
J'ai juste trouvé la fin un tout petit peu rapide, surtout par rapport au tome 1, et si quelqu'un qui a tout compris voulait me l'expliquer, ça me ferait plaisir.
8/10


Progression : 52/52, yeah !
"Risques de lecture" : De la part du diable, La mort qui fait le trottoir -> 25/26

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