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Lectures d'août - partie 1 - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

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Lectures d'août - partie 1 [Aug. 12th, 2015|06:46 pm]
Les divagations de Nelja
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"Contes et légendes des fées et des princesses", par Gudule
Recueil de contes, environ 160 pages. Un certain nombre de ces contes sont plutôt connus à la base, mais racontés complètement différement - comme Le roi grenouille, qui acquiert ici une dimension cosmique avec "Celle qui faisait pâlir la lune et les étoiles", ou "Comment la Toinon du Ru" devint reine, qui est presque une inversion complète de La princesse au petit pois. Mais il y en a aussi des originaux, donc un transmis dans la famille de l'auteur, et mes deux préférés, "Où l'on apprend que le marchand de sable aveuglait les enfants pour les beaux yeux d'une princesse" et "Histoire d'Anton qui perdit puis retrouva la mémoire". Ceci dit, il y a aussi des contes que j'aime moins, comme leur version de Viviane et Merlin, et au total je ne sais pas si je conseillerais le recueil en entier.
7/10


"Contes du soleil", par Marcelle Vérité
Environ 30 pages de contes originaux, acheté parce que j'aimais bien l'un d'entre eux pour l'avoir lu dans un livre de lecture, "Laideronnette aux yeux de soleil". Déception : cela reste le meilleur conte, et les illustrations ne sont même pas aussi bien que dans ma version. Souvent il y a une morale - je peux faire avec - mais des fois il y en a une que je trouve déplaisante, comme celle où une flle doit épouser un homme qui ne lui plait pas parce que c'est le seul mec bien parmi ses prétendants. Oh, il y en avait quand même quelques-uns de sympa, heureusement.
5/10


"Le rêve d'Angus Og", textes choisis et adaptés par Pierre Leyris
Recueil de contes, environ 120 pages. Huit contes irlandais que j'ai trouvés bien choisis, pas les plus connus, ce qui fait qu'on découvre, mais qui restent quand même bien dans l'esprit, avec leurs créatures et leurs univers féériques très bien représentées, accompagnés par des illustrations classiques mais jolies. J'ai beaucoup aimé, et d'un côté cela a goût de trop peu, mais de l'autre je me dis que l'auteur a vraiment dû choisir ses préférées.
8/10


"Halloween: Sorcières, lutins, fantômes et autres croquemitaines", textes de Patrick Jézéquel et Bénédicte Morant, illustrations de Jean-Baptiste Monge et Erlé Ferronnière
Environ 160 pages, un documentaire sur Halloween (un peu) et sur les créatures surnaturelles qui sortent la nuit d'Halloween (beaucoup). Le premier point fort de ce livre est d'avoir de superbes illustrations de toutes les créatures - même si certaines comme les sorcières sont un peu moins variées dans leur design que le texte le laisse entendre, elles sont toutes belles et très fines. Le second point fort - ou faible, selon comment on le ressent - est d'être écrit par des français avec des sources françaises, ce qui fait que les différents poèmes et chansons cités sont en version originale, et que même si on s'aventure parfois en Irlande, on reste principalement le Bretagne et dans la partie celte de la France.
Le plus gros défaut du livre est de recopier les sources sans les comparer, de mettre à jeu égal des légendes universelles et d'autres très rares, et même, dans de rares cas, de recopier des bêtises - les djinns ne sont pas des morts-vivants, et à ma connaissance Samhain n'est pas un dieu. C'est rare, mais cela gache quand même le livre.
7/10


"Quelques minutes après minuit", par Patrick Ness, d'après une idée de Siobhan Dowd, illustrations de Jim Kay
Roman, environ 210 pages, sur un petit garçon dont la mère a le cancer, et qui discute avecun arbre géant qui vient lui raconter des histoires. C'est très dur à lire et j'ai mis longtemps pour un livre si court, la partie sur le cancer et l'école et les problèmes de famille sont cruellement réalistes, et ce n'est pas le genre d'histoires où le surnaturel règle les problèmes, où les monstres sont vaincus ; cela aide juste à les accepter. Le fait que Siobhan Dowd soit morte du cancer après avoir lancé l'idée de ce livre n'arrange rien. Ceci dit, j'aime le personnage de l'arbre, il est à la fois bienveillant et dangereux, aussi moralement ambigu que ses histoires. J'adore aussi les illustrations à l'encre, presque absentes dans la partie réaliste, foisonnante dans les parties imaginées, superbes. Le style, lui, est plus simple, mais très lisible, et la révélation finale ne m'a pas déçue. Un bon livre, je comprends qu'il ait gagné des prix !
8/10


"La Vendée mythologique et légendaire", par Jean-Loïc Le Quellec
Environ 400 pages, un ouvrage de référence qui tente d'être aussi exhaustif que possible sur toutes les légendes locales de Vendée, avec de nombreuses petites illustrations en noir et blanc.
Pour de la recherche, c'est super-bien fait. L'auteur a fait une grande quantité de recherche, lu des centaines de manuscrits, adopte une lecture critique des recueils déjà compilés avant lui (il a une dent contre un mythologue nommé Benjamin Fillon qui a pour habitude d'enjoliver les légendes, c'est assez drôle à voir), et en général c'est très agréable de pouvoir aller dans une ville et lire d'abord les légendes qui la concernent.
Par contre, à lire tout à la suite, c'est un peu aride. On retrouve beaucoup de fontaines sacrées, de quilles en or cachées dans des souterrains, de galipotes, d'emplacements du trésor de Charette, de fadets assis sur un piédestal chauffé au rouge... on va dire que c'est pas mal répétitif, et ce n'est pas à toutes les pages qu'on tombe sur une légende unique comme celle de la sirène des Eloux qu'un pêcheur a mangé, de la cité engloutie de Bélesbat, ou de la petite fille qui avait un cadran dans l'oeil.
Cela reste un excellent livre, mais je conseille aux lecteurs non-universitaires de lire d'abord le lexique (avec la description de toutes les créatures, beaucoup plus agréable à lire et déjà très intéressant) pour le plaisir, et de ne lire les légendes des villages qu'au compte-goutte, peut-être au fur et à mesure qu'ils les visitent.
7/10 (pour le plaisir de lecture), 9/10 (comme document scientifique)


"Le fantastique en poésie", présenté par Jacques Charpentreau
Environ 150 pages, une anthologie de poésie centrée sur la jeunesse, avec des choix résolument modernes (un seul poème avant le 19e siècle, beaucoup de 20e - cela date de 1980, à l'époque c'était moderne. C'est parfois difficile de distinguer le fantastique des métaphores - dire qu'un coeur brisé fait de la musique, est-ce l'un ou l'autre ? - mais les poèmes réussissent leur objectif, à savoir créer une ambiance fantastique. Un mélange comme ça de deux de mes thèmes préférés, forcément j'ai aimé - même si comme toujours dans les anthologies certains poèmes me parlent plus que d'autres.
8/10


"humour 1900", anthologie compilée par Jean-Claude Carrière
Environ 500 pages sur l'humour des "Années folles". La première partie est consacrée aux précurseurs et à l'humour classique, la seconde au Chat Noir et aux auteurs modernistes.
Les différentes sous-parties m'ont plu à des degrés très variables, aussi je vais les détailler. La première partie est consacrée à Henri Monnier et M. Prudhomme, je n'ai pas accroché. La seconde contient des récits et nouvelles "à chute" qui sont de qualité variable, mais sont intéressants, souvent satiriques J'ai surtout beaucoup aimé "L'oignon de la France". La troisième et la quatrième partie sont consacrées respectivement à la parodie et aux jeux de mots, qui sont des parties que j'ai beaucoup appréciées. La cinquième est sur les récits humoristiques d'événements réels (on y retrouve entre autres du Maupassant), la sixième sur le boulevard ; on n'y trouve pas de théâtre de boulevard à la Labiche et Feydeau, que l'auteur juge trop 19e siècle, mais de l'humour en nouvelles ou poèmes sur les thèmes classiques genre adultère ; pas mon genre préféré. Les deux dernières parties ne plaisent pas du tout à l'auteur, ce sont celles sur le comique troupier et celle sur Courteline. Je n'ai pas aimé non plus, mais je me demande si ce n'est pas parce quu vu sa répugnance il a eu du mal à y choisir ses textes.
La seconde partie, sur l'humour moderne, m'a beaucoup plus plu. La Chat Noir, l'humour absurde, les petites inventions, Charles Cros, L'humour noir, Alphone Allais, tout cela est du très bon (même si j'aime un peu moins Charles Cros que ce que les dithyrambes de l'éditeur m'auraient fait imaginer). J'avoue un gros faible pour "Une vraiment trop drôle" d'Edouard Osmont, qui mélange humour noir et absurde.
Certaines absences notables, comme Jarry, jugé trop intemporel, ou Daudet, trop connu, sont justifiées.
Quelques reproches : j'aurais aimé voir mentionné George Fourest, une citation de Hugo est donée hors contexte et lui fait dire le contraire de ce qu'elle veut dire, et l'auteur insulte l'humour du 18e siècle absolument sans raison. Je trouve que cela manque un peu de dessin, en particulier des débuts de la bande dessinée.
Mais dans l'ensemble, un livre agréable (surtout la seconde partie) que j'ai lu très vite !
8/10


"La liberté en poésie", présenté par Georges Jean
Une autre anthologie poétique d'environ 150 pages, sur la liberté. Comme le dit l'introduction, c'est un thème très large, et ce recueil fait la part belle à la prison et au combat politique (surtout la Résistance), et n'aborde qu'ensuite les thèmes de la liberté personnelle, de la liberté créatrice, et du voyage. Le compilateur a aussi choisi de ne mettre que des poèmes francophones, mais pas seulement français, cela va de la Belgique à Madagascar. J'ai globalement beaucoup aimé - sans aimer tous les poèmes - mais encore une fois, j'aime ce thème, j'aime la poésie, ce n'est pas surprenant. Globalement, c'est une bonne collection, et un bon tome.
8/10


"Le grand livre des princes, princesses et grenouilles", par beaucoup de gens
Livre de contes, environ 150 pages. J'aimais beaucoup l'idée : mélanger contes classiques, contes originaux, poèmes et chansons sur les princes et les princesses (et les grenouilles). J'aimais aussi les dessins de la couverture. Malheureusement il y a de nombreux dessinateurs et j'aime beaucoup moins les autres, qui font trop dessins d'enfants maladroits à mon goût. Les textes m'ont un peu déçue aussi : rien à dire à part du bien pour les chansons, mais les poèmes sont souvent tromqués, les contes d'origine ne sont pas si mal mais trop sont ultra-connus. J'aimais bien l'idée d'avoir des contes originaux, surtout que certains sont des détournements du contes classique qui viennent juste avant, mais la plupart de me plaisent pas, sans vraie structure, avec des chutes décevantes. Il y a quelques exceptions ceci dit. La dessinatrice de la couverture, Emmanuelle Houdart, a aussi fait de très jolies planches, et j'aime le conte classique, qui m'était inconnu, de "L'oiseau de bois", et la morale féministe de "Curieuse, bavarde et coquette". Ce n'est pas mauvais, juste dispensable.
6/10


Progression : 61/52
"Risques de lectures" : Quelques minutes après minuit, humour 1900 -> 24/26

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