?

Log in

No account? Create an account
Lectures de novembre - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

[ userinfo | livejournal userinfo ]
[ archive | journal archive ]

Lectures de novembre [Nov. 29th, 2014|09:42 pm]
Les divagations de Nelja
[Tags|, , , , ]


"L'aigle de la 9e légion", par Rosemary Sutcliff
Pour la catégorie "Fiction historique" de bingo_livres
Environ 400 pages, roman historique offert par [personal profile] benebu. Marcus, jeune centurion ambitieux et idéaliste, rêve de gloire pour sa première affectation en Grande-Bretagne, mais une mauvaise blessure le contraint à renoncer à tous ses projets. Mais quand il entend une rumeur selon laquelle l'emblème de la légion de son père serait un objet de culte dans une tribu celte du nord, il s'embarque dans une mission d'enquête et d'espionnages pour la récupérer, en compagnie d'Esca, un jeune esclave de son âge qu'il voit comme un ami.
C'est de la littérature jeunesse à l'ancienne, où les personnages sont plus définis par ce qu'ils vivent que par une personnalité complexe. Ceci dit, j'ai aimé l'amitié entre Marcus et Esca et comme on me l'avait dit, elle est très slashable. Les personnages ont beaucoup de chance dans leur quête, mais cela ne fait pas trop tiré par les cheveux malgré tout, ils sont aussi très doués, et comme on peut considérer qu'ils ont eu de la malchance dans le reste de leur vie, ça compense. L'auteur a fait beaucoup de recherche, sur les romains comme sur les celtes, et fait parfois des choix originaux comme faire de son héros un adorateur de Mithra. La recherche se voit dans les petits détails, mais elle ne l'étale jamais. Par contre, elle écrit beaucoup de scènes de la vie quotidienne, et la quête proprement dire commence assez tard dans le livre. Mais quand elle arrive enfin elle est bien rythmée. J'aime aussi comment est traitée le blessure devenue handicap de Marcus. C'était globalement très plaisant !
7/10


"Eleanor", par Holly Black
Pour la catégorie "Un livre écrit par une femme" de bingo_livres
Roman fantastique pour la jeunesse, environ 270 pages. Poppy, Alice et Zach sont trois gamins d'une douzaine d'années qui aiment imaginer de grandes histoires et tout un univers avec leurs poupées et figurines. La Reine du royaume est la poupée de porcelaine qui trône sur une étagère et à laquelle personne ne peut toucher.
Mais un jour, le père de Zach jette ses figurines, et, incapable d'en parler, il arrête le jeu sans explication. Quelques jours plus tard, Poppy vient le prévenir que la Reine maintenant inactive s'est fachée : elle contient le fantôme d'une petite fille qui doit être enterrée dans le cimetière de son village natal.
C'est alors que commence leur quête, une quête assez prosaïque finalement, où il s'agit juste de voyager plusieurs centaines de kilomètres, sans adultes, et de trouver un lieu précis dans un cimetière. Les dangers qu'ils affrontent sont plutôt ordinaires. Mais il y a d'autres problèmes : les secrets que chacun garde, qui risquent de les déchirer. Et la poupée elle-même. Poppy est-elle une manipulatrice qui a inventé tout cela dans le but de recoller leur amitié qui part à vau-l'eau, s'est-elle persuadée toute seule à la suite de cauchemars particulièrement saisissants, ou la poupée contient-elle vraiment un esprit ?
Je n'ai pas trouvé le livre spécialement effrayant, malgré ce que promettait la couverture. Intéressant, oui ! J'avais vraiment envie de savoir si l'esprit était réel (et si on le saurait jamais) et s'ils allaient réussir leur quête. J'avais aussi de la sympathie pour les trois personnages, dont les situations familiales sont difficiles sans sombrer dans le mélodrame, qui ont un mélange de qualités et de défauts bien pesé. Je craignais un triangle amoureux, mais en fait c'est plus compliqué que ça. Je craignais aussi une diabolisation ou une infantilisation des "jeux de rôle", et en fait, pas du tout !
Un chouette bouquin, pas incroyablement original, mais bien fait, que je suis contente d'avoir lu.
7/10


"Le roi se meurt", par Eugène Ionesco
Pour la catégorie "Théâtre" de bingo_livres
Théâtre, environ 140 pages. Le roi Bérenger va mourir. Il n'en a pas envie du tout. Mais tout le monde, ses deux reines, son garde sa servante, son médecin, savent que c'est inévitable. La reine Marguerite, la plus froide, est même capable de donner la durée exacte avant la mort, qui est la fin de la pièce.
Je n'ai pas eu de sympathie pour le roi. Ni pour personne. Mais je dois reconnaître que c'est bourré de considérations très intéressantes sur la mort, et quand j'y repense, je ne sais pas si l'auteur voulait me faire empathiser, je n'en suis pas certaine.
Les multiples références plus ou moins obliques à la très longue vie passée du roi et à tout son royaume qui meurt avec lui m'ont beaucoup plu. Elles fonctionnent en tant que métaphore, bien sûr, de la vie de l'homme, au sens sa vision de sa vie, qui meurt avec lui, et elles fonctionnent dans un contexte vaguement onirique et fantastique, genre roi pêcheur, mais leur humour absurde m'a fait sourire et même rire plus d'une fois.
Je crois que c'est la préférée à lire au premier degré de Ionesco, même si j'ai trouvé Rhinocéros plus intéressante (mais peut-être que ça changerait si je l'analysais plus en profondeur ?)
8/10


"CHERUB 2 - Trafic", par Robert Muchamore
Pour la catégorie "Espionnage" de bingo_livres
Roman, le deuxième tome d'une série d'espionnage pour la jeunesse. Contrairement au premier tome, il est consacré entièrement à un scénario d'espionnage, qui est très bien mené, sans temps morts, sans manichéisme, avec des scènes d'action mais sans que ce soit trop centré sur ça. Ici, une équipe de héros doivent devenir amis avec les enfants d'un caïd de la drogue pour obtenir enfin des preuves de ses activités. C'est un connard mais aussi un père très aimant, et donc la façon dont les héros manipulent les enfants en devient d'autant plus ambiguë. La fin est quand même un peu trop heureuse à mon goût. Mais c'était très bon.
J'aime aussi comment l'auteur se débrouille pour développer Lauren, la petite soeur du héros, qui intervient pourtant dans peu de scènes. En général, les personnages sont crédibles pour leur âge, tout en étant doués.
Aussi, de bons points pour la diversité, avec un personnage récurrent canoniquement homosexuel, en plus des personnages de couleur intéressants qu'on avait déjà dès le tome 1.
Alors, pourquoi je mets une note relativement basse ? C'est toujours parce que j'ai vraiment beaucoup de mal à considérer leur administration comme des gentils. Je comprends leur point de vue : ils recrutent des enfants avec un goût pour la violence, ils ne veulent pas leur expliquer que la violence c'est mal parce qu'ils leur demandent de l'utiliser, ils n'espèrent pas qu'ils comprennent les subtilités, donc tout passe par la discipline et les punitions. Vraiment, à chaque fois qu'on me mentionne comben tous les anciens agents aiment revenir, comment pratiquement tous sont mariés entre eux, j'ai un passage de *squick squick syndrôme de Stockholm* qui me gâche un peu le bouquin, parce que je ne suis toujours pas persuadée que c'est fait exprès.
7/10


"La saga de Njall le Brûlé", Anonyme, traduction de Gérard Chinotti
Pour la catégorie "Un livre du Moyen-Age" de bingo_livres
Une saga islandaise d'environ 400 pages. Je l'avais dans ma bibliothèque depuis très longtemps, et cette catégorie était une bonne occasion de la lire enfin.
Déjà, il faut savoir que pendant ma lecture, je résumais cette histoire pour "la saga des Vikings qui se font des procès". En effet, quand quelqu'un de leur famille se fait tuer, que font les personnages ? Ils portent plainte !
*voix intérieure* Euh, c'est normal, non ? Tu ferais pareil...
*moi* Tiens, oui, c'est vrai. Mais moi je ne suis pas censée être un personnage d'un drame plein de vengeance ! Voir des Vikings faire ça crée une impression de décalage. Et puis bon, si l'issue ne leur plait pas, cela ne les empêche pas de se venger en suite (et de passer en procès à leur tour)
En fait, il n'y a pas que des procès. Il y a, donc, des disputes familiales, des meurtres, des razzias, des combats, des vengeances, des mariages, un peu de magie... mais je m'attendais plus à tout le reste.
J'ai deux reproches principaux à faire à ce livre. D'abord, il y a 123 personnages récurrents (il y a un lexique à la fin, il m'a été bien utile), et même si tous agissent selon les traits de caractère qu'on leur définit, on ne peut pas parler de grand développement psychologique pour chacun d'entre eux. Il n'y a pas assez de place. On passe sans cesse d'un personnage à un autre. Même Njall, qui est dans le titre, n'est pas là dans le premier cinquième, ni dans le dernier, et même quand il est là une bonne partie de son temps de présence est consacré à donner de bons conseils à des gens qui ne l'écouteront pas forcément.
Ensuite, il est un peu répétitif. Forcément, vu tous les personnages différents qui font partie de l'histoire, il y a beaucoup de demandes en mariage et d'alliances entre familles, de voyages à l'étranger pour se former une réputation, de combats - et surtout de procès. J'aime la façon dont sont tournés chacun de ces faits, les demandes en mariage très pragmatiques, les combats très descriptifs et visuels, les procès plein de magouilles (à un moment, ils créent l'équivalent de la Cour de Cassation Viking, et c'est une péripétie), mais au bout d'un certain temps ils se ressemblent un peu tous.
L'auteur de la préface prétend que le centre de ce livre est l'arrivée du christianisme en Islande, que cela sous-tend tout le livre, que ce n'est pas qu'une digression. Moi je l'ai vue comme séparé du reste (ainsi que le duel pour le trône d'Irlande qui intervient comme un cheveu sur la soupe à deux doigts du dénouement), mais au moins, justement, ces passages, comme l'incendie, ne se répètent pas ! Ils font donc partie de mes préférés !
L'auteur de la préface dit aussi qu'il s'agit là, même à l'époque, de romans historiques, visant à exalter des vertus qui n'ont peut-être jamais existé et à glorifier l'ancienne Islande. Cela explique toutes les apparitions de personnages récurrents sans être centraux ou cruciaux qui dans un roman moderne ne serviraient à rien d'autre qu'à distraire le lecteur, mais ici, ont peut-être existé, peut-être même été dans les ancêtres des gens qui écoutaient la saga. Cela explique aussi que plein de personnes connaissent plus ou moins la fin, au point qu'il y a un spoiler dans le titre. (Comment pensez-vous que meurt Njall ? Brûlé ? Gagné !)
Pour moi, pas un coup de coeur, mais quelques passages hilarants, ou épiques, ou étrangement poétiques, et un trou dans ma culture comblé. Si je retombe sur cette catégorie, je lirai probablement une autre saga islandaise, mais une plus centrée sur le surnaturel.
6/10


"Chronique du Classique des mers et des monts", par Gao Xingjian
Pour la catégorie "Littérature chinoise" de bingo_livres
Théâtre, environ 240 pages. Une réécriture des récits de création chinois. En la lisant, j'ai passé un moment agréable, en me disant qu'il n'y avait rien d'original pour les passionnés de mythologie mais que c'était bien adapté, avec un peu plus de cohérence que l'original, un peu plus de poésie, un peu d'humour, et que je préférais ça à lire quelque chose de clairement moderniste. Après avoir lu la post-face, l'auteur a apparemment aussi fait des efforts pour retrouver les schémas anciens et enlever les influences confucianistes ultérieures, que ce soit pour l'histoire ou la mise en scène. Honnêtement, c'était très sympa comme réécriture mythologique, mais de la part d'un auteur qui a eu le Prix Nobel de littérature récemment, je m'attendais à quelque chose de plus frappant, en bien ou en mal d'ailleurs.
7/10


"Le Dragon", par Evgueni Schwartz
Une pièce de théâtre, environ 100 pages plus une trentaine de pages de dossier. C'est dans une collection de classiques du théâtre pour étudier en classe, et pourtant je n'en avais jamais entendu parler !
C'est une pièce russe, écrite dans les années 40. Cela reprend le thème du héros qui va affronter le dragon pour sauver la jeune fille, y arrive mais est tellement blessé que quelqu'un d'autre se fait passer pour le vainqueur, mais avec une allégorie politique très nette, où le dragon est le totalitarisme, et les habitants du village qui se plient à sa loi et sacrifient les jeunes filles les humains qui travaillent pour un régime totalitaire. L'auteur l'a vendu comme une pièce anti-nazie, mais son gouvernement, après la guerre, s'est rendu compte que cela condamnait le totalitarisme en général, et a censuré la pièce, ha ha !
J'ai aimé l'allégorie politique, la satire, et l'écriture de certains personnages secondaires comme le chat. Le couple principal, lui, est un peu fade. Il y a de très jolies réflexions en général, et des passages poétiques. Le dossier d'étude scolaire m'a un peu déçue en n'était que sur le stalinisme et pas sur le nazisme. Je comprends que les élèves de troisième se mangent du nazisme toute l'année, mais ça aurait été une très intéressante occasion de comparer les deux et de voir queles allusions visent plutôt l'un ou l'autre.
7/10


Progression : 106/52
"Risques de lecture" : L'aigle de la 9e légion, Eleanor, Le roi se meurt, La saga de Njall le Brûlé, Chronique du classique des mers et des monts, Le dragon -> 48/26
Bingo_livres : 19/25

Cette entrée a été crosspostée au http://flo-nelja.dreamwidth.org/488385.html. Commentez où vous voulez.
linkReply

Comments:
[User Picture]From: petite_laitue
2015-01-04 06:28 pm (UTC)
Je crois que je vais essayer de lire Eleanor si c'est possible, parce que ça a l'air intéressant. L'aigle de la 9e Légion et Cherub 2 ont l'air pas mal aussi. Quoique pour Cherub faudrait déjà que lise le tome 1 ^^
(Reply) (Thread)
[User Picture]From: flo_nelja
2015-01-04 06:32 pm (UTC)
Ha ha, ça me fait touours cet effet-là quand je lis les critiques des autres. J'espère que tu auras l'occasion de les lire et qu'ils te plairont !
(Reply) (Parent) (Thread)