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Les divagations de Nelja

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Lectures de septembre [Sep. 29th, 2014|04:14 pm]
Les divagations de Nelja
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"La joueuse de go", par Shan Sa
Pour la catégorie "Un livre en rapport avec la guerre" de bingo_livres
Roman, environ 320 pages. Le livre est formé de chapitres nombreux et très courts, qui alternent les points de vue entre une adolescente chinoise et un jeune militaire japonais, pendant l'occupation de la Mandchourie par le Japon. Ils n'ont rien en commun, sauf les moments où ils s'affrontent au go.
C'est un récit très joliment écrit, même sur les sujets les plus sordides c'est souvent poétique, en petites touches, et aussi historiquement frappant. Les personnages sont bien définis par leurs actions, par des moments-clés, sans avoir besoin de faire de l'introspection primaire. Les personnages secondaire de l'histoire de la joueuse de go sont bien dessinés aussi (j'aime moins ceux du côté japonais). La guerre, au début, est juste en fond, mais elle finit, bien sûr, par rattraper les personnages. C'est quelque chose à quoi on ne peut échapper. D'ailleurs, le scénario a plus de surprises que ce que j'attendais à voir l'idée de base et les premiers chapitres.
Par contre, en tant que romance, c'est tombé à plat pour moi. Le fait qu'ils continuent jusqu'au bout à ne se comprendre que partiellement, pour moi, ne rend pas le peu de communication qu'ils ont par le go plus beau et plus tragique ; ça fait juste que je n'arrive pas à voir ça comme de l'amour du tout.
7/10


"Le cocher", par Selma Lagerlöf
Pour la catégorie "Un livre écrit par un prix Nobel" de bingo_livres
Environ 150 pages, on m'avait dit que c'était du fantastique, mais en fait c'est totalement un conte merveilleux, même s'il est très sombre. Une histoire de rédemption d'un très mauvais sujet, David Holm, mort aux douze coups de minuit de la Saint-Sylvestre et pour la peine condamné à être le cocher de la mort pour un an. Très moral, très chrétien, plus de la moitié des personnages sont de l'Armée du Salut, et parfois, je trouve ça excessif dans le côté moralisateur. Ce n'est pas vraiment niais, pourtant. Déjà parce que c'est très sombre, ensuite parce que c'est presque nuancé, et même la petite bonne soeur qui aide Holm a beau être droite et ferme elle fait d'énormes erreurs de jugement et la narration en tient compte. Holm lui-même a sa relation avec son frère qui est positive, même à ses pires moments. Et il y a des moments d'émotion dans l'arc de rédemption qui sont peut-être excessifs, mais qui, il faut le reconnaître, tombent souvent juste. Et j'aime le twist final, je ne l'avais absolument pas vu venir !
Sinon, avec mon squick sur les épidémies, j'avais envie de leur dire de faire encore plus attention à la transmission de la tuberculose ! Et l'auteur le sait, en plus ! Je me demande si cela sert de métaphore pour le péché, si l'auteur en est personnellement traumatisée, ou si cela faisait just tellement partie de la réalité sociale qu'il était impossible de ne pas le mentionner.
7/10


"Les révoltés du Merveilleux", par Charles Soubeyran
Pour la catégorie "Art" de bingo_livres
Environ 100 pages, je l'avais acheté pour le titre et parce que ce n'était pas cher. Contrairement à ce que je croyais, ce n'est pas un livre de photos d'art, du moins, pas seulement : c'est une compilation de photographies prises par Ehrmann et Doisneau qui capturent des oeuvres d'"art brut", des sculptures ou de peintures hors de tout mouvement, de toute école, souvent disparues aujourd'hui. Certaines sont célèbres comme le Palais Ideal du Facteur Cheval, d'autres beaucoup moins.
Je vais être honnête, même si la doc est bien faite et le livre bien présenté, il ne fait que conformer que je ne suis pas très sensible à l'art en général et à la sculpture en particulier. Certaines de ces oeuvres me semblent vraiment intéressantes ; mais est-ce que je m'en serais rendu compte sans le texte à côté qui explique le contexte ? D'autres m'impressionnent juste devant la quantité de travail nécessaire (les sculptures en arbres !) Et d'autres ne me touchent pas du tout. Le livre est bien fait, et en fait je suis contente d'avoir appris des choses, mais le sujet principal n'est juste pas pour moi. Si je retombe sur cette case, je ne prendrai plus de risque, ce sera sur un des très rares auteurs qui me touchent. Ou sur du meta.
6/10


"Le jeu de l'ange", par Carlos Ruiz Zafón
Pour la catégorie "Littérature espagnole" de bingo_livres
Environ 666 pages (mais si), et je l'ai acheté à la sortie parce que cela se passait dans la même univers que "L'ombre du vent" (ce n'est pas vraiment une suite, on peut les lire dans l'ordre qu'on veut, on retrouve juste quelques éléments d'univers importants comme le Cimetière des Livres Oubliés) et parce que j'aime beaucoup les histoires de pactes démoniaques, et puis finalement il est resté sur une étagère pendant des années et je ne m'y suis remise que grâce au bingo.
Le héros, David Martin, est un écrivain barcelonais du début du 20e siècle, doué et populaire, mais avec des problèmes dans sa vie. Un jour, un homme mystérieux l'aborde et lui propose un marché : 100000 francs, et bien plus, s'il écrit un livre capable de créer une nouvelle religion. C'est certainement un pacte avec le diable sur le point symbolique, mais est-ce que ce ne serat pas aussi vrai sur le plan surnaturel ?
J'ai beaucoup aimé cette idée. J'ai aimé l'enquête, et comment tout se dévoile peu à peu. Cela se mélange très bien avec le côté fantastique où on ne sait jamais ce qui est réel et ce qui est imaginaire, au lieu de s'annuler. J'ai aimé les ambiances sombres, en particulier dans les scènes de rêves. Je l'ai lu très vite. Et pendant un bon bout de temps je me suis demandé pourquoi je n'aimais pas le livre encore plus que ça.
Je crois avoir trouvé ma réponse : David Martin est incroyablement égocentrique (il en est conscient, et l'auteur aussi). Non seulement c'est un des traits qui font qu'il m'énerve (au début ça va, quand il est très malheureux, mais ensuite certains passages sont difficiles à pardonner), mais surtout, comme c'est un récit à la première personne, il ne décrit les autres personnages que par le rôle qu'ils ont dans son histoire, aussi ils sont étrangement plats, projetés sur sa vie à lui. Et ceci, mélangé avec cette incertitude sur ce qui se passe en vrai qui est courante dans le fantastique, fait que de temps en temps on se demande s'il n'a tout simplement rien compris à tous les gens qui l'entourent, et s'il ne fait pas que s'auto-justifier.
7/10


"Nous irons décrocher les nuages", par Michel Peyramaure
Pour la catégorie "Un livre en rapport avec l'air" de bingo_livres
Roman pour la jeunesse, un peu plus de 200 pages, qui raconte l'évolution technologique des montgolfières dans les années 1780 (spoiler : non, ça ne va pas jusqu'à la révolution française, et le foreshadowing dessus n'est pas spécialement lourd).
Le narrateur est un jeune journaliste qui, quand il était jeune, a fait une expérience de vol avec ailes artificielles, un peu poussé par son protecteur. Il en est resté passionné par le sujet. Le livre, sans aller en profondeur pour le sujet, décrit bien l'époque, la passion du public, l'importance d'obtenir autorisations et interdictions royales, etc (en fait, parfois, je me disais même qu'il y avait vraiment beaucoup de références culturelles d'époque et je me demandais comment un héros qui n'aime pas spécialement lire pouvait savoir tout cela). Il montre aussi, bien sûr, les grandes personnalités de l'"aérostation" de l'époque, en particulier Pilâtre de Rozier qui devient un ami du narrateur. L'auteur respecte ce qui est connu de l'histoire et invente ce qui lui manque.
Cela rend agréable à lire et rythmé une histoire qui est finalement assez didactique, où on apprend beaucoup de choses, en particulier sur des anecdotes historiques amusantes. Mais finalement, à côté de ça, c'est plutôt léger, le livre ne contient pas grand chose. Un peu d'humour sur les personnalités (mais ce n'est pas franchement hilarant non plus), des personnages bien campés mais superficiels, peu de tension dramatique, et peu d'émotion - jusque dans les dix derniers pages où cela frappe en plein, et où on se dit que l'auteur en est capable, il n'a juste pas essayé.
6/10


Progression : 88/52
"Risques de lecture" : La joueuse de go, Le cocher, Le jeu de l'ange, Nous irons décrocher les nuages -> 39/26
Bingo-livres : 5/25

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Comments:
[User Picture]From: master_of_mad
2014-10-13 05:21 pm (UTC)
Les deux premiers m'ont donné envie, je dois dire que si j'ai l'occase, j'irais bien les chercher à la bibliothèque ou à la librairie. ^^
(Reply) (Thread)
[User Picture]From: flo_nelja
2014-10-13 05:46 pm (UTC)
Yeah, tant mieux ! :-)
(Reply) (Parent) (Thread)