Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Lectures d'août - partie 1

Je suis en vacances et mes soeurs pas encore, ce qui fait que je lis environ un livre par jour ^^


"The golem and the jinni", par Helene Wecker
Roman de fantasy urbaine, environ 650 pages. Cela se passe à la toute fin du 19e siècle, à New York. Les deux personnages principaux sont une femme-golem dont le maître est mort pendant la traversée depuis l'Allemagne, et qui ne sait plus quoi faire de sa vie ; et un djinn qui a été emprisonné dans une flasque de cuivre depuis plus d'un millénaire, et qui se retrouve libre, mais coincé sous forme humaine, quand les symboles mystiques sur sa prison sont détruits au cours d'une réparation. Elle est très sérieuse, parfois trop, ils ne l'est pas du tout, et parfois il devrait. Le monde des humains en général et New York en particulier sont parfois incompréhensibles pour eux. Contre toute attente, ils vont devenir amis.
Il y a aussi un scénario, avec un méchant, avec un mystère sur comment le djinn a été emprisonné, et il n'est pas déplaisant du tout, quoique un peu prévisible parfois. Mais ceux qui viennent pour cela seront déçus, car cet arc représente une proportion finalement assez faible du livre. C'est avant tout une tranche de vie, presque en mode réalisme magique, où la vie des immigrants dans New York est tout autant un des thèmes que la vie de deux êtres surnaturels qui essaient de vivre au milieu des humains, où les difficultés à former des amitiés sont souvent plus importantes que les difficultés dues à l'antagoniste. Il y a beaucoup de personnages secondaires, dans la communauté des immigrés syriens comme dans le quartier juif (et quelques autres) qui ne sont pas des gens extraordinaires, mais qui sont humains et touchants. Pour moi, j'ai beaucoup aimé. L'écriture n'est pas exceptionnelle mais reste très agréable. Le cadre est original - c'est vrai à la fois pour le côté surnaturel et le côté historique. Le début est un peu lent, mais je me suis assez vite attachée aux deux personnages principaux, et j'ai adoré leur amitié.
9/10


"Contes et légendes du vieux monde", par Kevin Crossley-Holland
Un livre de contes d'Europe, environ 150 pages. Il y en a beaucoup de très connues (Arthur et l'épée dans la pierre, Perséphone, le joueur de flûte de Hamelin...), et je le savais, mais le résumé parlait de redites dans le style de l'auteur. Je n'ai pas accroché. C'est vrai qu'il rend ça un peu plus vivant, avec plus de dialogues, quelques descriptions, un minimum de psychologie, mais son style n'est pas assez passionnant pour qu'il puisse me convaincre de ses interprétations personnelles. Cepedant, j'ai bien aimé les quelques contes que je ne connaissais pas ou que j'avais oubliés, comme celui sur les ours de Berne, ou celle sur la main tranchée du prince Viking, ou sur la dame de Stavoren ; ce sont souvent ceux qui mélangent le schéma de contes avec des détails historiques et géographiques précis.
6/10


"Le baron Bagge", par Alexander Lernet-Holenia
Un roman fantastique, ou plutôt une longue nouvelle de 90 pages, avec une vingtaine de pages de petits commentaires après, qui comparent l'oeuvre avec d'autres du même auteur ou de la même époque. Cela raconte l'histoire d'un homme qui participe à une bataille, et ne se rend pas compte qu'après un certain temps il est le seul encore en vie et tous les autres sont des morts. Il va aussi rencontrer une jolie jeune femme à laquelle, semble-t-il, le destin l'a promis...
C'est plutôt bien, pour ce qui est de l'idée, de l'écriture, et de l'ambiance. Mais je n'y ai trouvé ni grosse surprise, ni personnages sympathiques, et peu d'images frappantes, et le cadre de la guerre n'est pas mon préféré, aussi cela ne m'a pas marquée.
6/10


"Le verlan des oiseaux et autres jeux de plume", par Michel Besnier, illustrations de Véronique Boiry
Quelques petites poésies sur les oiseaux ; cela commence par des jeux de langage sur les noms des oiseaux en verlan, puis cela se diversifie. Je n'ai pas spécialement accroché aux poèmes en soi, qui sont amusants, mais sans plus. Par contre, les illustrations sont vraiment riches et bien faites.
6/10


"Noces de sang", par Federico Garcia Lorca
Pièce de théâtre, environ 150 pages dans mon édition. Un jeune homme, dont le père et le frère ont été assassinés par des membres d'une autre famille plus pauvre, est fiancé à une jeune fille, qui fut autrefois fiancée à un homme de la famille en question. Tout ceci finira très mal.
Je n'aime pas vraiment les personnages (par rapport à d'autres pièces de Lorca comme Mariana Pineda), même s'il est difficile de ne pas sympathiser avec la douleur de la mère du fiancé. Mais ce qui est magnifique dans cette pièce, c'est l'écriture poétique. Le premier arc est très tendu, lent, tout en tension et en non-dits. Le second, sur les noces, est comme une immense chanson, mais avec des courants malsains que l'on devine. Dans le troisième, les vérités sont enfin dites pleinement, l'écriture devient plus riche encore, et des entités symboliques s'animent, comme la mort, ou la lune qui souhaite réchauffer ses rayons froids au sang des jeunes gens.
8/10


"L'abominable homme de Säffle", par Maj Sjöwall et Per Wahlöö
Polar (marxiste ^^), environ 250 pages. Encore une fois, on me l'a conseillé en me disant que je pouvais commencer la série par le milieu, mais après avoir testé je pense qu'il vaudrait mieux les lire dans l'ordre (et celui-là est vers la fin).
L'enquête elle-même n'est pas palpitante. Un sait qui est le coupable peu de temps après le milieu du livre, et ce n'est pas une grosse surprise. Mais la victime est un commissaire de police, l'assassin avait ses raisons, et le thème central du livre est surtout les abus de pouvoir de la police, brutalités, faux témoignages, et l'impossibilité d'obtenir justice. C'est la première fois que je vois une vision si noire de la police dans un livre où les héros sont des policiers (c'est autre chose quand ce sont des détectives privés ^^), et cela donne l'occasion d'observer leurs réactions et leurs doutes. Et aussi de jeter une lumière particulièrement crue (et peut-être un peu exagérée, mais à peine) sur une réalité sociale.
Et puis, une fois qu'on sait qui est le coupable, la question qui se pose est comment l'arrêter, et on finit avec une scène d'action tendue qui fait presque plus western que policier. ^^
7/10


"Les plus beaux contes du monde entier", par Anneke Cornelissens
Environ 120 pages, une quinzaine de contes, certains connus (les lutins et le cordonnier), d'autres beaucoup moins, mais rien de vraiment inédit pour moi. C'est vraiment une lecture pour la jeunesse, à savoir que les contes ont été subtilement altérés pour les rendre plus "adaptés" pour les enfants. Les personnages sont un peu plus positifs, leurs motivations un peu plus claires, les détails un peu moins glauques, les fins un peu plus heureuses. Ce n'est pas déplaisant, mais c'est, pour moi, oubliable.
6/10


"Contes de Sibérie", par Michaela Turdíková
Environ 200 pages, un livre de contes de la collection Gründ. Il rassemble un peu plus de soixante-dix contes, d'une bonne vingtaine de peuples différents, pour la plupart rares ; j'ai été impressionnée par le travail de recherche. Les contes sur les animaux sont assez proches des autres contes russes, mais par contre, j'ai beaucoup apprécié les récits des origines, et les contes merveilleux, qui ont leur touche particulière : despetites pointes d'humour, une logique très particulière mais toujours présente. Aucun protagoniste ne m'a marquée mais ils sont pour la plupart sympathiques. Il y a quelques héroïnes qui assurent vraiment. Je ne sais pas s'il s'agit d'un biais dans la sélection, dans la manière de raconter, ou si c'est le cas des contes du coin (et je parle d'un coin, mais c'en est un qui est plus grand qu'une bonne partie des pays), mais en tout cas, c'était très satisfaisant à lire !
8/10


"Dirk Gently, détective holistique, tome 1 - Un cheval dans la salle de bains", par Douglas Adams
Roman, environ 375 pages. Dirk Gently est un détective holistique ; à savoir que confié à une enquête, il refuse de s'intéresser à des petits détails triviaux (par exemple, des indices) et préfère observer la forme globale de l'affaire et même de l'univers. Cette technique, qui échoue à répétition à retrouver des chats égarés, se révèle utile quand il intervient au tiers d'un livre qui contient jusqu'ici une tour glauque et indicible, un Moine électrique extraterrestre programmé pour croire, le fantôme du patron d'une entreprise d'informatique mystérieusement assassiné, un respectable professeur entretenant une relation curieuse avec le Temps, un cheval dans une salle de bains, un canapé coincé dans les escaliers, et un de ses amis d'université malencontreusement perdu au milieu de tout cela.
En fait, Richard (l'ami en question) est le protagoniste de ce tome, c'est principalement avec lui, ses problèmes de couple (pas trop caricaturaux, ce qui est notable pour un livre de fantasy humoristique) et de travail qu'on empathise. Et bien sûr, pour son désespoir dans une histoire qui le dépasse.
L'auteur, bien sûr, s'amuse à créer la meilleure enquête de la carrière de Dirk Gently, celle qui correspond à sa philosophie, celle où des points qui n'ont rien à voir les uns avec les autres en apparence, que ce soit pour le thème ou même pour l'ambiance et le genre, se révèlent en fait tous liés. J'ai vu des critiques qui trouvaient ça confus ; moi j'ai adoré, même si je trouve un peu dommage qu'une partie du scénario (celle qui concerne le fantôme du patron) ait une résolution très légère par rapport à toutes les autres.
Douglas Adams, ici, s'inspire clairement de sa carrière en tant que scénariste de Doctor Who. Et je ne parle pas que du côté déjanté et des thèmes. Il y a des éléments que j'ai adorés revoir, comme le professeur Chronotis, Time Lord retraité (ce n'est pas mentionné explicitement dans le livre pour des raisons de copyright, mais c'est absolument clair), surtout qu'il vient de Shada, un épisode qui n'a finalement pas été diffusé pour des raisons de grève des scénaristes. Mais il y en a d'autres qui étaient plus décevants, comme un plot twist final déjà utilisé dans City of Death, et qui en devenait donc un peu attendu.
Ce qui n'empêche pas que j'ai adoré. Je l'ai dévoré, et il y a plusieurs fois où j'ai éclaté de rire bruyamment, surtout au début, lors des discussions sur les bacs grecs, sur l'utilisation des ordinateurs qui ne marchent pas, ou toutes les loufoqueries qu'Adams peut inventer.
8/10


"Contes anglais", par Jan Vladislav, illustré par Ota Janecek
Environ 210 pages, livres de contes, comme le nom l'indique. Au début, j'avais peur de trouver quelque chose qui fasse double emploi avec la recherche de Joseph Jacobs - comme en lisant un livre de contes allemands je crains toujours de trouver une grande prédominance des frères Grimm - mais non, il y a des contes d'une vingtaine de sources différentes, données dans une petite bibliographie !
On trouve quand même les classiques comme Les trois petits cochons ou Dick Whittington, pas mal de classiques européens légèrement différents, comme une Boucle d'Or qui est un renard, un petit Poucet qui est une femme, une Cendrillon vêtue de roseau, ou une Bête qui courtise la belle et est un énorme chien. Mais on trouve aussi des contes merveilleux plus originaux, même si elles reprennent toujours des schémas connus. Oh, et aussi deux contes avec des fées d'inspiration celte mais sans être copiées sur les contes irlandais, assez légers et agréables.
Il y a, pour Tom Pouce, pas seulement l'histoire la plus connue, mais aussi plein de petites anecdotes, racontées sur un personnage qui se retrouve presque à avoir un folklore à lui tout seul. Même chose pour Jack le tueur de géants. C'est amusant. Les deux, d'ailleurs, ont des moments où ils croisent des personnages de la légende arthurienne. Souvent, le personnage qui, chez Grimm, sera un adjuvant sans nom, sera dans la version anglaise Merlin l'enchanteur.
La fin est consacrée aux contes humoristiques dont pas mal centrés sur la ville de Gotham où tout le monde est stupide, la lectrice de Batman en moi est morte de rire.
J'aime beaucoup les quelques illustrations en couleur. Par contre, je n'ai pas accroché à celles en noir et blanc, du même auteur pourtant.
7/10


Progression : 68/52
"Risques de lecture" : The golem and the jinni, L'abominable homme de Säffle, Un cheval dans la salle de bains -> 31/26

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Tags: comm:50bookchallenge, fandom:contes
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