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Les divagations de Nelja

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Lectures de juillet [Jul. 31st, 2014|05:09 pm]
Les divagations de Nelja
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"Faërie", par Raymond E. Feist
Roman, envion 360 pages. On me l'avait vendu comme un roman d'horreur dont les méchants sont des fairies, ce qui m'intéressait beaucoup. C'est effectivement le cas de la première partie, la seconde tourne plus à la dark fantasy alors que certains personnages ont envie compris qu'il se passait quelque chose de surnaturel et tentent des les affronter avec leurs propres armes. La fin ferme tout ce qui avait été ouvert, de façon raisonnable (et moins horrible que cela aurait pu l'être), quoique tournant un peu à la théorie du complot, mais bah, c'est plus un problème personnel. Et j'avoue que l'idée de créatures capables de vous faire oublier vos rencontres a un bon potentiel pour l'horreur comme pour les surprises narratives.
J'ai été déçue. Je ne sais pas s'il faut blâmer le traducteur, mais le style est très creux. Ce sont pratiquement toujours les mêmes descriptions qui reviennent. Les fées et le livre en général sont ultra-sexualisées, je ne sais pas ce qui est supposé être sexy et ce qui est supposé être beurk, mais pour moi ça ne réussit qu'à être beurk, et encore, c'est tellement explicite que cela devient presque ennuyeux. Et les fées elles-mêmes représentent pourtant les bonnes choses, il y a des détails intéressants, mais quand elles parlent ou pensent, elles sont décevantes.
La famille au centre de l'histoire, ainsi que leurs amis, ont du potentiel de sympathie - on sent que ce sont des gens bien, ni trop parfaits ni insupportables, avec des relations positives - mais presque tout ce qui les rend intéressants est exposé dans des infodumps. Ensuite, le désir de les rendre réalistes - que ce soit dans les banalités quotidiennes ou dans le temps mis à accepter le surnaturel - finit par se retourner contre eux et les rendre quelconques, voire creux. Aussi, j'ai été très déçue par le petit rôle comparatif des personnages féminins, surtout à la fin.
6/10


"The Iron Dragon's Daughter", par Michael Swanwick
Roman, environ 350 pages. L'héroïne, Jane, est une changeline ; elle s'est fait kidnapper par des fées quand elle était toute petite. Sauf que les fées ont eu leur révolution industrielle, et elle se fait exploiter dans une usine qui construit des dragons - des armes de destruction massive, mais sentientes. Elle réussit à voler un dragon et à s'enfuir dans le monde des fées, découvre que là aussi il y a une société injuste dans un univers qui l'est sans doute aussi, survit en mentant, en volant, et... je ne vais pas tout raconter. Un des avantages de ce livre est qu'à aucun moment je ne savais où cela allait. Bien sûr, cela peut être frustrant, d'avoir une héroïne dont le but n'est pas une grande quête, mais juste de vivre sans être trop malheureuse - ce qui, dans ce monde, n'est pas gagné. Mais cela rend aussi le scénario imprévisible, et on se demande comment cela va finir jusqu'aux dernières pages. Et puis, Jane est versatile, s'adapte, change très souvent de direction, mais c'est aussi parce qu'elle est pleine de ressources. Elle m'est sympathique, même si parfois, son histoire la la nécessité la rendent cruelle.
Les détails de l'univers sont très bien faits. Ils sont parfois des versions déformées de notre monde, parfois tout à fait spécifiques et liés à la nature de la magie, souvent cruels ; ce n'est pas de la fantasy qui donne envie d'y être. Mais certains sont des indices qui serviront pour un scénario beaucoup mieux construit qu'il en a l'air, certains sont juste pour l'ambiance sombre. En fait, cette dystopie féérique fonctionne à la fois comme critique de la société capitaliste moderne et comme critique des clichés des elfes parfaits de fantasy. J'ai aimé l'écriture aussi.
9/10


"Spook's: Slither's Tale", "Spook's: Alice" et "The Spook's Revenge", par Joseph Delaney
Pendant ces vacances de printemps, j'ai vu, en Irlande, que la série "L'épouvanteur" était finie en anglais, et qu'on avait trois tomes de retard ! Je ne voulais pas acheter les versions anglaises parce que ça aurait fait tache sur mon étagère, je les lis en français d'habitude, alors j'ai décidé de les télécharger illégalement ! (puis de les acheter en français normalement quand ils sortiront). Je peux juste dire d'abord que j'ai été déçue par la fin, d'abord parce que ce n'est pas une vraie fin (l'auteur prévoit une suite dans le même univers) et aussi pour des raisons émotionnelles personnelles. Et donc, pour ceux qui les lisent en français : gros spoilers sur la fin de la série !
* Slither's Tale : raconte l'histoire d'un magicien Kobalos (pour ceux qui ont le Le Bestiaire de l'Epouvanteur, ils sont mentionnés), une race de guerriers-mages qui vivent au-delà du cercle polaire, boivent du sang humain et prennent des femmes humaines comme esclaves. Il vit loin de sa ville, et a fait un pacte avec un fermier mourant : il pourra garder l'aînée de ses filles comme esclave s'il emmène les dux plus jeunes en sûreté. Contrairement à ce qui se passe habituellement dans cette série, le point de vue alterne entre Slither, le Mage, et Nessa, la jeune fille sacrifiée. On découvre un mage cruel et fier de l'être (il atteint 200 ans, où ceux de son espèce risquent de devenir vulnérables aux sentiments, mais il espère triompher de cette épreuve) mais très soucieux de respecter sa parole, et les lois d'une société puissante et complexe. Nessa est courageuse et évolue, mais est moins complexe. Les deux soeurs sont assez basiques, mais tout le monde sera surtout ravi de retrouver Grimalkin, venue dans ces contrées lointaines pour récupérer un métal aux propriétés magiques, et qui n'approuve pas du tout l'esclavage des femmes. Grimalkin est toujours géniale, au fait.
Le scénario est bien construit, et - je spoile les prochains tomes - met des choses en action qui seront finalement plus importantes que le métal magique. Je craignais une romance qui aurait été cliché entre Nessa et Slither, et même si parfois on en est très proche niveau subtext, la poème de fin semble être clair dans la direction non. Je suis un peu déçue que les voix narratrices des deux narrateurs soient assez peu différentes pour ce qui est du style, même si les émotions font la différence. Parfois, après une description, je me retrouvais à devoir me rappeler qui était le narrateur en ce moment.
* Alice : J'attendais beaucoup du tome d'Alice, où elle descend en enfer pour retrouver la troisième dague dont Tom aura besoin pour son rituel. Il y a des choses qui m'ont beaucoup plu, comme le retour de plein de personnages morts que l'on croise là-bas (Thoooorne ! Je retire ce que j'ai pu dire sur ta mort qui était inutile, Alice avait besoin d'une alliée !) ! Aussi, on apprend pourquoi Alice, bien que très puissante, ne se sert de sa magie qu'en cas d'extrême nécessité. Mais ce tome est quand même un peu en-dessous de ce que j'espérais dans le sens qu'on a une très grande quantité de flashbacks. Et pas ceux de comment elle s'est fait torturer lors de son premier passage en enfer - ce que j'espérais - mais du tout début de son apprentissage, quand elle détestait encore l'idée d'être une sorcière. Bien sûr, c'est très intéressant, justement, d'apprendre comment elle est devenue le personnage que l'on rencontre dans le tome 1, c'est un des grands moments du livre, mais dans le tome consacré à Alice, j'aurais aimé plus la voir telle qu'elle était à ce moment-là !
* The Spook's Revenge : J'ai été horrifiée par la fin de ce tome, et puis j'ai appris sur Internet qu'il y aurait une suite, même si cela serait nommément une autre série, donc je peux l'aborder avec plus de calme. Après tout, c'est une sorte de fin, un problème est réglé, d'autres qui avaient déjà été notés dans les tomes précédents deviennent plus urgents, des personnages importants meurent... mais non, ce n'est pas une fin ! Globalement, j'aime bien comment cela reprend des points qui avaient l'air anecdotiques dans les tomes précédents et leur donne une nouvelle importance. Les personnages, souvent, n'agissent pas come on le voudrait, c'est une des caractéristiques de la série, leurs nombreuses erreurs. Mais ici, on reste sur ce que je considère comme de graves erreurs à la fin, et s'il n'y avait pas une suite ce serait dommage. En plus, je n'aime pas du tout ce qu'ils ont fait avec Alice en général, et avec la relation entre Tom et Alice en particulier, et comme elle est mon personnage préféré et que je suis investie dans le ship, il y a de quoi désespérer. En fait, Alice est à peine un personnage dans le tome ; il lui arrive quelque chose dont elle avait très peur dans le tome précédent, et c'est écrit comme quelque chose d'horrible pour Tom, ça m'énerve. En plus, il y a trois raisons qui arrivent en même temps pour son changement d'attitude, pareil, ce n'est pas écrit de façon à ce qu'elle soit finement écrite mais à ce que cela choque Tom au maximum.
Sinon, pour être positif, j'adore la relation entre Tom et son Boggart/gobelin, je tenais à le dire.
7/10 + 8/10 + 7/10 (mais 5/10 en tant que dernier tome)


"Le petit monde de Charlotte", par E.B. White
Roman jeunesse, un peu moins de 200 pages, acheté et lu parce qu'apparemment c'est un bouquin culte de la jeunesse de certains bloggeurs que je suis, sous le titre anglais Charlotte's Web. L'histoire d'une araignée qui devient amie avec un jeune cochon et qui va se débrouiller pour l'empêcher d'être mangé.
L'écriture est charmante. C'est parfois amusant, parfois émouvant, et parfois vraiment trop injuste (pour ceux qui lisent tvtropes : ce livre a gagné un Newbery Honor, on sait ce que cela veut dire). L'amitié entre les deux animaux peut sembler improbable tellement ils sont différents - elle est beaucoup plus mature que lui et parfois se comporte plus comme une mère que comme une amie - mais le livre en a conscience et l'assume. J'aime toute la galerie de personnages, dont le vieux rat égocentrique. Par contre, j'ai été un peu déçue par l'évolution de la fille du fermier. Les humains en général sont vus de façon tellement satirique qu'elle est parfois caricaturale, mais c'est fait exprès. Globalement j'ai trouvé ça agréable à lire, mais cela rentre dans la longue liste des livres que j'aurais peut-être dû lire plus jeune (même si j'aurais été déprimée à la fin).
6/10


"Contes et légendes du monde entier", illustré par Yvon Le Gall
Livre illustré, environ 75 pages, acheté en brocante, et il manque une feuille, argh, il me manque le début d'une histoire et la fin d'une autre ! Ce livre rassemble douze contes tirés de douze tomes différents de la collection "Contes et légendes de tous les pays" de Fernand Nathan (une très bonne collection, et au moins, quand je l'aurai en entier, je pourrai lire la fin et le début de contes qui me manquent). Les contes sont originaux, diversifiés (des cinq continents, l'Europe est le moins représenté avec l'Océanie et c'est normal !), et se rapprochent des légendes dans le sens que beaucoup utilisent un fond de mythe, des détails culturels qui ne relèvent pas du pur conte merveilleux (l'histoire de Quetzalcoatl est même entièrement un mythe, même si c'est une version relativement récente, déformée par le bouche à oreille). Les illustrations sont très jolies. C'est un livre de qualité. J'ai particulièrement aimé les deux premiers, un contes chinois intitulé "les merveilleux cerisier", et un conte d'Asie du nord intitulé "Indiga et les sept peurs".
7/10


"Irlande - Halloween, la nuit des légendes", par Maurice Dessemond
Environ 60 pages, documentaire. Un petit livre sur les légendes irlandaises, et en particulier sur le passage dans l'autre monde. Avec plein de généralités sur les Celtes et des illustrations qui sont presque exclusivement des photos d'Irlande, ça fait très guide touristique. En fait, c'est distribué par Ricard, et comme on le voit à la fin, c'est une publicité pour le whisky. Sinon, les histoires ne sont ni mal sélectionnées ni mal racontées, parfois certains points qui me font tiquer (il prétend que l'étymologie de "whisky" est controversée et que celle de "Brésil" est sûre alors que ça serait plutôt le contraire), mais globalement je dirais que c'est un livre décent, sans plus.
5/10


"Contes bretons", illustrés par R. Joncour
60 petites pages, ce sont en fait les cinq gagnants et les cinq accessits d'un concours de nouvelles (enfin, de contes originaux) organisé en 1943 (et jamais réédité, c'est un vieux livre). L'écriture est donc souvent plus littéraire que celle des contes populaires (ou, du moins, essaie, parfois il y a des petites maladresses), mais on retrouve les schémas, souvent dans des nouvelles combinaisons. Il y a plus de contes écrits par des hommes que par des femmes, le contraire de ce qu'on trouve quand on recueille les contes populaires.
Globalement, j'aime ce que les auteurs ont fait. Il y a beaucoup de contes de diable et de merveilleux chrétien, seulement quelques-uns avec les créatures mythiques bretonnes (dont un qui est joliment écrit, mais où honnêtement il ne se passe rien). Des contes facétieux, quelques histoires émouvantes aussi dont celle de la cloche d'Ys. C'était charmant, et si je tombe sur un livre de cette collection pour une autre région, j'essaierai de le prendre aussi. Si on s'intéresse à l'état d'esprit des bretons à cette époque, je suppose qu'il y a plein de remarques intéressantes à faire, mais je n'ai rien vu de totalement évident, aussi j'ai choisi d'ignorer l'Occupation et de les prendre au premier degré.
7/10


"Contes du bocage vendéen", par Jehan de la Chesnaye
Une trentaine de pages, c'est un tout petit livre, finalement, qui a été publié en 1902 (mon grand-père a une édition originale, qu'il m'a prêtée). Le contenu est exactement ce que dit le titre.
La première partie est sur l'histoire du valet du Sicaudais, celui qui se transformait en garou. En fait, c'est assez spécial, parce que l'auteur a recueilli toutes les anecdotes de "j'ai rencontré un garou" locales, et les lui a toutes attribuées, même si le début et la fin sont les classiques connus. C'était amusant.
La seconde partie est aussi un recueil d'histoires populaires recueillies à droite et à gauche, mais sur Jeannot Grandjean, un fameux devin et guérisseur vendéen du 19e siècle. Comme le personnage a réellement existé, la structure en liste d'anecdotes fait plus naturelle.
Enfin, la dernière est constituée d'histoires courtes (une demi-page ou moins) globalement indépendantes, même si elles sont rangées par thèmes. Les bêtes malades, les sorciers, les fées, le diable... certaines histoires sont classiques, d'autres un peu fades, mais il en reste quelques-unes qui m'ont beaucoup intéressée.
Globalement, j'ai trouvé que c'était un témoignage intéressant et précieux, même si c'est vraiment court.
7/10


"Le livre des bêtes enchantées", illustré par Adrienne Ségur
Livre de contes, environ 140 pages. La thématiques, comme le nom l'indique, est celles des animaux magiques, soit qu'ils parlent, soit qu'ils soient des humains enchantés. Il y a deux contes de Grimm, trois contes d'Andersen (parmi les plus connus), un conte de la comtesse de Ségur (moralisateur, comme toujours), l'histoire d'Urashima Taro, et cinq contes qualifiés de "contes russes" sans nom d'auteur, dont deux ou trois adaptés d'Afanassiev et deux que je ne connaissais pas du tout (et qui sont très sympa). Mais je l'ai aussi acheté pour la dizaine d'illustrations à la fois naïves et très détaillées, qui ne sont pas mon style préféré, mais qui sont bien jolies quand même.
7/10


Progression : 58/52
"Risques de lecture" : Faërie, The Iron Dragon's Daughter, Le petit monde de Charlotte : 28/26

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