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Les divagations de Nelja

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Lectures de juin [Jun. 30th, 2014|11:45 pm]
Les divagations de Nelja
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"Rules of Summer", par Shaun Tan
C'est un livre d'images d'une quarantaine de pages, avec à chaque fois une consigne d'une ligne à gauche "Ne jamais laisser une chaussette rouge sur le fil à linge" et à droite une superbe illustration, à tendance surnaturelle, sur ce qui se passe quand on enfreint la règle. Les héros de cette histoire sont deux garçons d'âges différents, probablement frères, et même si au début les règles laissent imaginer des aventures fantastique indépendantes, la fin à un enchaînement plus suivi, quoique laissant toujours la plus grande partie de l'histoire à l'imagination du lecteur. Que font ces corbeaux ici ?
J'adore l'ambiance, j'adore le style de l'auteur, et d'un côté ces dessins sont magnifiques et on peut rester des heures dessus, mais de l'autre, j'aurais aimé peut-être un peu plus de détails ? Argh, c'est frustrant, par rapport à d'autres livres de l'auteur où les dessins font rêver aussi mais où l'histoire est plus claire.
8/10


"Les Contemplations", par Victor Hugo
Environ 500 pages de poésie, et je crois vraiment que ce n'est pas une relecture, que je ne l'avais jamais lu en entier. Même si bien sûr, comme tout le monde, j'en connaissais des morceaux.
Le recueil aborde beaucoup de sujets lyriques et personnels, que ce soit ses amours de jeunesse ou ses combats politiques, mais le sujet pricipal est, en très grand résumé, la contemplation de la beauté et de la profondeur infinie de la nature nous révèle l'existence de Dieu. Et ce, abordé d'abord d'une façon plutôt joyeuse dans la première partie, et ensuite de façon beaucoup plus déprimante dans la seconde, où il essaie de réconcilier sa foi et la mort de sa fille de dix-neuf ans.
A quelques exceptions près, tout ceci semble plutôt sincère, quoique démesuré, et même si les poèmes peuvent se lire indépendamment on voit très bien la structure et l'ensemble. Il y a quelques poèmes très beaux - qu'on peut lire à part - et en règle générale l'écriture est impressionnante quand on aime les alexandrins, mais ce que j'ai apprécié est d'avoir cette impression de conversation personnelle, avec des moments "ha, je t'aime bien Victor Hugo" et des moments "mais non ! c'est n'importe quoi ! je ne suis pas du tout d'accord avec toi !"
8/10


"Un certain Lucas", par Julio Cortázar
Environ 180 pages, une série de cinquante textes très courts, entre l'autobiographie et les divagations humoristiques. Le résumé tente plutôt de vendre les moments de délire "Saviez-vous que les chats étaient des téléphones ? Que les tables lèvent le pied quand elles se retrouvent seules ? Que l'avenir de la natation sportive réside dans des piscines remplies des farines ? Et combien il est difficile de tuer l'hydre de nos obsessions et de conserver malgré tout quelque chose de soi ?" Effectivement, j'ai beaucoup aimé tous les textes qui sont résumés ici, mais ils ne sont pas si représentatifs que ça. Il y a beaucoup de textes qui sont beaucoup plus sur la vie et les réflexions quotidiennes, certains m'ont plu aussi, parce qu'il y avait des idées originales et des possibilités d'empathie, et d'autres... m'ont laissé complètement froide. Je n'ai pas de sympathie globale pour le personnage de Lucas/Cortázar qui se dessine en petites touches, ce qui fait que pour moi ça reste au cas par cas, et si je notais les textes individuellement, cela irait sans problème de quatre à neuf.
7/10


"Justice magique", aux Editions Time-Life
Encore un tome de ma jolie collection (environ 140 pages, chouettes illustrations, comme d'habitude). Moins d'analyse et plus de contes entièrement séparés que d'habitude, par contre. En fait on n'a des généralités qu'une fois au début de chaque partie, celle sur le respect des lois, celle sur le rôle du hasard, et celle sur les messagers de l'autre monde.
C'était beaucoup moins centré sur l'Europe en général et le monde anglo-saxon en particulier que ça l'est souvent dans cette collection, bon point ! Aussi, vu le sujet, les auteurs ont tendance à soit, quand il y a plusieurs versions d'une légende, en prendre une qui soit à peu près compatible avec la notion de justice d'aujourd'hui (sans pour autant trahir le texte, c'est un choix entre des versions, pas des modifications), soit, quand il y a du Values Dissonance, le faire remarquer clairement. Ce biais serait ennuyeux dans un texte de recherche, mais là, vu le sujet, ce n'est pas mal, en fait. Cela fait certainement des protagonistes plus sympathiques en moyenne.
8/10


"Superstitions et présages", par Daniel Lacotte
Environ 150 pages, mais c'est beaucoup plus court que ça en a l'air : chaque page ne contient qu'un texte centré, d'une quinzaine de lignes. Le résumé nous promet de "décrypter les racines, souvent très anciennes, de nos superstitions" et de ce point de vue, c'est un peu décevant. Oui, pour chaque sujet - chaque page correspond à un sujet : le lundi, les miroirs, la toilette, etc - il y a une descriptions brève de la symbolique, et une mini-description chronologique des superstitions associées dans différents lieux ou différents peuples, parfois une petite histoire. Mais ce n'est pas tant "décrypter" que nous donner les bases culturelles pour nous amener à nos propres conclusions.
Les superstitions sont centrées sur la France, avec quelques petits tours dans les pays voisins et les civilisations antiques, et de temps en temps - mais très rarement - un détail donné hors de l'Europe. En fait, cette sélection, ainsi que l'absence de bibliographie, donnent l'impression que ce n'est pas du tout un travail de recherche et d'analyse : juste un homme au savoir encyclopédique sur le sujet qui nous explique, de façon légère et amicale, ce qu'il connaît sur le sujet, en faisant des parallèles seulement quand il y pense. Cela rend la lecture très agréable. Cela fait aussi que pour quelqu'un qui s'intéresse déjà au sujet des superstitions, l'ouvrage peut apparaître comme trop léger et un peu décevant : il convient beaucoup mieux aux débutants sur le sujet.
6/10


"Les elfes et les fées", aux éditions Time-Life
Toujours la collection que j'ai entrepris de lire partout où je la trouvais, jolis dessins, 140 pages ! La première partie, "Les pays enchantés", raconte des histoires d'humains qui ont passé la frontière et se sont retrouvés au pays des fées, elles sont principalement d'origine celte. La seconde, "Gardiens des champs et des forêts", se concentre sur des esprits élémentaires plus roturiers, et s'aveture jusqu'à la Russie, l'Allemagne, la Suède ou l'Italie. La troisième, "Périlleuses amour au pays des fées", parle principalement d'enfants ou d'intérêts amoureux volés par des fées, tandis que la dernière, "L'irrésistible appel du coeur", se concentre sur les romances fées/humains, qui souvent finissent mal pour cause d'interdits magiques transgressés.
C'était agréable, mais pour moi pas le meilleur de la collection. Peut-être parce que pour un livre sur les elfes cela manquait d'histoires complètement chaotiques, et j'ai mes préférences. Peut-être parce que tant se concentrer sur le monde celte rendait les histoires un peu répétitives.
7/10


"The Great Gatsby", par Francis Scott Fitzgerald
Roman, environ 120 pages, mais c'était dans une édition écrit tout petit.
Je suis peu convaincue, parce que ce roman consiste principalement en descriptions de personnes riches et antipathiques ayant des fêtes ennuyeuses, des conversations creuses, et des histoires d'amour superficielles. Un des personnages, le dénommé Gatsby, a gagné son argent (malhonnêtement) au lieu de l'hériter et est capable d'aimer la même femme pendant cinq ans, ce qui le place au dessus des autres ? Apparemment ? Le standard n'est pas très haut. A la fin, des gens commencent à mourir, et on peut croire que ça va devenir intéressant, mais même là, ça reste au stade de fait divers.
Ce n'est pas le livre ou les personnages qui sont ratés, c'est vraiment ce que veut montrer l'auteur (heureusement). La construction est faite avec talent. Le style est bon, adapté au contenu (je ne dis pas ça comme une insulte), et apparemment c'est considéré comme une critique sociale très lucide (je trouve ça un peu déprimant mais je n'y connais rien donc pourquoi pas). Je ne dis pas que c'est mauvais, c'était même agréable à lire par moments, mais globalement cela a échoué à éveiller mon intérêt.
6/10


"La neige de Saint-Pierre", par Leo Perutz
Environ 180 pages, un tout petit livre, avec un médecin qui se réveille dans un lit d'hôpital. Il est persuadé d'y être depuis quelques jours, on lui assure que cela fait plusieurs semaines et que les aventures qu'il dit avoir vécues ne sont qu'un rêve. Les aventures en question se déroulent pendant que le doute plane (spoiler : même à la fin, il n'arrête jamais vraiment de planer, même si on apprend beaucoup de choses).
Un petit village, un baron mystérieux qui élève un enfant qui n'est pas le sien et se livre à l'espionnage, à la chimie ou les deux, une scientifique mystérieuse, et franchement, même si tout ceci n'était qu'un rêve, c'en est un qui est carrément bien ficelé et qui a de la cohérence ! Des fausses pistes, des surprises, et une fin marquantes ! Sauf pour la "romance". En fait, les actions de Kallisto/Bibiche sont parfois tellement incohérentes que cela pourrait être un très fort argument dans la direction "tout est un rêve"... sauf que j'ai lu d'autres livres de l'auteur et que je sais bien qu'il écrit les personnages féminins n'importe comment. ^^ Mais pour tout le reste, c'est vraiment très bien ficelé, et j'aime le concept central, que je ne spoilerai pas.
8/10


"Bestiaire magique", aux éditions Time-Life
Je ne présente plus la collection parce que c'est la troisième fois dans ce post (oui, j'ai fini mon bingo, je lis les livres de contes qui m'attendaient pendant tout ce temps ^^)
Trois parties. La première consacrée aux créatures qui sont à moitié animales, mais aussi à moitié divines/démoniaques, et très anciennes, que ce soit le Minotaure, Pan, les Fomori irlandais, Hanuman ou les dieux égyptiens. La seconde est consacrée aux créatures volantes de toutes sortes, Pégase, les griffons, les tengus et de nombreux oiseaux de légende. La troisième est consacrée principalement à la licorne, occidentale, orientale, et tous les intermédiaires, avec un petit bonus sur Bucéphale, qui apparemment a du sang de licorne dans certaines versions très romancées.
Je serais le prof de français de l'auteur, je dirais que ce plan est très brouillon et pas très équilibré. Les fans des dragons seront déçus, ou au contraire réjouis, d'apprennent qu'ils n'interviennent pas dans ce tome, ils en ont un à eux tout seuls. Aussi, les auteurs ne sont pas toujours très clairs ddans leurs choix de ce qui est un animal magique, ce qui est un animal normal qui se trouve juste jouer un rôle dans une aventure magique, et ce qui n'est pas un animal du tout mais un humain qui a des traits animaux.
Ceci dit, cela n'empêche pas qu'il y a de très bonnes histoires, certaines légendes de licornes que je n'avais jamais entendues, une histoire très sympa avec un corbeau qui fait peur, et des choses sur les tengus qui m'étaient sorties de la tête et que je redécouvre juste à temps pour mieux apprécier Uchouten Kazoku.
7/10


"The Parasol protectorate 1 - Soulless", par Gail Carriger
Roman, premier tome d'une série de cinq, environ 350 pages. Recommandé et offert par [profile] heera_ookami.
C'est de la fantasy urbaine victorienne avec une pointe de steampunk. Ca, c'est l'univers. Pour ce qui est du scénario, c'est un mélange d'enquête surnaturelle et de romance.
La romance est tellement directe qu'elle en est rafraîchissante. Pas de débuts creepy, pas de triangle amoureux, pas de faux suspense sur avec qui l'héroïne va finir, pas de retours en arrière insupportables, et tel que c'est parti, dans les prochains tomes, on aura le droit aux aventures de personnages dans une relation établie, ce qui est rare en fantasy. Par contre, et ce sont juste mes goûts personnels, elle prend beaucoup de place. J'aurais préféré avoir moins de scènes romantico-érotiques et plus de plot. Là il est un peu simpliste, et les quelques points qui semblent intéressants, comme les pieuvres, sont laissés en suspens... pour la prochaine fois.
Le worldbuilding est très intéressant en ce qui concerne les créatures surnaturelles, leurs liens avec la société anglaise, et comment cela peut contraster avec les liens sociaux habituels qu'ils ont entre eux. Aussi, sur les indices de comment ça se passe très différemment dans d'autres pays. Par contre, quand on parle de société anglaise, on ne parle que de "bonne société" ; c'est un monde où les pauvres n'existent pas (enfin, évidemment si, mais personne ne pense qu'ils vaillent la peine d'être mentionnés).
L'héroïne est active, intelligente, avec un sale caractère. Son "pouvoir" est intéressant et bien utilisé (vu que ça annule le surnaturel, j'appellerais plutôt ça une âme négative que pas d'âme du tout, mais je suis une matheuse, il ne faut pas m'écouter).
Elle pourrait m'être très sympathique, mais malheureusement, trop de détails utilisés pour la mettre en valeur sont clichés, que ce soit son abominable famille qui a l'épaisseur émotionnelle d'un ticket de métro (savoir s'ils veulent la marier le plus vite possible pour s'en débarrasser ou au contraire s'ils lui gachent toute ses possibilités par flemme varie au cours du tome, dépendant de ce dont l'auteur a besoin maintenant) et je suis vraiment lassée de la description physique qui se ramène à "super-canon pour un lecteur moderne mais considérée comme peu attirante à son époque".
7/10


"Contes Catalans", par Joan Amades
Environ 250 pages de contes avec une des notes en plus à la fin. A la base, l'auteur fait un travail de recherche, c'est-à-dire que pendant des années il a compilé tous les contes traditionnels catalans que des vieilles femmes (et des jeunes femmes, et des hommes, mais c'est plus rare) ont bien voulu lui raconter et qu'il en a fait un gros livre. Ce livre est une sélection pour le grand public - sans qu'il y ait eu de modifications autres que la traduction, juste un choix. Les contes sont différents et représentatifs, les notes techniques et variantes sont regroupées à la fin. Par contre, après chaque histoire, on a une mini-biographie du conteur qui le leur a raconté, je trouve ça bien, les livres de contes devraient faire cela plus souvent. Les contes, bien sûr, suivent des schémas classiques, mais sans avoir subi d'influences de versions littéraires (sauf peut-être un. L'auteur est assez méprisant parfois en parlant de "manque d'authenticité" mais je vois ce qu'il veut dire). Les schémas classiques ont donc de petits détails poétiques ou amusants très agréables à lire.
Pas mal de contes avec des personnages féminins, Marieta qui est une version fille du Petit Poucet, la Coccinelle qui est une version fille de Tom Pouce, un conte qui ressemble vaguement à la belle au bois dormant mais où le bel endormi est un prince et la méchante sorcière compte aussi être celle qui viendra le délivrer, et une princesse déjoue ses noirs dessins parce que la sorcière a eu le tort de tout aconter à ses poules... Quelques passages bien gore, comme le roi qui tue sa femme pour épouser la fille du soleil et de la lune (et ça marche), ou bien drôles, comme le géant qui peut enlever son nez et le remettre à l'envers pour se faire passer pour deux personnes différentes, ou les deux à la fois, comme cette peau d'âne enchantée pour que les méchants ne puissent pas se retenir de lui embrasser le cul pendant trois jours.
J'en suis contente ! C'est le deuxième livre de cette collection que je lis, et j'aime beaucoup la façon dont ils se placent entre étude universitaire et plaisir de lecture tout public, j'aime leurs illustrations naïves mais adaptées au contenu, il faudra que j'en trouve d'autres !
8/10


"Gwinna", par Barbara Helen Berger
Littérature jeunesse, environ 130 pages, lu en anglais. Cela commence comme un conte, avec un couple qui n'a pas d'enfants, et va en demander un à la mère des hiboux ; elle accepte, mais au bout de douze ans, elle deviendra la reprendre. Puis cela devient une allégorie sur l'adolescence, alors que les ailes de la petite fille commencent à pousser, et que ses parents font tout pour qu'elle ne puisse pas s'en servir. Mais cela ne finit pas à ce moment, même après avoir découvert la mère des hiboux, il lui reste une quête à accomplir, et là... j'ai toujours l'impression que c'est très symbolique, mais je ne pourrais pas jurer ce que ça symbolise. Je ne dis pas ça comme un défaut. Cela ne nous dicte pas ce que l'on doit en penser, contrairement à ce que je craignais au début.
Finalement, il y a trop d'intériorité pour être un conte mais pas assez de psychologie pour être de la fantasy, c'est un intermédiaire, où on a l'impression que ce qui compte le plus pour l'auteur est une collection de belles images et de sentiments touchants. C'était intéressant, mais ça rentre dans les livres que j'aurais probablement dû lire plus jeune.
6/10


Progression : 47/52
"Risques de lecture" : Un certain Lucas, The Great Gatsby, La neige de Saint-Pierre, Soulless -> 25/26

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