Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Fic - bingo-fr - Old WoD/Chroniques de Perpignan - Mercurius/Anselme

Titre : Le sang (et tout le reste)
Auteur : [personal profile] flo_nelja
Fandom : Old World of Darkness / Chroniques de Perpignan : la comédie féérique
Personnages : Mercurius/Anselme (un vampire et un mage, pour ceux qui n'ont pas lu ou ont oublié. Pas de fées dans celui-là)
Genre : PWP
Résumé : C'est injuste quand les vampires sont sexy. C'est encore plus injuste quand ils ont une connaissance de première main de l'histoire du Moyen-Âge, et peuvent ainsi avoir une conversation passionnante. Et finalement, on se retrouve à accepter leurs propositions indécentes au lieu de s'enfuir à toutes jambes.
Rating : NC-17
Disclaimer : L'univers appartient à White Wolf, les personnages sont de moi (même s'ils sont tout à fait cliché)
Nombre de mots : ~4000
Notes : Ecrit pour le thème proposition indécente + vampires: morsure/première transformation + joker (passé/origines d'un personnage) + coup de foudre + morsures/ecchymoses (kink) de bingo_fr. Présence de manipulation, D/s, un peu de bloodplay comme les thèmes l'indiquent, ne lisez pas si vous n'aimez pas ces kinks. ^^
C'était la deadline ce soir, donc je n'ai pas pu me faire betalire par quelqu'un qui connaît l'unvers ni même relire mes livres de règles, désolée pour toutes les mauvaises utilisations et traductions de termes techniques du WoD.



L'université de Perpignan est petite, par rapport à celle de nombreuses autres villes. Mais cela veut dire que les UFR de Sciences, de Lettres et de Droit sont sur le même site ; qu'on peut se tenir au courant sans passer pour un stalker de qui soutient sur qui, et aller voir toutes les soutenances de thèse que l'on trouve intéressantes.

Il y a toujours dans ces présentations une ambiance particulière, une effervescence, le savoir et la réflexion accumulés pendant plusieurs années qui se répandent sur la salle comme une vague, qu'Anselme perçoit avec acuité. La plupart des Mages pensent le contraire, mais peu importe. Chacun a des formes d'énergie qu'il peut utiliser ou pas, et pour Anselme, tout connaissance est Magie.

La conférence est spéciale : elle est sur l'histoire de l'Université de Perpignan elle-même, qui se retrouve ainsi une sorte d'esprit réflechissant sur lui-même. Et la thésarde elle-même a clairement conscience de ce fait, et est capable d'en rire comme d'en tirer des images plus profondes. Cette présentation fait partie de la crème, décide Anselme. En plus, elle était suffisamment tard pour qu'il n'ait pas raté son propre séminaire. Il rentrera dans la nuit et le froid relatif. Ce n'est pas comme si cela posait un problème. La magie pour se faire suivre par un courant d'air chaud lui a toujours semblé facile.

Il pose quelques questions - pas trop, il faut en laisser aux autres - et hésite à se rendre au pot qui doit suivre. C'est plus convivial. La vague de connaissance sera retombée. Et la société des gens qu'il ne connaît pas, au moins par ouï-dire, le met un peu mal à l'aise. D'un autre côté, les amis et professeurs qui sont venus à une telle conférence doivent bien avoir des choses intéressantes à dire...

Mais au bout de quelques minutes, la chercheuse est ensevelie sous les félicitations de sa famille et de ses amis. Et Anselme a réussi à nouer une conversation sur l'histoire de l'Université de Perpignan - c'est la bonne nouvelle. La mauvaise est que c'est lui qui donne toutes les informations. Et qu'une fois les quelques anecdotes les plus amusantes casées, il a peur d'ennuyer terriblement ses interlocuteurs.

Bien sûr, ce serait plus intéressant s'il pouvait tout dire. S'il pouvait parler des anciens accords passés avec les Ombres en cette ville même, ou des livres rares qui y ont été recopiés. Quand soudain, un des invités - probablement un professeur, bien vêtu, d'âge moyen, grand et maigre, présentant très bien - fait une référence à l'Ancienne Alliance.

Anselme tressaille, et il lui faut quelques dixièmes de seconde au moins pour trouver une réponse qui soit raisonnable aux oreilles de son interlocuteur tout en semblant entièrement banale pour n'importe quel humain non-initié.

Il a un sourire entendu, avant de répondre sur le même ton, et Anselme se retrouve comme sur un fil, en train de tenir deux conversations à la fois - celle qui est compréhensible par tous eux qui passent vient juste de devenir aussi très intéressante, d'ailleurs, bien au-delà de son rôle de masque. Et cela dure encore, et encore, chaque minute plus exaltante que la précédente, et Anselme a envie d'éclater de rire.

Et soudain, l'inconnu se met à le contredire.

Anselme déteste avoir tort. C'est bien pour cela que dès qu'il y a une ombre de doute, dès qu'il n'est pas absolument certain de ce dont il parle, il préface ses phrases de "je pense que" ou "j'ai lu que" qui permettent d'en faire des vérités irréfutables. Quand il dit quelque chose, il en est certain.

Et bien sûr, ce n'est pas pour cela que ses interlocuteurs le reconnaissent, mais pour certains, on peut leur expliquer leurs erreurs, et si d'autres n'ont pas le temps, ou s'énervent, peu importe.

Mais l'homme en face d'Anselme est courtois, et sa provocation n'est pas agressive, encore moins stupide, juste un test, pour voir si Anselme sera capable de prouver ce qu'il avance, ou s'il a juste pris pour acquise la bonne foi d'un auteur un peu trop vite. Les arguments fusent, et Anselme a l'impression qu'il pourrait rester à avoir cette conversation toute sa vie. Plus personne ne les écoute activement, maintenant, même si d'autres conversations sont à portée d'oreille. A part quand il lance un sort complexe, ou quand il a le provilège de parler avec un des Anciens... non, même là. Il a l'impression que c'est la première fois qu'il a besoin de toute son intelligence, la première fois qu'il a besoin d'être lui-même.

Mais après tout, peut-être est-ce une conversation avec un Ancien. Il y a sans doute longtemps qu'Anselme aurait dû lancer un sort de base, pour examiner la nature de sa Magie, pour faire passer la difficulté de la conversation au niveau supérieur.

Pour cela, il fixe brièvement son regard sur le visage de l'homme. Ce n'est pas parce qu'il est en train d'avoir une conversation incroyablement intéressante qu'il va être à l'aise en société et regarder son interlocuteur dans les yeux, bien sûr.

L'homme est incroyablement sexy.

Ce n'est pas qu'Anselme n'avait pas vu son visage, c'est que... il n'y a pas que cela, n'est-ce pas ? Il y a ce sourire plein d'assurance, ce regard moqueur, et ceci compterait plutôt comme un point négatif, s'il n'y avait pas les capacités intellectuelles derrière pour se le permettre. Les cheveux sont blonds, plus foncés que ceux d'Anselme, et parfaitement coiffés. Ce n'est pas son style, d'habitude. Le visage est dur, mais aussi parfait que celui d'une statue. Et maintenant, il va falloir qu'Anselme continue à le regarder - juste la joue, le menton, les yeux ne sont pas nécessaires - sans se laisser déconcentrer par ses pulsions, tout en maintenant ce dialogue, pendant suffisamment longtemps pour lancer son sort...

Il y a de la quintessence, mais pas celle à laquelle il s'était attendu. Anselme est certain qu'il s'est paralysé, et que son interlocuteur a remarqué. En fait, il n'est pas certain que toute la salle n'ait pas remarqué.

Un vampire, donc.

Anselme détourne le regard rapidement, ramène ses yeux sur son menton. Tout à l'heure, le regarder ne faisait pas naître chez lui ce mélange d'effroi et d'appréciation esthétique, et, il faut bien l'avouer, de désir. Tout à l'heure, Anselme n'avais pas réalisé à quoi ressemblait l'ensemble - et cela inclut son intelligence.

Peut-être est-ce juste une forme de séduction vampirique... mais non, il ne pense pas que cela puisse entamer une évalaluation purement rationnelle, basé sur des faits. Réellement intelligent, donc, ce qui n'est pas forcément encourageant. Mais peut-être n'est-il pas sexy du tout. Non, cela ne peut pas être naturel, la façon dont Anselme se sent rougir et brûler, même quand il baisse les yeux et ne fixe que ses poignets... la peau en est fine et l'articulation mobile. Il avale sa salive.

"Au fait, je ne vous ai pas demandé votre nom." dit-il. Cela devient personnel. Anselme a sans doute peur de faire cela. Il aurait peut-être pu s'éloigner, faire semblant de n'avoir rien remarqué, et les Anciens n'auraient rien su. Le vampire, lui, aurait su. Mais Anselme n'est pas encore mort, n'est-ce pas ?

Pourquoi ne sait-il pas assez de magie de l'esprit pour se protéger contre le contrôle et les illusions des vampires ? On n'a jamais le temps de tout apprendre. Anselme n'arrive à se rappeler qu'un petit charme qui transforme son sang en soleil liquide. En prévention. Bien sûr, il doit prononcer une parole magique, et bouger ses mains. Il a réalisé il y a longtemps que quand on est toujours en train de jouer avec ses mains comme si on ne savait pas quoi en faire, quand on marmonne des formules mathématiques à voix basse, personne ne remarque les formules magiques. On pourrait presque croire qu'il le fait exprès, mais ce n'est pas le cas. De l'embarras sociale entièrement naturel, sans additifs.

"Mercurius." répond le vampire. "Avez-vous entendu parler de moi ?"

Anselme s'excuse, plus embarrassé que jamais. "Les liens sociaux ne sont pas ma spécialité."

"Je vois cela." Il en ressort au sarcasme facile, ce qui le fait baisser un peu dans l'opinion d'Anselme, et rassure le magicien quelque peu. "Mais vous aimez apprendre, n'est-ce pas ?"

Il touche de son doigt le poignet d'Anselme, effleure la peau si doucement.

Anselme n'arrive à se rappeler aucune attaque psychique des vampires qui marche par contact. Alors que la caresse si douce devient désir violent, son esprit continue de l'analyser, de le séparer, n'arrive pas totalement à rejeter l'idée qu'il s'agit là d'un désir biologique, émotionnel, naturel... même si la plupart de ces émotions sont de la peur, et, il est vrai, de l'admiration. Et de la curiosité, et du regret d'avoir interrompu ce moment, de l'anticipation devant ce qu'il va dire. Ca aussi c'est la première fois, pense-t-il, la première fois qu'il ne pense qu'à une personne, même si c'est de tant de façon séparées.

"Utilisez-vous une quelconque discipline vampirique pour influencer mes émotions ?" demande Anselme. Même si on lui ment, il pourra peut-être deviner de quelle façon. L'honnêteté brusque est parfois ce qui marche le mieux.

"Non." répond le vampire - Mercurius. Ses doigts décrivent maintenant de petits cercles sur la paume d'Anselme, qui soit se retenir pour ne pas haleter sans aucune dignité.

"Mais vous auriez pu."

"Difficilement," répond le vampire, "quand vous ne me regardez pas dans les yeux."

Et maintenant, Anselme se retrouve pris à son propre piège. Il lui semble savoir que c'est vrai, et peut-ere veut-on lui mentir, ou peut-être juste faire naître en lui une confiance absolument déplacée.

Anselme a maintenant terriblement envie de regarder Mercurius dans les yeux. Il ne le fait pas, bien entendu. Il se demande comment qualifier ce qu'il ressent pour lui. Ce n'est pas seulement du désir, il ressent une foule de sentiments se presser en lui, et il n'y a rien de plus éloigné de l'amour, il en est certain.

Le vampire se penche vers lui comme pour dire un secret - comme pour boire le sang de son cou ou de son oreille - et murmur très doucement. "Vous devez me désirer assez vivement, n'est-ce pas, pour vous poser cette question."

"Vivement." reprend Anselme. Quand on n'est pas capable de bien mentir, autant ne pas mentir du tout.

Les lèvres de Mercurius touchent son oreille. Une mèche de cheveux caresse sa joue. "Et que diriez-vous, magicien, si pour marquer un pacte de non-agression - temporaire et révocable par simple défi, je vous rassure - je vous baisais sur l'heure ?"

Peut-être qu'Anselme ne s'était juste pas rendu compte de son érection, trop engagé dans d'autres pensées, regarder ou pas, écouter ou pas. Ou peut-être vient-elle de se dresser juste maintenant, à entendre cette proposition. Cela ne devrait pas se passer comme cela ! Quand on désire avec intensité, il est facile de mettre des obstacles sur son propre chemin, de se contenter de fantasmes précis, quand on s'imagine que de toute façon le but est inaccessible, quand on ne fera jamais rien pour chercher à les réaliser.

Les fantasmes viennent de cesser d'être irréalisables, et d'être assez.

"Ici ?" demande-t-il d'une voix cassée, en essayant de ne pas se demander comment réagir si Mercurius ne répond pas.

"Pourquoi pas ?"

"Même si la conversation avec vous l'a surpassée de loin, c'était une bonne présentation de thèse, par une personne de talent. Je détesterais que le seul souvenir qu'elle laisse soit que pendant le pot, deux hommes forniquaient sur les petits fours."

La vampire rit, un rire agréable, plus surpris que supérieur. Il essaie encore de mettre Anselme en confiance. Probablement. Le mage espère que le vampire n'a pas réalisé à quel point il voulait accepter. Mais quand il est incapable de se respecter, de se soucier de son propre sort, il faut bien utiliser les branches de secours, se rappeler qu'on n'est jamais seul à se perdre.

"Eh bien, demande encore le vampire, n'utiliserez-vous pas une quelconque magie pour nous dissimuler aux regards ?"

"Ce n'est pas ma spécialité." répond le mage. C'est tellement facile de dire la vérité. Obéir le serait presque autant. Il ne veut pas se demander ce qui se passerait si le vampire lui donnait un ordre de nature sexuelle. La simple idée rend ses genoux faibles.

"Tu as de la chance." répond le vampire - il semble presque amusé, presque comme s'il n'était pas en train de jouer quelque jeu compliqué - "cela fait partie des miennes."

Il l'agrippe par le bras, le fait pivoter. Anselme pense qu'il est fort, mais en fait, c'est difficile à évaluer quand on n'oppose aucune résistance. Et maintenant Mercurius pèse sur son dos, et Anselme se retrouve penché en avant, les mains appuyées sur le buffet. Il n'arrive pas à croire que cela va arriver.

"Il ne s'agit que d'une invisibilité de surface." commente Mercurius. Anselme n'a pas besoin d'explication. Il sait ce que cela signifie. Ce n'est pas que la lumière les traverse, c'est juste que personne ne regarde dans leur direction. Personne ne fait attention à eux. Il suffira d'un cri, d'un glissement, peut-être même d'une personne suffisamment homophobe pour que le choc à l'inconscient détruise l'illusion... et tout le monde verra comment il se fait sauter par un autre homme dans un lieu public.

"Et peut-être que je te mens..." poursuit Mercurius en ouvrant le pantalon d'Anselme, "peut-être qu'ils nous voient très bien, mais ne peuvent juste pas réagir à cause d'une de mes magies à moi, peut-être que tu es déjà à moi et que tu ne fais cela que pour cela, mais sans t'en rendre compte." Et aucune de ces suggestions ne semble certaine, mais aucune ne peut entièrement être réfutée non plus. Ces niveaux de possibilités, de réalités, se mélangent, chacun d'entre eux juste assez irréel pour être plus excitant qu'effrayant. Mais déjà, si Anselme trouve la situation actuelle plus excitant qu'effrayante, cela veut dire qu'il n'est pas très digne de confiance - combien de vampires sont assez fort pour lui briser la nuque dans cette situation, sans lui laisser même le temps de réagir. Oui, il y a quelque chose de défectueux dans son évaluation du danger. Ou dans ses instints sexuels. Ou les deux.

Il a imaginé des situations sexuelles. Il ne les a pas voulues, pas vraiment. Il n'est pas assez lucide pour décider s'il avait raison. Le contact sur son sexe, précis, léger et obnubilant en même temps, n'est rien dont il n'est pas capable. La situation est dans les limites de son imagination.

Pourtant, cela ne ressemble en rien à une imagination.

Parce que quelles que soient ses pensées cachées, Mercurius est une personne, parce que l'amusement et l'assurance dans sa voix sont réeelles. Parce qu'il ne sait pas où il est, ni où il va. Parce que l'indécision, la honte et la peur, de façon surprenante, se transforment encore mieux en désir quand ils ne sont pas feints.

"Magicien," demande le vampire, "dis-moi à quoi tu penses."

"A vous." répond sincèrement Anselme. C'est la première fois qu'il a des relations sexuelles sans penser à autre chose, des idées errantes en plus de son partenaire et sa situation.

Aussi, il sait qu'on est censé tutoyer, en français, les gens avec qui on couche, et le vampire ne s'en est pas privé. Mais il ne pense pas en être encore capable.

"Fais de la magie pour moi." Il y a toute une résonance de sens dans les vibrations de sa voix. Fais de la magie pour m'attaquer. Pour te protéger de moi. Si tu l'oses. Si tu oses le vouloir. Si c'est une autre magie, cela dira des choses que tu aurais voulu laisser secrètes.

Ce n'est pas comme si Anselme était bon pour garder les secrets.

Il libère ses mains, et se retrouve, fermement mais sans violence, le visage collé sur la table, le pantalon entièrement baissé maintenant, les fesses exposées... et un des longs doigts de Mercurius s'infiltre entre elles... il faut qu'il pense à autre chose. Par exemple, au sort qu'il voulait lancer.

Il récite l'incantation, et le poids sur son corps se relâche en partie, alors que Mercurius manque de points d'appuis, son poids devenu soudain une faible fraction de ce qu'il était - comme celui d'Anselme. Ce n'est pas la masse qui change, juste la gravité qui cesse de faire très attention à eux - un peu comme la façon dont Mercurius influe sur le regard des humains. Une routine qu'il utilise, d'habitude, pour sauter plus vite et plus loin. Qui dit à Mercurius : je ferai ce que tu veux, tu le vois. Je ne me défendrai pas. Cela ne veut pas dire que je ne te surprendrai pas.

Pour compenser ce nouvel équilibre, Mercurius utilise une de ses mains pour serrer de près la taille d'Anselme, qui suffoque un instant. C'est presque plus intime que le sexe, cela l'amène aux limites - pas très éloignées, il est vrai - de sa résistance.

"Si vous continuez," articule-t-il, à syllabes saccadées, "je vais jouir."

"Oh ?" répond Mercurius avec un ton surpris qui marque qu'il n'est pas surpris du tout. "Et le veux-tu ?"

"Oui." répond Anselme - oh, il y est presque - "s'il vous plait." Personne ne lui a demandé de supplier. Il l'a décidé par lui-même. Il ne sait pas si cela le rend plus asservi, ou moins.

"Alors retourne-toi, regarde-moi."

Anselme sait le danger de cela. Mercurius le lui a bien expliqué tout à l'heure. Mais le vampire pourrait tout aussi facilement lui faire tourner la tête de force, s'il ne voulait pas quelqu'un avec du libre-arbitre pour continuer à jouer, n'est-ce pas ? Alors il tourne la tête sur le côté et trouve ses yeux - plus que la durée d'un éclair, pour la première fois. Il trouve ses yeux beaux à faire peur. Il sait que ce n'est probablement qu'il cristallisation de que ce son corps et son esprit ressentent par ailleurs. Cela ne change rien.

"Jouis." lui dit le mage.

Anselme sent bien, cette fois, que ces mots tirent sur son esprit de façon qui n'a rien de naturel. L'orgasme est long, violent, et pendant ce temps il ne peut penser à rien d'autre qu'à son plaisir, et à ce qu'on vient de lui faire.

Le plaisir reste longtemps, reflue peu à peu, et pendant ce temps, il pense, maintenant je sais comment cela fait, il n'a pas changé mon esprit avant - ou alors il veut me le faire croire, il peut le faire de plusieurs façons différentes - il faut absolument que je nettoie cette table - il faut que je fasse quelque chose pour lui - les vampires ne peuvent pas avoir de relations sexuelles, n'est-ce pas - enfin si, les faits le prouvent, mais pas de la façon...

La bouche de Mercurius est redescendue dans son cou, et le lèche lentement. Il ne l'a pas encore mordu. Comme s'il savait. Comme si Anselme avait tout dit à haute voix - il n'est pas entièrement certain, il sait qu'il a pensé à son sang de soleil, et il ne se contrôlait pas très bien. Ou le vampire a lu ses pensées.

Oui, c'est comme si le vampire était en train de lui demander, sans mots, me laisserais-tu mourir, maintenant ?

"Voulez-vous me tuer ?" demande-t-il.

"Pourquoi ?" demande le vampire. "As-tu fait autre chose que d'être serviable et charmant avec moi ?"

"Me transformer en vampire, alors ? Pour moi, c'est à peu près pareil - sans vouloir vous offenser."

La langue de Mercurius joue toujours sur son cou. Anselme frissonne, il la ressent dans tout son corps, jusque dans ses veines piégées. Cela ne serait-il pas plus simple ? Etre seul à nouveau ? Faire en sorte que cette scène soit arrivée avec quelqu'un qui n'a jamais existé, qui est sans doute mort il y a longtemps, qui le serait enfin réellement ?

Cela ferait de lui un monstre. Un de moins sur terre, et un de plus. Il est difficile, dans ces cas, d'invoquer la morale et le plus grand bien, ce qui est la raison classique de tuer des vampires.

"Certainement pas." répond le vampire. "Ce serait un tel gachis, si tu ne pouvais plus faire de magie pour moi." Mercurius, d'un geste discret, commence à remonter le pantalon d'Anselme, qui se rhabille rapidement, comme si l'embarras commençait maintenant.

"Mais vous voulez boire mon sang."

"Juste quelques gouttes, magicien. Pour partager ton plaisir."

La vampire le laissera vivre, il ne le laissera pas seul. La situation est claire. Anselme pense pouvoir le croire. Il sait la situation difficile dans laquelle cela le mettra.

Mais après tout, si Mercurius montre de plus sombres desseins, Anselme peut relancer ce sort une autre fois, n'est-ce pas ? Ou peut-être qu'il ne le peut déjà pas. Mais dans ce cas, il est inutile de se poser des questions.

D'un mot magique, il rend à son sang son état naturel, se retrouve plus nu qu'il ne l'était tout à l'heure.

"Voulez-vous boire mon sang ?" demande-t-il d'une façon qui n'est plus une question mais une proposition.

C'est alors, seulement, que Mercurius plonge ses dents dans son cou - et la sensation est délicieuse, presque aussi puissante que l'orgasme de tout à l'heure, roulant des idées de faiblesse, d'être la vie de quelqu'un d'autre, et la peur qu'il ne s'arrête pas... et même quand Mercurius s'arrête, son regard de prédateur fait que la sensation continue, qu'elle ne s'arrêtera peut-être jamais totalement.

La peur de mourir l'a quitté - ou plutôt elle est devenue terreur, de ce qu'il est capable de faire, juste pour le plaisir, ou pour plus que cela, parce que cela lui semble bon et naturel. C'est contraire à tout ce qu'on lui a enseigné. Il ne sait pas si la société des humains a des règles sur le sexe avec des vampires, plus que sur le sexe en général... mais un autre Hermétique qui saurait cela ne lui pardonnerait rien. S'il parlait d'un sentiment quelconque impliqué, ce serait une circonstance aggravante. En fait, il peut comprendre cette partie-là. Malheureusement.

"Et toi, veux-tu boire mon sang ?" demande le vampire.

L'offre est tellement inattendue qu'Anselme se retient à grand peine de rappeler qu'il ne veut pas devenir un vampire. Il sait que ce n'est pas cela qui est en jeu. Heureusement, Mercurius semble apprécier son ignorance.

"Ou," lui murmure-t-il à l'oreille, "devrais-je dire, veux-tu te mettre à genoux, et sucer mon vit jusqu'à ce que je jouisse dans ta bouche ? Ce n'est pas naturel pour un vampire, mais tu mérites cela, petit magicien, et nous n'avons pas de semence, seulement du sang rouge et que même un humain trouverait délicieux..."

Les mots, l'image, suffisent à exciter Anselme à nouveau. Mais il aime apprendre - ou peut-être s'effrayer - plus encore qu'il aime l'idée d'obéir sans un mot, sans hésitation.

"Cela me fera-t-il quelque chose ?"

"Oui. Cela te rendra plus fort, plus rapide, plus résistant. Cela fera de toi un de mes esclaves, aussi, après la troisième fois. Mais tu aimes obéir, n'est-ce pas ? Ne veux tu pas te débarrasser de tes incertitudes, des craintes que tu as, sur ton avenir, sur le jugement de tes proches ? Tu n'aurais plus peur de détenir un pouvoir que tu ne mérites pas. Je m'occuperais bien de toi."

Anselme prend une grande inspiration. "Je serais votre esclave, mais cela n'aurait pas de valeur, n'est-ce pas ?"

Il fixe le vampire et ils se comprennent.

"Peut-être une autre fois, alors, mon petit magicien." dit le vampire en riant.

Et puis, sans se cacher, il lève son sort, ou plutôt le pouvoir qu'il a utilisé, pour les rendre invisibles. Cela ne change rien pour personne. On ne les regarde pas plus qu'avant.

Jusqu'à ce que Mercurius l'embrasse, sans prévenir et sans rien demander, possessif, avec les lèvres qui viennent de boire son sang. Et Anselme, pris d'un vertige très doux, ne fait rien pour l'en empêcher.

Après tout, la conférence de thèse était bien suffisamment intéressante pour que deux hommes qui s'embrassent pendant le pot ne soit pas le principal souvenir qu'elle laisse à n'importe qui d'autre.



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