Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Lectures d'août


"15 contes de l'Inde", par Partap Sharma et Leonard Clark
150 pages, trouvé en brocante. En fait, il y a deux auteurs parce qu'il y a deux courts recueils (ou extraits, je ne sais pas trop), pas parce que deux personnes ont écrit ensemble. D'abord, 75 pages de "contes de Vivek l'éléphant" de Partap Sharma, qui sont très agréables, quatre aventures de Chintu le jeune garçon et Vivek son éléphant, et ça mélange vraiment les ambiances de conte merveilleux, conte facétieux et récit philosophique. J'aime beaucoup. Les 75 pages suivantes sont des fables animalières et morales dans le genre d'Esope, mais indiennes - certaines sont en commun, d'ailleurs. C'est moins original, mais toujours sympa.



"Caïn", José Saramago
Roman/fanfic biblique, environ 180 pages, emprunté à un de mes cousins. Déjà, c'est un terrifiant bloc de texte, sans aucun passage à la ligne à part les changements de chapitre, sans guillemets autour des dialogues, sans points d'interrogation ou d'exclamation, sans majuscules ailleurs qu'au début des phrases. Cela donne des dialogues du genre Qu'as-tu fait de ton frère, demanda-t-il, et caïn lui répondit par une autre question, Etais-je le gardien de mon frère, Tu l'as tué, C'est vrai mais le premier coupable c'est toi. C'est un miracle que ce soit encore lisible. Parce que ça l'est, et même assez facilement, sans détails superflus et avec parfois une petite plaisanterie anachronique pas hilarante mais qui fait sourire.
Ensuite, le principe est que Caïn (je lui rends la majuscule) se révolte contre Dieu en tuant Abel, le vainc dialectiquement et réussit à le convaincre que c'est sa faute aussi, en retire sa protection, voyage à travers les siècles (pas en mûrissant, en voyageant dans le temps bizarrement, ce ne sera jamais expliqué, on sait juste que ce n'est pas Dieu le responsable, et il n'y a pas non plus de cohérence, parfois il empêche les événements de la Bible, parfois il les cause, et il peut apparemment changer l'histoire). La fin est frappante, mais pour moi, un peu entamée par les incohérences niveau voyage dans le temps, j'ai lu trop de sf où c'était fait sérieusement. ^^
Les arguments comme quoi Dieu est en fait le Méchant sont tout à fait recevables, bien sûr, il suffit de prendre les bons moments de la Bible, mais un peu trop faciles, et on a parfois l'impression que le narrateur a décidé de soutenir à 100% Caïn dans ses raisonnements, de ne pas mettre en face de contradiction sérieuse, ce qui lui donne un air un peu Gary-Stu, même si je pense que c'est volontaire, c'est juste le narrateur et pas l'auteur, pas à 100% en tout cas.
Enfin bon, j'ai été un peu déçue, j'ai eu une impression de beaucoup de redites, de quelques fois où le raisonnement de l'auteur ne se tient pas tout à fait (la Bible non plus, bien sûr, mais on est censé ajouter de la cohérence, quand on veut en faire un roman, enfin je pense). Il n'y a que quelques idées brillantes mais isolées qui m'ont plu dans ce livre.



"Contes de tous les pays", racontés par Ann Rocard, illustrations de Bertrand Bataille, Céline et Laura Bour, Jean-Pierre Corderoc'h
Environ 150 pages, acheté en brocante encore, des contes, sans doute pas de tous les pays mais trois ou quatre de chaque continents au moins. Les contes sont assez classiques - enfin, on en trouve quand même quelques-uns d'originaux, surtout en Océanie. Mais c'est surtout pour les illustrations que ce livre est notable, elles sont vraiment très belles.



"Contes du Limousin", recueillis par Jan Dau Melhau
Environ 200 pages, des contes populaires paysans, avec au début et à la fin de chaque conte une phrase en patois, pour mettre dans l'ambiance. J'avoue sans honte que j'ai choisi celui-là (sur une brocante, toujours, c'est comme ça en août) juste parce qu'il contenait un conte dénommé "Le conte de l'homme qui pondit un oeuf", et ça rappelle des souvenirs. :-) (Spoiler : il ne pond pas d'oeuf, c'est sa femme qui le lui fait croire). Je connaissais déjà la plupart des contes, mais c'est juste parce que c'est moi, ce ne sont pas les grands classiques français ; et en plus ils sont bien racontés.



"Les plus beaux contes de nos provinces", pas de nom de compilateur
Environ 180 pages, acheté - quelle surprise - en brocante, compilé par France Loisirs avec des contes dans le domaine public issus de revues de la fin du 19e siècle sur les traditions populaires. Comme le nom l'indique, ce sont des contes de toutes les régions de France, les illustrations style Art Deco sont très chouettes, la sélection est variée, les contes sont très sympa, aucun qui me restera en tête, mais aucun qui m'énerve non plus. :-) Ca reflète bien les différentes régions sans être des caricatures non plus (à la limite, les intros pour chaque région sont peut-être un peu cliché, mais pas le choix des contes). Dommage qu'il n'y ait rien sur la région parisienne, mais bon, c'est le principe, juste les provinces.



Les Mémoires de Vidocq
Bon, déjà, je me suis fait avoir, j'ai acheté ça sur une brocante à nouveau, mais il n'y a pas tout, c'est une version abrégée (et pourtant, elle fait environ 600 pages, ha ha). L'ancien forçat devenu chef de la police qui a inspiré les auteurs du 19e siècle, et on comprend pourquoi. Apparemment la réalité historique des faits est remise en question - et moi-même je me méfie des perpétuelles affirmations de bonne foi et de bonnes intentions - mais il doit y avoir un fond de vérité quand même, et c'est très, très amusant à lire, surtout les évasions audacieuses (et les tentatives ratées d'évasions audacieuses). Et plus tard, quand il travaille comme espion pour la police, les infiltrations sous des déguisements de différents groupes de malfaiteurs.



"Moby Dick", par Herman Melville
Environ 700 pages, roman, je pense l'avoir lu quand j'étais petite, je me rappelle la couverture de ma version... mais rien de plus, rien de plus de l'histoire que ce que peut donner l'osmose culturelle, alors je le compte quand même comme un nouveau livre. Je l'ai acheté en grande partie parce que tout le monde me narguait sur à quel point il est slashable (c'est vrai) et parce que ce n'était vraiment pas cher.
Le début raconte comment Ishmaël, un jeune homme, est saisi de l'envie très forte de partir en mer, devient ami avec un harponneur nommé Queequeg, et s'embarque sur un vaisseau baleinier, le Pequod. Le capitaine Achab, qui ne se montrait pas au début, dévoile sa quête : tuer Moby Dick, le cachalot blanc qui a mangé sa jambe.
Le milieu raconte comment l'équipage chasse plusieurs baleines, le tout entrecoupé de nombreux détails scientifiques (de l'époque) sur les baleines, sur la chasse à la baleine, descriptions de baleines, critiques des livres qui existaient à l'époque, généralités sur ce qu'on fait avec les cadavres... Il y a aussi plusieurs rencontres avec d'autres bateaux, d'autres équipages qui racontent leurs histoires. Au cours de cette partie, Achab prend peu à peu le devant de la scène. L'auteur semble oublier qu'Ishmaël existe et est le narrateur, on voit des scènes auxquelles il n'a pas assisté et on entend des pensées qui ne sont pas les siennes. Il ne gagne pas non plus de personnalité, les quelques passages qui lui sont dévolus - outre les explications sur les baleines - sont des moments de rêverie devant la mer. Rien sur la façon dont il apprend le métier alors que, marin d'expérience, c'est pourtant la première fois qu'il chasse la baleine. Et on parle de moins en moins de son amitié avec Queequeg, c'est dommage, parce que j'aimais les shipper ^^. Au fur et à mesure, l'équipage passe de "nous" à "ils" et tout ce qu'on garde d'Ishmaël c'est qu'il a survécu et qu'il raconte.
Et la fin... les cent dernières pages, c'est vraiment uniquement comment Achab pète un cable, et part chasser Moby Dick alors que les conditions matérielles comme les présages deviennent de plus en plus sombres... ça se finit en tragédie. D'ailleurs, sur bien des aspects, c'est une tragédie. Il y a sans arrêt des réflexions sur le destin, l'univers, et tout ça, c'est exalté et assez intéressant, vraiment, et puis il y a les mêmes sur la grandeur des baleines, parfois de façon symbolique, et parfois juste sur la noblesse de l'animal, le côté à la fois héroïque et transgressif qu'est le fait de les chasser. Même si l'auteur connaît manifestement très bien le métier, c'est un des livres de mer les moins prosaïques que je connaisse. Rien sur la faim, la soif, la température, très peu sur la peur de mourir, beaucoup plus des peur et des troubles bien plus psychologiques, voire mystiques.



"Fables d'Afrique", Jan Knappert
Environ 120 pages, encore un livre de contes venu d'une brocante, quelle surprise. Des contes moraux (avec morale explicite) vraiment très courts, principalement des histoires d'animaux, de différents pays d'Afrique. Comme souvent maintenant, j'en trouve plein que je connais, mais pas seulement, donc c'est cool.



"Contes et légendes de toutes les Normandie", par Michel Hérubel
Environ 320 pages, livre de contes de brocante, lalala. Je me suis méfiée au début : je n'aime pas la couverture, mettre juste la tête de l'auteur en gros plan ça fait un peu narcissique, et l'intro est bourrée de clichés comme quoi le monde c'était mieux avant avec la vraie créativité des contes à la veillée au lieu d'horreurs comme la télévision... Ceci dit, les contes sont bien. La plupart ne sont pas seulement recueillis en Normandie, ils sont vraiment liés à un lieu-dit particulier, vraiment spécifiques et originaux, et en plus tout à fait correctement racontés. En plus des contes merveilleux ou facétieux classiques, il y a des sortes de mini-sagas familiales avec des malédictions, des transformations surnaturelles, des interventions divines... J'ai été un peu déçue que même là on ne voit pas tant que ça l'influence Viking promise sur la quatrième de couverture, mais bon, c'est juste moi. ^^



"Les frères Karamazov", Fiodor Dostoievski
Environ 850 pages en deux tomes (dans la vieille édition de poche achetée sur une brocante mais l'an dernier cette fois), roman. L'intro m'a spoilée dès le tout début, ne lisez pas l'intro, ou alors après (je ne l'ai pas encore fait, parce que j'ai laissé le tome 1 chez ma soeur pour cause de poids de livres).
C'est donc l'histoire de la famille Karamazov. Il y a le père Fiodor, complètement débauché, qui a eu des enfants de plusieurs femmes différentes et ne s'en est jamais occupé : Dimitri le débauché passionné avec des accès de lucidité, Ivan l'intellectuel cynique qui ne parvient pas à être athée, Aliocha le choupi attiré par la religion, qui tous ont hérité de lui un fond de sensualité ; aussi, peut-être un de ses domestiques qui serait son fils illégitime.
Au début, c'est principalement des querelles de famille, une présentation progressive et bien longue des personnages (la famille Karamazov, les femmes autour desquelles ils ont des triangles amoureux, quelques autres), de leurs relations. La façon dont les frères si différents, s'aiment quand même, est très touchante, et tous les personnages principaux sont intéressants. Mais je dois reconnaître que c'est long. Il y a en particulier de très longues déclarations en mode profession de foi, des répliques qui prennent plusieurs chapitres. Moi j'aime bien. Les frères ont réussi à m'être tous les trois sympathiques (pas le père, mais c'est fait exprès).
Je suis surtout fan d'Ivan, je suis prévisible. Intellectuel, plus torturé qu'il en a l'air, vil corrupteur de la jeunesse même s'il peut aussi se faire bien mindfucker en retour, et capable de faire un chapitre entier sur "petit frère, je vais te raconter le livre que je n'ai pas encore écrit mais j'y pense" ;-) Et il a de longues conversations avec le Diable dans ses hallucinations.
Et puis, au milieu du livre, [SPOILER même si j'étais probablement la seule à ne pas savoir] le père se fait assassiner, et nous on sait que ce n'est pas le frère aîné qui l'a tué, mais il haïssait son père, il a menacé de le faire plusieurs fois, toutes les apparences sont contre lui, et on ne blâme pas la police de l'arrêter. Et là, pour le coup, ça devient assez palpitant, et je voulais vraiment savoir, pas seulement qui c'était, j'avais une idée, mais pourquoi, et ce qui allait se passer. Pour le coup, même s'il est bien, l'arc perso d'Aliocha m'intéressait moins parce que je voulais la suite ! [SPOILERS gros cette fois] Oh, il y a toujours des répliques de plusieurs chapitres, en particulier au procès, témoignages, plaidoyers, mais ils en valent la peine. J'ai été tout à fait satisfaite de la révélation de qui a tué et pourquoi, par contre la fin est frustrante, WTF, ils préparent une tentative d'évasion et on ne sait même pas si elle réussit ou pas ? Ni si un autre personnage survit à sa maladie et qui épouse qui ? Greuh...
Je rale comme ça contre la fin, mais je garde quand même une impression très positive du livre. Et il y a "Les possédés" qui m'attend dans un coin, tôt ou tard, ce sera son tour. :-)



Progression : 57/52 (wow !)
"Risques de lecture" : Caïn, Moby Dick, les mémoires de Vidocq, Les frères Karamazov -> 22/26

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Tags: comm:50bookchallenge, fandom:contes africains, fandom:contes français, fandom:les frères karamazov, fandom:mythologie chrétienne/bible
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