Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Lectures de juillet


"La guerre des rêves", par Catherine Webb
Roman, environ 360 pages, recommandé et prêté par soleil_ambrien après que je lui avais dit que j'aimais les Horatio Lyle, de la même auteur.
Elle l'a écrit quand elle avait treize ans, mais honnêtement, ça ne se voit pas.
Donc, comme le titre l'indique, cela se passe dans le monde des rêves, en lutte contre le monde des cauchemars, sauf que c'est beaucoup plus compliqué et politique que ça. Le héros est un magicien, héros de la dernière guerre, relégué dans un tout petit royaume (ce qui ne le dérange pas le moins du monde) pour avoir plus ou moins conspiré contre la favorite du roi, et qu'on appelle quand tout tourne mal. Il est bien intentionné, parfois arrogant et orgueilleux (mais il se retient parce qu'il n'aime pas que ça se sache), et il n'apprécie pas trop les responsabilités. Aussi, contrairement à ce que font traditionnellement les mages, il aime bien discuter avec les rêveurs pour connaître les nouvelles des derniers siècles, et il trouve que la science est quelque chose de très fun. (C'est quelque chose que j'avais craint de ne pas retrouver dans cet univers, et en fait si)
Les considérations sur les liens entre leur monde et le notre, et comment chacun des deux pense qu'ils sont liés mais que le leur est le vrai, sont intéressantes, mais malheureusement j'ai été un peu bloquée par le fait qu'elles négligent l'existence du rêve lucide. A part ça, l'univers est bien. Les livres choisissent de laisser planer le doute sur plusieurs points quant au vrai lien entre les deux, et je me demande vraiment si ça sera expliqué dans le tome 2 ou si ça continuera à être mystérieux.
A part sur ce point, il y a totalement une vraie fin, ça n'appelle pas vraiment de suite.
C'était sympathique à lire, avec beaucoup de bonnes idées (j'aime le thème des rêves), mais sans me faire fangirlifier autant que les Horatio Lyle.



"Raffles - The Amateur Cracksman", par E.W. Hornung
Environ 160 pages, recueil de nouvelles qui forment une histoire suivie. De mon point de vue, c'est un peu entre Arsène Lupin et Sherlock Holmes. Arsène Lupin, parce que le personnage principal est un gentleman cambrioleur. Sherlock Holmes, parce que ça a été écrit et se passe dans l'Angleterre victorienne, et que toutes les histoires sont racontées du point de vue de Bunny, le sidekick de Raffles.
Les histoires sont un peu trop simples à mon goût. Contrairement aux gentlemen cambrioleurs qui suivront, Raffles ne vole pas principalement pour l'esthétique. La préoccupation existe, mais est secondaire. Non, c'est surtout pour maintenir son train de vie sans travailler. Après tout, ce n'est pas comme si la distribution des richesses étaient juste à la base, dira-t-il. Le mauvais côté de la chose est que voilà, il essaie de ménager le moins de complications possibles, il n'y a pas de plans complexes et brillants, au maximum des plans B improvisés. Raffles apparait comme ayant de la volonté et de l'astuce, mais ce n'est pas un génie du crime.
Par contre, je n'ai pas été déçue sur un point : comme kindkit me l'avait dit quand elle l'a recommandé, Bunny est incroyablement slashable d'avec Raffles. La façon dont il le décrit, dont il est incapable de résister à ses propositions malhonnêtes (si cela vous rappelle autre chose, c'est peut-être bien fait exprès), dont il le soutient même quand Raffles le traite fort mal, dont il est jaloux la fois où on voit Raffles s'intéresser à une fille... ok, c'est très louche. Bien plus que Holmes et Watson, pour le coup.



"L'erreur de l'épouvanteur" et "Le sacrifice de l'épouvanteur", par Joseph Delaney
Environ 400 et 320 pages respectivement, les tomes 5 et 6 de la série L'épouvanteur. Contrairement à ce que j'imaginais vu la fin du 4, j'ai plutôt trouvé le 5 plus léger et moins stressant que le précédent... jusqu'à la fin, où on a des grosses révélations assez traumatisantes, où on se dit que tout ça est en train de très mal tourner, et qu'il y a plusieurs façons d'interpréter ce titre. J'aime beaucoup aimé cette fin, d'ailleurs. Elle réussit à être très noire sans avoir ce côté "c'est parce que les personnages n'ont pas assuré" du quatrième.
Et plus ça avance, plus ça part sur l'idée que même si les monstres que les personnages affrontent sont horribles, une part très importante de l'aspect sombre est le côté psychologique, l'horreur de la compromission dans un monde où dresser les méchants les uns contre les autres n'est finalement pas très loin de s'allier avec certains pour en combattre les autres, où il y a des choix vraiment douloureux... et ça a l'air parti pour continuer dans cette direction !



"Etudes sur la mort", par le Comte Eric Stenbock
Environ 120 pages, conseillé et prêté par soleil_ambrien, même si c'est moi qui le lui avais fait remarquer en premier lieu, pour le résumé, qui commence par : Les histoires de vampires se déroulent généralement en Styrie ; la mienne également. La Styrie n'est pas du tout cette contrée romantique décrite par ceux qui ne se sont certainement jamais rendus sur place. C'est un pays plat, inintéressant, uniquement célèbre pour ses dindons, ses chapons et pour la stupidité de ses habitants.
Les nouvelles du recueil ne sont pas aussi parodiques que pourraient le faire croire cette extrait. Même celle-là, La véridique histoire d'un vampire, reste plutôt sérieuse, malgré les multiples passages où ça parodie ou déconstruit Carmilla. Globalement, ce sont des histoires d'amour passionnées et platoniques, sans cesse à la limite entre la romance et autre chose, avec des situations complexes, et des images sombres et frappantes. J'ai aimé le lire, j'ai souvent trouvé que c'était assez moderne pour du 19e siècle, mais ce n'est pas ma nouvelle passion non plus.



"Faust", par Fernando Pessoa
Environ 300 pages avec les notes, pas tout à fait du théâtre, plus proche du monologue lyrique avec parfois, seulement, une ou deux brèves autres voix. Fragmentaire mais presque fini.
Je l'ai acheté parce que voilà, réécriture d'un mythe que j'aime bien. :-)
C'est l'histoire de Faust, vue comme - je simplifie un peu - l'histoire d'un homme qui a essayé toute sa vie de comprendre le mystère du monde, qui a échoué, et qui se rend compte que tout ceci l'a éloigné des joies simples, et a rendu certains mystères comme la mort encore plus terrifiants, et qu'il ne peut plus revenir en arrière, arrêter de penser, arrêter de savoir.
Et c'est tout. Rien ne se passe pendant toute la première moitié, Faust monologue à ce sujet, ou presque. Peu de choses se passent pendant la seconde, où il essaie d'en recourir à des mesures extrêmes pour mettre fin à cet état de fait (l'amour, la drogue, la violence gratuite, la mort).
Je suis déçue parce que le Diable n'est presque pas présent, juste au tout début pour le détourner de la tentation de dire "la Fin est Dieu, ce n'est pas la peine de penser plus loin". Je suis déçue parce que Faust pendant toute la pièce est encore plus arrogant et antipathique que dans les versions habituelles, n'a aucun sens de l'humour, et c'est d'autant plus pénibles que les autres rôles ne font que passer.
Ceci dit, à partir du moment où on s'intéresse à l'évolution psychologique et philosophique que j'ai décrite, c'est bien écrit, les métaphores sont bien faites, originales sans rendre le texte obscur, les intermèdes lyriques sont abstraits mais très jolis, et le texte se lit très facilement sans être fade pour autant (évidemment, quand on a envie de baffer Faust tout le long, c'est moins bien).



"Des mythes fondateurs pour notre humanité", par Michel Meslin
Environ 140 pages, un essai sur le rôle des mythes dans l'explication du monde et des sociétés, avec des exemples. Je l'ai pris sur les exemples. Dans l'introduction, son acharnement à défendre la pensée mythique contre la pensée rationnelle m'a un peu énervée, non pas parce que je ne suis pas d'accord, mais parce que je me sens toujours méprisée quand on m'explique des choses que je sais déjà. Ceci dit, c'est juste l'introduction, ce qu'il considère comme nécessaire pour entrer dans le livre, ce n'est pas son cheval de bataille qu'il répète à chaque paragraphe, donc pas de problème ici.
Je l'ai pris parce que le choix de mythes était original, il y en avait certains que je ne connaissais pas du tout, et j'aime l'idée de mettre en parallèle plusieurs mythes sur le même sujet (la création du monde, l'origine du mal) et de souligner les ressemblances et les différences. Mais finalement, même sur les mythes que je connaissais déjà, il avait des idées intéressantes. Je ne suis pas toujours d'accord, mais c'est d'autant plus constructif à lire.
Et puis en plus, certains des thèmes qu'il a choisis pour les mythes m'intéressent beaucoup, comme l'androgynie et son lien avec le phenix (il utilise tout le long du livre le mot "bisexualité" pour désigner un être pourvu des deux sexes, j'étais assez confuse).
En bref, c'était cool, et j'ai appris des jolis schémas mythiques supplémentaires !



"The Haunted Hillbilly", par Derek McCormack
Roman, à peine une centaine de pages et écrit très gros - c'est plus une longue nouvelle, en fait. Conseillé par alanachantelune, parce que c'est une histoire avec un vampire homosexuel designer de mode qui manipule complètement un chanteur de country, qui lance sa carrière et détruit sa vie au cours d'une histoire d'horreur assez sexualisée, donc je pensais que ça ne pouvait que me plaire... Le style d'écriture est très bien, laconique et expressif, et l'histoire marche très bien sur moi en tant que récit d'horreur. Par contre, je n'ai pas trouvé ça sexy, et j'étais quelque peu désappointée. ^^



"L'aiguille creuse", par Maurice Leblanc
Parce que, en fait, je n'avais jamais vraiment lu d'histoire d'Arsène Lupin, et ça manquait à ma culture. Ma grand-mère et mon cousin m'ont conseillé celui-là. Roman, environ 280 pages. J'ai aimé. Le scénario est bien rythmé, il se passe des choses tout le temps, les rivalités intellectuelles sont brillantes et bien gérées, et le concept que n'importe quel personnage secondaire de n'importe quelle scène peut être Arsène Lupin déguisé marche très bien pour garder l'attention toujours en éveil.
J'aimais beaucoup Isidore Beautrelet au début, un peu moins après la première moitié, quand ça devient une pure question d'orgueil. Arsène Lupin lui-même a beaucoup de classe, et est impressionnant de compétence, mais n'a pas réussi à me faire adhérer complètement. Ce qui lui sert de "traits rédempteurs", comme son patriotisme ou son intrigue amoureuse, ne marchent pas bien sur moi (accessoirement, je le slasherais bien avec Isidore). Mais je crois que c'est ma faute. J'ai commencé par ce tome parce qu'on m'a dit qu'il était bien, mais je crois que c'est une sorte de culmination pour Lupin, où les vieux ennemis (Sholmès et Ganimard) reviennent en plus du nouveau, où on apprend des choses très importantes, et j'ai perdu à ce niveau, d'avoir pris la série en marche.
Aussi, tout le côté théorie du complot avec retcons historiques divers n'est pas un de mes thèmes préférés. Ca ne m'a pas ennuyée, mais ça m'a un peu fait soupirer parfois.
Mais par contre, pour tout le côté confrontations intellectuelles brillantes entre personnages, ça m'a très agréablement surprise. J'avais été si peu spoilée sur Arsène Lupin que je ne savais pas qu'il pouvait parfois avoir des rivaux presque à sa mesure.
Pour les fans de la série, d'autres tomes à me conseiller en particulier ?



Progression : 58/52 -> fini
"Risques de lecture" : La guerre des rêves, Raffles, Etudes sur la mort, L'aiguille creuse -> 19/26
Tags: comm:50bookchallenge, fandom:arsène lupin, fandom:faust, fandom:l'épouvanteur, fandom:raffles
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