Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Lectures d'août

Le mois des livres achetés en brocante ! (Sauf pour "La horde du Contrevent", que j'avais emmené en vacances parce que je comptais le lire depuis longtemps ; je n'ai pas été déçue)


"Légendes et contes des Pharaons", par Jiri Tomek
Un livre de contes égyptiens (environ 200 pages, collection Gründ classique) qui n'est pas un livre de mythologie, mais qui raconte des histoires d'humains, ou les dieux n'interviennent que rarement et par leurs prêtres. Il y a aussi des histoires d'animaux, et le tout est "encadré" par une promenade sur le Nil de Cleopatre, son fils, et son raconteur d'histoires.
J'ai particulièrement aimé les contes sur les magiciens égyptiens. Globalement, c'était sympathique, et, pour moi qui connais assez peu la culture égyptienne, plutôt original.



"Les nuits difficiles", par Dino Buzzati
Un recueil de nouvelles, environ 200 pages. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il n'est pas la traduction de "Le notti difficili", mais seulement de la première moitié - la seconde est traduite dans "Le rêve de l'escalier".
Oui, cette édition est un peu une arnaque. ^^ Mais le livre était bien.
Pour ceux qui ont lu d'autres recueils de nouvelles de Buzzati, genre "Le K", c'est le même genre. Des nouvelles souvent fantastiques, mais pas toujours, souvent désespérantes, sur les thèmes de la solitude, la maladie et la mort, parfois avec un humour bien noir... mais là encore il y a des exceptions. J'aime ce qu'il fait. Le style est simple, direct, efficace (Buzzati était journaliste, entre autres choses), et les nouvelles tiennent la route grâce aux idées, aux ambiances, aux chutes et aux progressions inexorables....



"Au rendez-vous de la légende alsacienne", par Armand Durlewanger
Recueil de contes, environ 100 pages, mais c'est écrit petit, c'est très dense.
Certains étaient intéressants - j'ai beaucoup aimé le dernier, "L'horloge astronomique". D'autres étaient un peu du roman de chevalerie standard, mais globalement, c'est bien recherché, et c'est parce que ça essaie de tout raconter que ce n'est pas toujours très original - sans compter qu'il y en a 64, la plupart sont courts, sans laisser de place pour les rebondissements. Mais certaines idées, certains détails, étaient nouveaux pour moi.
J'aurais bien aimé, en fait, sans un problème de Author Appeal que j'ai eu. En fait, l'auteur m'a énervée en expliquant dès son introduction qu'il se moquait de la réalité historique, comme les filles des légendes étaient censées être très séduisantes, il préfère les imaginer dans des tenues sexy pour lui. Ben qu'il imagine ce qu'il veut, mais j'aurais préféré qu'il garde ça pour lui ; la prolifération du nombre de descriptions de robes courtes et décolletées avec des cheveux lachés pour des humaines du Moyen-Âge m'a fait grincer des dents, parfois.
Par contre, le dessinateur, qui est dans le style dessins d'enfants, n'a apparemment pas reçu le mémo mini-jupes, et ce n'est pas plus mal...



"Le passeur", par Lois Lowry
Roman pour la jeunesse, environ 250 pages mais c'est écrit gros. J'avais entendu parler de ce livre, mais avant ça, je n'avais pas lu de science-fiction par Lois Lowry, juste des livres pour enfants humour et vie quotidienne, qui sont d'ailleurs charmants ; Anastasia et Caroline sont toujours des personnages pour lesquels je garde une certaine affection.
"Le passeur" se passe dans un futur indéterminé, dans une "utopie" qui est en fait une dystopie subtile, pas de celles qu'on assène à coups de marteau, de celles où on sent que les gens qui ont établi cette société pensaient vraiment faire des gens heureux ; c'est juste que quelque part ça a échoué sévèrement. Les enfants viennent de mères porteuses mais sont élevés dans des "cellules familiales". Les pulsions sexuelles sont chimiquement supprimées, ainsi que toute forme de douleur. L'amour romantique n'existe plus, ainsi que toute forme de sentiment au-delà d'une vague joie et d'une vague amitié, à peine troublés parfois par un vague énervement ou une vague tristesse. Personne ne sait que la mort existe ; quand les gens disparaissent, ils sont "envoyés ailleurs". Les différences entre individus sont réduites au minimum, sauf pour le choix du métier et du partenaire, qui se font en fonction des personnalités et sont établis par les sages.
L'histoire commence quand le héros est choisi pour être le nouveau Gardien de la Mémoire - un métier très honorifique, qui consiste à savoir comment était le monde, avant, quand les couleurs et l'amour existaient. Et comment cela va modifier sa vision du monde, et ce qu'il va choisir de faire.
J'ai trouvé ça intéressant, prenant et agréable à lire, je comprends que ça fasse limite partie du programme obligé en collège aux Etats-Unis. ^^ Par contre, je trouve la fin un peu frustrante à être un "et si..." où ce qui arrivera vraiment est laissé à l'imagination du lecteur.



"La Horde du Contrevent", par Alain Damasio
Roman, environ 700 pages. Il m'avait été conseillé par jainas et izys, aussi je l'avais emmené en vacances, et je ne l'ai pas regretté. Je comptais qu'il me fasse une bonne partie de mon séjour, je l'a fini en quatre jours. J'ai beaucoup aimé.
Ca se passe dans un monde perpétuellement battu par les vents (dans la même direction), et les héros, la "Horde" ont été entraînés depuis leur enfance pour remonter le vent et en trouver la source.
Ce qui m'a plu dans ce livre :
- Les personnages. J'ai un faible pour les personnages ultra-compétents, et j'aime aussi le fait qu'avoir été formés à ça dès leur enfance leur a malgré tout tous pris quelque chose, qui est en quelque sorte ce qu'ils vont chercher au bout du monde. Le côté quête spirituelle et philosophique de la chose qui est très présent sans pour autant prêcher, et a quelque chose d'assez exaltant, même si on se doute depuis le début que la fin ne pourra pas vraiment les satisfaire... Mes préférés sont Oroshi et Pietro, mais en fait ils sont tous bien.
- La cosmologie. L'univers est entièrement centré sur le vent. Ca s'applique aux cultures, aux formes des maisons, mais aussi à la métaphysique - le concept de souffle vital est développé de façon particulièrement originale, aux formes de magie et de surnaturel (j'adore les chrones), aux états d'esprit, au langage...
- D'ailleurs, j'adore tous les jeux de langage de l'auteur. Il invente des mots, ou il fait jouer ses personnages avec... d'ailleurs, au bout d'un certain temps, on n'a plus besoin de regarder quel paragraphe est du point de vue de qui, tellement sa vingtaine de personnages ont tous leur voix distinctive. Je pourrais dire que le style d'écriture est excellent, mais on pourrait presque dire les styles, tellement il est doué de ce point de vue.
En bref, je rejoins le club de ceux qui le recommandent vivement. :-)



"Oriyou et le pêcheur et autres contes de la Caraïbe", par Praline Gay-Para
Encore un livre de contes, environ 100 pages. Les livres de contes de l'Ecole des Loisirs sont courts, mais souvent avec des choix originaux et intéressants. Et effectivement, on a des contes où l'imagerie est très charmante, le langage imagé et soigné, mais souvent les scénarios trop brefs, une ou deux fois au point d'en être frustrants. Il y en a que je n'ai jamais entendues, ainsi que des variations intéressantes.
(Il y en a une avec deux ânes qui décident de se transformer en humains, mais la femelle oublie qui elle est vraiment, son mari doit aller la chercher... et oui, il y a la happy end où ils redeviennent tous les deux des ânes. :-) D'habitude on le trouve plutôt dans l'autre sens. :-) ).



"La maison au bord du monde", par William Hope Hodgson
Un roman fantastique, environ 200 pages, écrit en 1908.
De Hodgson, j'avais déjà lu "Carnacki et les fantômes", un recueil d'enquêtes surnaturelles. J'avais trouvé le personnage principal assez flou, mais le fait que l'auteur alterne entre des histoires vraiment surnaturelles, des histoires de mystifications, et parfois des mélanges plus complexes, m'avait semblé très intéressants. Encore aujourd'hui, je trouve que ça se fait trop rarement dans les séries d'enquêtes surnaturelles.
Enfin, peu importe. Dans "La maison au bord du monde", il y a plusieurs sous-histoires, certains très classiques, certaines très originales, avec une imagerie impressionnante. Malheureusement, elles ne se mélangent pas toujours très harmonieusement et nous laissent dans un état de frustration totale par rapport à la structure de l'univers et de ce qui est vraiment arrivé. Je suppose que c'est volontaire... mais ça reste frustrant.
Attention, la suite va contenir des spoilers, parce que là, il faut que j'en parle !
En gros, l'histoire contient :
- Le "cadre" de l'histoire. Deux randonneurs arrivent dans un village mystérieux, trouvent un fossé très profond et mystérieux, et trouvent un manuscrit mystérieux, qui contient l'histoire telle qu'elle est. Même à l'époque, ce n'était pas original.
- Le narrateur principal est un homme d'âge mur qui vit avec son chien et sa soeur vieille fille. Sa relation avec le chien contient parfois une pointe d'émotion. Sa soeur, jamais. Il vit dans une maison d'architecture étrange. Un soir, il à une vision. Il se retrouve sur une planète lointaine, dans un cratère entouré de statues effrayantes. Au centre, une maison qui ressemble exactement à la sienne, mais de proportions énormes. Dedans, des sortes d'hommes-cochons très effrayants, aux têtes vicieuses. Puis il se retrouve chez lui comme si rien n'était passé.
- Puis, on découvre peu à peu que les bois autour de chez eux contiennent soudain ces monstrueuses choses porcines (qui sont ultra-creepy). Au début c'est subtil, puis ça se poursuit en un assaut de la maison en règle, qu'il réussit à repousser. Finalement, il a de la chance, le puits dont ils sortent se retrouvent inondé.
- Puis il commence à prler dans tous les sens d'un soi-disant amour perdu qu'il aurait retrouvé plus tard dans ses rêves, dans un endroit appelé "mer du sommeil" et situé aux extrmités de l'univers connu. Contrairement au reste du livre, ce (bref) passage est très fragmentaire. L'amour perdu n'a jamais été mentionné avant, le sentimentalisme ne semble pas du tout être le genre du narrateur, au point que je ne sais même pas si c'est vraiment censé être des profondeurs cachées ou plus des faux souvenirs (de la terre) implantés par une vision cosmique, qui, elle, existerait.
- Et puis d'un seul coup, sans justification, le temps se met à passer à une vitesse incroyable. Le narrateur, qui très rapidement meurt de vieillesse et n'est plus qu'une forme astrale, voit de sa chambre le monde évoluer, le climat changer, le soleil s'éteindre, etc... mais sa maison, elle, ne disparaît pas, et les choses porcines font partie de ce futur. Et puis la terre commence à être attirée vers une nouvelle mystérieuse étoile verte, et il revoit le copie immense de sa maison, et on découvre des corps célestes inconnus qui pourraient renfermer des âmes, voire être le paradis, respectivement l'enfer, mais ce n'est pas clair, et là il retrouve son amour cosmique mais seulement temporairement, et puis...
- Et puis c'était un rêve, et tout redevient normal... sauf que son chien, tombé en poussière dans le rêve, est vraiment une poussière. Il achète un nouveau chien, qui reçoit une blessure mystérieuse. En essayant de la soigner, il se fait contaminer - il ne s'en rend pas compte au début, mais cette blessure, d'une part, prend le contrôle de son corps, et d'autre part s'étend et commence à le faire pourrir. A la fin, il entend des craquements venant de la trappe où les choses porcines étaient en théorie noyées... et le manuscrit s'interrompt et on ne sait pas où il est mort.
- WTF WTF WTF !!!
Aucun de ces passages n'est franchement original (OK, celui sur le devenir de l'univers un peu plus, surtout à l'époque), mais le mélange fait se poser des questions de dingue, et je ne suis pas sûre que l'auteur connaisse toutes les réponses. Pourquoi cette maison ? Laquelle est l'originale, laquelle est la copie ? Et que font les choses porcines à l'époque actuelle ? Pourquoi le temps s'est-il mis à acccélerer ? De nos jours, on en attend un peu plus... mais justement, je pense que c'est fait exprès, qu'on ne peut pas, ou moins bien, rendre cette notion de ne rien comprendre aux choses qui nous dépassent dans l'univers, si c'est expliqué, mais quand même, c'est frustrant ! (je l'ai déjà dit)
La façon dont sont décrites l'horreur et l'incompréhension cosmique font parfois penser à du Lovecraft, pour moi, même si c'est antérieur chronologiquement. Mais Lovecraft a en général un érudit dans ses histoires pour donner de minuscules fragments de réponses, et en plus, elles se passent tous dans le même monde, on peut toujours espérer qu'on en saura plus plus tard.
Enfin bon, je ne suis même pas capable de dire si j'ai aimé ou pas (et si vous avez assez lu mon post pour arriver là, vous êtes de toute façon spoilés à mort ^^) Mais si quelqu'un l'a lu et a mieux compris que moi, je ne suis pas contre une explication.



Progression : 46/52
"Risques de lectures" : Le passeur, La Horde du Contrevent, La maison au bord du monde -> 20/26
Tags: comm:50bookchallenge, fandom:conte, fandom:contes français, fandom:mythologie égyptienne, rant:livres, rec:livres
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    The Magnus Archives Falling Lessons (Mike Crew/Dominic Swain, M) [English] Old, Dead Dreams (Georgie&Jon, Georgie/Alex, PG-13) [English]…

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