Les divagations de Nelja (flo_nelja) wrote,
Les divagations de Nelja
flo_nelja

Lecture d'octobre

J'ai passé la fin du mois à me dire "il ne faut pas commencer trop de choses, et si tu n'avais pas fini pour le NaNo, hein ?" ^^



"Aux origines du monde - France" recueillis par Galina Kabakova
Après avoir aimé le tome de récits étiologiques sur la Suède, je me suis lancée dans celui-là, avec en plus l'espoir d'utiliser certaines légendes pour le NaNo. Il a les mêmes caractéristiques que celui sur la Suède : légendes courtes, souvent plusieurs versions de la même, beaucoup de légendes chrétiennes. Globalement, je l'ai trouvé moins poétique, mais plus consistant : plus d'histoires, et plus longues (toujours 200 pages, mais il y a moins de blancs).
J'aime celle qui explique que les ronces tenaient auberge autrefois, mais qu'elles ont été ruinées parce qu'elles faisaient trop crédit, alors elles s'accrochent aux gens pour réclamer leur fric. Et celle qui raconte que les chauve-souris sont en fait des fées métamorphosées !



"Les esprits du monde vert", par Anne Guilhomon-Lamaze
Roman pour la jeunesse, environ 150 pages. Je l'ai pris à la bibliothèque parce que ça se passe en Amazonie ! Avec des créatures surnaturelles locales ! Squee !
L'inconvénient, c'est que pour moi, tout livre sur ce thème se verra automatiquement comparé à "Trois garçons en Amazonie" d'Antonieta Dias di Moraes, ce qui est difficile à suivre, car c'est un de mes livres jeunesse préférés. Alors oui, le surnaturel intervient beaucoup plus directement, la morale "c'est mal de ne pas respecter la nature / les divinités locales" est beaucoup moins subtile, et globalement, dans les passages dans la forêt, on a l'impression, paradoxalement, que le héros est à la fois plus en sécurité et s'amuse moins. D'un autre côté c'est justifiée, il est seul, son oncle est mort au début - par contre c'est fait de façon assez anticlimatique, je trouve.
Par contre, comme c'est écrit pour des français de métropole, c'est clairement plus instructif sur les moeurs des guyanais que ne l'est "Trois garçons en Amazonie" sur ceux des brésiliens. (au point que ça devient presque didactique, parfois). Et ce qu'on peut imaginer des relations entre les différentes divinités quand le héros n'est pas là est assez fascinant. Et puis bon, il y a plein de gens qui aiment les morales écologiques pas subtiles ! Parfois c'est nécessaire, disons !



Aux origines du monde - Contes et légendes de Russie" recueillis et traduits par Galina Kabakova
Et je continue dans la collection ! Encore une fois, beaucoup de contes chrétiens, avec le diable qui apparaît très souvent - he, c'est la Russie ! Toujours le même format, les mêmes caractéristiques - il faudra que j'essaie les contes non-européens de la collection, ça changera un peu ! Pas que ceux-là soient déplaisants, ceci dit. (Oui je suis biaisée, je suis tellement fan de contes des origines...)
Les tavernes sont des morceaux d'un palais du tsar que le diable a fait exploser. La vodka est aussi une invention du diable pour que les pauvres tombent dans le péché (les riches, c'était trop facile, mais le démon qui a eu les pauvres en a bavé avant de trouver ça). Dieu, quand il a partagé les pays entre les peuples, a oublié d'en donner un aux tsiganes, alors ils ont eu toutes les routes.
Oh, il y a même un conte communiste ! Enfin, pas explicitement. ^^ Mais ça raconte comment autrefois il n'y avait pas de soleil, et les hommes grelottaient tous auprès de leur petit feu, et un jour un vieillard a eu l'idée que chacun donne une braise pour un feu commun, et ça s'est élevé dans le ciel et c'est devenu le soleil ! Si ce n'est pas de l'idéologie communiste, ça ! ;-)



"Du domaine" et "Euclidiennes", par Guillevic
De la poésie ! Environ 200 pages. Acheté à la Grande Braderie de Lille, parce que "Euclidiennes" est un recueil de poésie sur les figures géométriques, et je trouve ça juste fun, comme concept !
Finalement, je n'y ai pas énormément accroché, même si j'aime cette réflexion générique (dans Pyramide) "Nous, figures, nous n'avons / Après tout qu'un vrai mérite, / C'est de simplifier le monde / D'être un rêve qu'il se donne."
Par contre, l'autre recueil dans le même livre, "Du domaine", j'ai beaucoup aimé ! C'est un recueil de fragments très courts, un à cinq vers, qui réunis décrivent un domaine, symbolique, réel ou fantastique, peu importe pour moi.
"Dans le domaine que je régis, / On ne parle pas du vent." Il y en a environ 400 comme ça, et on ne peut pas dire qu'il se passe quelque chose, mais il y a des présences obsédantes, comme le vent, l'étang ou la tourterelle, et un glissement, comme si on plongeait de plus en plus profond... à la fin l'ambiance est fermement ancrée, et reste en vous.
"Méfiez-vous. // Les apparences / Peuvent être vraies."



"Les poètes et le diable"
Techniquement, ce n'est pas un livre, c'est un numéro de revue, il y a même des publicités. ^^ Mais bon, ça date de 1980, c'est un petit format broché trouvé dans une bibliothèque, et il y a plus de 80 pages de poésie dedans, alors j'ai décidé de le compter comme un livre. ^^
Trouvé alors que je fouillais la bibliothèque de mon lycée pour voir s'il n'y avait pas une poétesse que j'avais oubliée pour le mème. Et puis bon, comme le diable est un sujet qui m'intéresse...
Ceci dit, j'ai été un peu déçue. La présence du diable est parfois... trop métaphorique à mon goût, disons, apparaissant seulement dans la victoire du corps sur l'esprit, dans la déchéance, dans une certaine forme de sordidité. Je l'aime en tant que personnage et légende, moi !
Ceux où il apparaît effectivement :
"La naissance de Merlin" de Xavier de Langlais est une réécriture littéraire - quoique restant dans l'esprit - des légendes arthuriennes - la version avec le diable, donc. C'est intéressant, mais pas exceptionnel, à mes yeux. Je pourrais lire toute l'histoire, ceci dit, un jour.
Le recueil "Les sales bêtes" de Pierre Chabert mélange des animaux déplaisants existants et des créatures mythologiques effectivement assez diaboliques. "Le lupasco est beau à voir quand au détour d'un chemin il ouvre sa gueule admirable sur un ciel de plein hiver et semble prêt à avaler la plaine et la colline, plus deux ou trois village innocents." J'aime bien.
Oh, et Joyce Mansour, fidèle à elle-même, a des thèmes sexuels, dont des extraits d'un récit sur un personnage qui, effectivement, couche avec le diable après un pacte avec lui. (Un mec à la base, mais l'acte le transforme en fille, de façon plus ou moins métaphorique. Hum. Joyce Mansour, quoi. La fangirl en moi a beaucoup ricané.) D'ailleurs, depuis, j'ai lu et apprécié le texte en entier, "Dolman le Maléfique", chez mon grand-père. Je suis prévisible.
Dans celles qui n'en parlent pas effectivement, j'aime le désespoir viscéral de Jean-Louis Giovannoni. "On a envie de vomir // On se retient // On a peur / Que tout parte avec"



"A book of dreams", par Peter Reich
170 pages environ, recueil de souvenirs. C'est izys qui me l'a prêté, en me disant que c'était très mignon. Elle avait raison. C'est écrit par le fils de Wilhelm Reich, qui était, selon les critères de "Mage: The Ascension", un Son of Ether dans la Vraie Vie. Sérieux. Un savant fou qui a fait de la politique, de la psychologie, a réussi à avoir ses livres brûlés par les nazis, les communistes et les américains, et a développé des théories avancées et très crackpot sur l'énergie vitale, impliquant des soucoupes volantes.
Le livre ne décrit pas les théories en détail ; seulement comment elles étaient vues par l'oeil d'un enfant entre sept et treize ans, mais justement, c'est fascinant comme ça, ce mélange de tendresse familiale et de folie. Et plus tard, quand son père est mort, la façon dont sa vie a été définitivement marquée par lui, comment lui rendre hommage et ne pas avoir honte de lui sans se définir comme "le fils de Wilhelm Reich", et le fait de ne jamais savoir, puisque les recherches ont été enterrées, sur quels point il avait raison et sur lesquels il avait tort... Mais même si une partie du livre nous présente, donc, l'évolution de l'auteur adulte, je trouve que ce sont les souvenirs d'enfance qui sont les plus touchants. Ce n'est pas seulement intéressant parce que c'est vrai. Ca me donne vraiment l'impression que j'aurais trouvé ça touchant et assez fascinant même si ça avait été une oeuvre de fiction ; mais le fait que ce soit vrai ne gache rien. J'aime les aspects oniriques aussi.
J'ai envie de dire que je recommande très vivement à ceux qui s'intéressent au sujet (hum, très restreint) de la vie de famille des savants fous dans la vraie vie ? ^^ Sérieux, j'ai beaucoup aimé.



"Orgueil et Préjugés" par Jane Austen
Ca fait partie des romans que tout le monde me conseille depuis quelques éternités, j'ai l'impression. :-)
Je n'ai pas été déçue ; en fait, je suis rentrée dedans et je l'ai fini en quelques jours. Le style est léger et drôle. J'avais un peu peur, par les vagues bruits que j'avais eus, que ce soit une romance de type "ils ne peuvent pas se supporter, ça veut dire qu'ils s'aiment" avec quiproquos et malentendus à la pelle, mais en fait, pas du tout. C'est la version originelle mais crédible de ce cliché ; il y a effectivement une impression fausse (justifiée) entre le couple principal, mais ça ne donne pas une impression d'acharnement du ciel ni de stupidité de leur part, et en fait, une fois qu'il est constaté que c'en était une, tout le monde agit en adultes matures et responsables, ça fait plaisir !
En fait, pour moi, tout le monde agit presque trop en adultes matures et responsables. L'amour est calme et raisonnable, basé sur une appréciation objective des vertus et autres avantages, c'est la norme. La passion folle n'existe pas, et quand un personnage laisse l'amour l'emporter sur la raison, ça ne prouve pas qu'elle est très amoureuse, mais qu'elle est très stupide. Je n'arrive même pas à savoir si ça brise les clichés ou s'ils n'avaient pas été inventés... Mais c'est presque moins intéressant de voir les personnages agir comme ça quand il n'y a pas de contraste.
Et puis, j'ai parfois un peu l'impression que l'auteur sépare très clairement les personnages entre ceux qu'on doit aimer, et ceux qu'on ne doit pas (qui sont soit stupides et ridicules, soit méchants, soit les deux). Ce n'est pas que je ne sois pas globalement d'accord avec elle... je n'aime même pas les personnages stupides, d'habitude ! Mais là, ils se font tellement basher que ça donne l'impression que c'est le vice ultime, qu'il leur est impossible d'être aimés (même de façon non-romantique) par une personne intelligente, et c'est peut-être un tout petit peu exagéré. ^^;;
J'ai donc quelques petites réserves, mais je dois avouer que c'est très bien quand même. :-)
Tags: comm:50bookchallenge, fandom:conte, rant:livres
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