?

Log in

No account? Create an account
Lectures de juillet - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

[ userinfo | livejournal userinfo ]
[ archive | journal archive ]

Lectures de juillet [Jul. 29th, 2017|09:12 pm]
Les divagations de Nelja
[Tags|, ]


"Gerbert d'Aurillac, le pape de l'an mil" par Pierre Riché
Biographie, environ 300 pages. L'auteur commence par raconter très brièvement toutes les légendes de magie noire qui entourent Gerbert, avant d'expliquer que non seulement elles sont fausses ( ^^;; ) mais en plus elles ne couraient même pas de son vivant. Ce qui est cool car je ne les connaissais pas toutes, ha ha. Gerbert fait partie de ces personnages pour lesquels la fiction est souvent plus amusante que la réalité.
Ensuite, cela reconstitue sa vie, principalement à partir de ce qu'on a gardé de sa correspondance, et d'une biographie rédigée par un de ses amis, ce qui fait une base assez solide. C'est complexe, mêlant des travaux religieux, scientifiques et politiques. Il est remarquable qu'un homme né de famille pauvre soit arrivé si haut dans la hiérarchie. Il y a là beaucoup de talent et un peu d'opportunisme. ^^
Le livre suppose certaines connaissances sur l'histoire du Moyen-Âge acquises, en particulier sur la réforme clunisienne, et je suis restée perplexe sur la succession des papes avant de regarder dans wikipedia et d'apprendre que l'élection par conclave datait du siècle suivant. Je suis toujours très curieuse de savoir dans les détails comment quelqu'un devenait pape à l'époque. Ca manque.
Ma grande frustration sur cette biographie est le manque de travail sur ses oeuvres mathématiques. L'auteur explique que de nombreux traités lui sont attribués abusivement, mais prend moins de temps pour le démontrer, ou même pour en faire la liste, qu'il en a pris pour démentir les nouvelles de collusion démoniaque. C'est bien triste. Je soupçonne le biographe de n'avoir aucune connaissance en mathématiques et de ne pas s'en soucier du tout, ce qui est bien dommage quand on fait la biographie de quelqu'un qui était entre autres mathématicien.
7/10


"Starbright and the Dream Eater" par Joy Cowley
Roman jeunesse, environ 200 pages. C'est de la science-fiction qui commence comme de la fantasy ; il y a une prophétie (expliquée par du voyage dans le temps), et une créature qui attaque les gens dans leurs rêves jusqu'à ce qu'ils ne se réveillent plus (en fait une parasite alien). Le mélange pourrait sembler étrange, sauf qu'avec Doctor Who, j'ai l'habitude de ce genre de science-fantasy.
L'héroïne, Starbright, est une gamine de douze ans qui ne connaît pas la peur, et ne peut donc pas être attaquée dans ses cauchemars. Elle aime inventer des nouveaux mots et explorer son voisinage en mode action (à la grande terreur de ses amis, sa première scène consiste à improviser du saut à l'élastique depuis un pont). Elle est sympathique ! Sa situation familiale est compliquée (elle a été élevée comme la soeur de sa mère qui a été enceinte très jeune), et c'est la partie réaliste de l'histoire (comme si le mélange de sf et de fantasy ne suffisait pas, il y a du family drama ! Qui fait avancer le scénario aussi !)
J'ai trouvé le livre très agréable à lire, prenant, drôle, touchant parfois, et j'aime les histoires de rêves. La fin n'est pas mauvaise en soi, mais utilise malheureusement un trope que je n'aime pas.
7/10


"Poèmes et chansons" par Eugène Pottier
Environ 130 pages, un recueil de textes poétiques par l'auteur des paroles de "L'Internationale". Ce sont des vers du 19e siècle solides, assez classiques, engagés, sans complexité ou envolées trop lyriques, pas à cause de l'incompétence de l'auteur mais parce qu'il s'adresse à l'homme du peuple.
Un document intéressant, pas de la bonne poésie, mais pas mauvaise quand même. Il est à noter que les paroles d'une des chansons, "La crise", se transposent au 21e siècle sans difficulté, c'en serait même un peu inquiétant.
7/10


"Deux ans, huit mois, et vingt-huit nuits" par Salman Rushdie
Roman, environ 300 pages, un roman de fantasy urbaine/réalisme magique où les djinns reviennent sur terre, et où ceux qui veulent faire vivre les humains dans la peur d'opposent à une femme-djinn qui a aimé un humain autrefois. Elle retrouve ses descendants humains et éveille leurs super-pouvoirs... et s'ensuit un combat à la fois mystique et prosaique pendant mille et une nuits.
C'était très sympa, j'aime beaucoup l'écriture, les réflexions philosophiques (je ne suis pas d'accord avec tout, mais c'est toujours intéressant), et le mélange de contes et légendes et considérations contemporaines. Dunia, la femme-djinn, est un personnage sympathique, je suis touchée par sa relation avec son père et ses relations amoureuses, et dans tous les cas elle aurait mérité mieux. J'aime bien aussi Jimmy Kapoor et Rosa Fast.
Dans les points négatifs : Jimmy Kapoor et Rosa Fast, justement (et baby Storm, qui devrait parler à la fin) auraient mérité plus de scènes, plus de développement ! C'était quelque peu frustrant ! Je n'ai rien contre Geronimo, mais il me semble un peu le perso d'identification de l'auteur, et le fait qu'il couche avec trois belles femmes sans effort est toujours un peu affligeant dans ces cas-là. Et surtout, le côté manichéen est un peu triste. La division entre djinns obscurs et djinns de lumière, plutôt que d'avoir juste des djinns qui ont une personnalité individuelle, permet de ne pas de poser de questions éthiques, même dans des cadres où elles auraient pu être là. Je comprends totalement que Rushdie ait envie d'écrire des bouquins où on écrase allègrement et sans remords le radicalisme religieux, mais sur le principe, je pense que le "c'est un salaud mais il est du bon côté", qui s'applique par exemple à Teresa, mérite plus de subtilité.
Enfin, même si ma liste de points négatifs est plus longue, c'était quand même un chouette bouquin. Ca ne vaut pas "Les enfants de minuit" dans la catégorie politique contemporaine avec des super-pouvoirs, mais quand même chouette.
8/10


"Aux origines du monde - Contes et légendes des Philippines" par Maurice Coyaud
Environ 200 pages, dans une de mes collections préférées. Malheureusement je n'avais pas vu que c'était Maurice Coyaud, je n'aime toujours pas ses traductions et leur mélange de langage familier et d'archaïsmes.
Les contes en soi sont plutôt sympa. Comme d'habitude dans cette collection, ce sont surtout des récits des origines, qui sont un genre que j'aime beaucoup. Maurice Coyaud se plaint que la tradition des Philippines ait trop de romance mélodramatique, et trop de récits de création plus domestiques que cosmiques, et il y en a dans le livre, mais il donne l'impression qu'il en a coupé plus, greuh ! Sinon, j'aime bien leur version de Cendrillon. Oh, et il y a une annexe sur les superstitions qui m'a beaucoup plu !
7/10


"Dits de la nuit - Anthologie de contes et légendes d'Afrique Centrale"
Recueil de contes africains, concentré sur quelues pays génériques comme le Rwanda, et intéressant. La première histoire est un récit des origines qui explique pourquoi on ne raconte des histoires que la nuit, et il y a des analyses culturelles pour aller avec. Puis on en vient aux contes eux-memes, des histoires d'animaux, des contes merveilleux, des romances dont certaines sont touchantes... J'ai beaucoup aimé l'histoire du crocodile, et celle de l'origine des moustiques, et il y a aussi une rare description érotisée de héros masculins. Par contre, malgré cette exception, l'ensemble est un peu trop sexiste à mon goût.
7/10


"La nuit" par Gwen de Bonneval et Mike
Environ 70 pages, un recueil de très belles illustrations mélangeant la fantasy et les légendes occidentales traditionnelles. Elles sont accompagnées de textes, certaine sont des légendes traditionnelles ou des poèmes du domaine public, d'autres sont des poèmes écrits par les auteurs eux-mêmes, et franchement, j'aurais préféré qu'ils s'abstiennent. C'est très pédestre. Mais bon, je l'ai acheté pour les dessins et je n'ai pas été déçue.
8/10



Progression : 37/52
Risques de lecture : Gerbert d'Aurillac, Starbright and the Dream Eater, Deux ans, huit mois et vingt-neuf jours -> 21/26



Bonus :


Publications de la Société d'Etudes historiques de la Nouvelle-Calédonie 21 : "Littérature orale - 60 contes mélanésiens de Nouvelle-Calédonie"
Environ 260 pages de contes et légendes recueillis en Nouvelle-Calédonie par cinq persones différentes (dont mon vieil ennemi Maurice Coyaud ;-) ). C'est très intéressant, parfois un peu répétitif parce que c'est un travail scientifique qui compare des versions, en dégage des images communes (j'aime beaucoup celle de la fille qui a un enfant en essuyant son sang sur une feuille), des liens avec les structures sociales actuelles. A la fin, il y a des analyses qui, selon moi, vont un peu trop loin dans l'assimilation de mythes assez éloignés. J'aime beaucoup le chapitre sur les divinités locales, mais il est court. Enfin, globalement, c'était très intéressant avec beaucoup de choses nouvelles pour moi.
7/10


"Savitri la vaillante, conte de l'Inde" par Béatrice Tanaka
Environ 30 pages, un conte adapté en album jeunesse. J'aime beaucoup les illustrations, inspirées par les dessins que les femmes Mithila offrent pour demander un homme en mariage. En particulier, je trouve les buissons du pays des morts, dont les branches ressemblent à des serpents, très réussis. Le conte lui-même est très agréable, avec une héroïne forte (sans pour autant être guerrière) qui a une fin heureuse.
8/10

Cette entrée a été crosspostée au http://flo-nelja.dreamwidth.org/593526.html. Commentez où vous voulez.
linkReply