?

Log in

No account? Create an account
Lectures de décembre - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

[ userinfo | livejournal userinfo ]
[ archive | journal archive ]

Lectures de décembre [Jan. 1st, 2017|07:09 pm]
Les divagations de Nelja
[Tags|]


"Re/member", par Welzard
Roman d'horreur japonais, environ 530 pages. Une des légendes urbaines d'un lycée se révèle vraie : six lycéens ont été "choisis" pour retrouver les huit morceaux du corps d'une camarade tuée par le fantôme meurtrier d'une petite fille. Toutes les nuits, ils se retrouvent dans le lycée à chercher les morceaux, avec la petite fille en question qui essaie de les tuer. S'ils meurent tous, ils se retrouvent au matin du premier jour, et tout est identique, sauf les douleurs de leur mort dans tout le corps...
Je vais commencer par le positif : l'histoire de fantôme est, globalement, tout à fait correcte. Les "règles" qui le font agir permettent d'élaborer des stratégies mais restent très effrayantes, et peuvent surprendre dans des cas inattendus. J'ai bien aimé la fin (qui, attention, est cruelle)
Maintenant, tout le négatif, et cette fois, ça va être long.
Déjà, comme tous les scénarios de boucle temporelle, il y a un effet de répétition qui ne peut être évité. Mais j'aurais pu accepter cela si j'avauis eu de la sympathie pour les personnages.
Et ce n'est pas le cas. Ils commencent avec un trait de personnalité chacun. J'attendais un approfondissement. Qui vient vite : ils ont tous une capacité à être de sérieux connards. Je pense que c'est entre autres dû à la traduction qui traduit par "ami" un terme qui devrait plutôt être "tomodachi", camarade de classe, mais on a l'impression qu'ils se soucient peu les uns des autres, ou qu'ils se soucient très peu de quiconque en général. Et quand l'auteur veut changer cela, qu'introduit-il ? Une romance hétéro, parce que ses personnages n'étaient pas assez cliché comme ça. Le pire étant que l'auteur dit, sincèrement, qu'il a essayé de se mettre dans la peau d'une lycéenne. Il pense vraiment qu'elles ont aussi peu d'individualité et de vie intérieure que ça.
Le problème n'est pas seulement que je ne les aime pas. Le problème est que la façon dont ils sont le cliché du film d'horreur handicape le scénario. S'ils avaient manifesté un peu plus d'intelligence (combien de jour mettent-ils à visiter le lycée de jour ? à faire un plan ?) ou d'empathie (essayer de savoir ce qui est arrivé aux fantômes quand ils étaient encore humains devrait être la première étape dans une enquête comme celle-là, pas la dernière), j'ai l'impression que ça aurait été fini trois fois plus vite. En tout cas, j'aurais certainement plus apprécié ces jours passés en leur compagnie. C'en est même au moint où je pense que je préfèrerais le manga, où on moins on peut imaginer qu'ils ont un peu plus de profondeur.
4/10


"Le tunnel aux pigeons" par John le Carré
Environ 350 pages d'articles autobiographiques par un excellent auteur de romans d'espionnage (et, très brièvement, ex-espion). Certains racontent ses rencontres avec des gens célèbres (politiciens qu'il a rencontrés pour de la recherche sur ses livres, gens du monde de l'écriture, personnes devant lesquelles il s'est rendu ridicule...). Certains sont un peu plus personnels, comme l'histoire de sa jeunesse et de son père. En tout cas, j'ai beaucoup aimé. Il écrit bien, avec un sens de l'humour subtil, un certain humanisme qui se fait une opinion sur les gens en tenant compte des causes qu'ils servent, mais pas seulement de cela, des visions politiques claires sans être partisanes. Je le recommande.
8/10


"Contes et légendes d'Afrique d'ouest en est" par Yves Pinguilly
Environ 230 pages, des contes d'Afrique, qui suivent, comme le titre l'indique, une progression géographique assez régulière du Sénégal à Djibouti. J'aime le choix de contes. La plus grande partie d'entre eux sont originaux, et même ceux qui sont des schémas omniprésents ont leur petite touche spéciale. Même si souvent, les contes animaliers me donnent envie de gifler toutes les parties impliqués, et certains contes (pas tous !) sont un peu sexistes. Le style est littéraire sans être trop difficile et utilise beaucoup de termes africains expliqués dans une annexe. Cela a goût de trop peu, et je compte lire son autre livre de contes africains - mais sur une autre partie de l'Afrique.
Mes préférés : le conte malien sur l'origine de Ségou, avec un instrument de musique qui exauce les voeux, mais une fin tragique. Le conte facétieux du Tchad où tout le monde essaie de se débarrasser d'un cadavre. L'histoire de Bouti de Djibouti, une sorcière cruelle qui a sauvé la ville un jour où elle était droguée et plus tard l'a regrette amèrement.
7/10


"Watership Down" par Richard Adams
Environ 450 pages, roman, un des premiers livres de "fantasy animalière" des années 70. Cela raconte les aventures d'un groupe de lapins qui fuient une garenne qui va être détruite par les humains et partent en quête pour trouver un autre endroit, puis pour s'y établir et y trouver leur place.
J'ai adoré la mythologie des lapins, les contes et légendes qu'ils se racontent. Aussi, le lapin qui a le don de prophétie. Le scénario était bien construit et les personnages étaient sympathiques. J'ai beaucoup moins apprécié le manque criant de personnages féminins (les lapins mettent un peu trop de temps à mon goût à se rendre compte que ça va être dur pour la reproduction).
Il y a des passages cruels, comme ce qui arrive à la garenne qu'ils ont quitté, ou des lapins qui seraient prêts à s'entretuer (sérieusement, les prédateurs ne sont pas toujours les plus grands dangers dans ce monde), mais malgré tout, ça massacrait beaucoup moins que je l'avais craint. (Peut-être parce que je lisais des bouquins comme "les animaux du bois de Quat'sous" quand j'étais petite)
Je comprends totalement pourquoi c'est un classique !
8/10


Progression : 56/52
"Risques de lecture" : Re/member, Le couloir aux pigeons, Watership Down -> 27/26

Cette entrée a été crosspostée au http://flo-nelja.dreamwidth.org/571088.html. Commentez où vous voulez.
linkReply