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Fic - obscur-echange - Mythes celtes - Gwydion/Gilfaethwy - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

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Fic - obscur-echange - Mythes celtes - Gwydion/Gilfaethwy [Dec. 16th, 2015|10:22 am]
Les divagations de Nelja
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Titre : Sept ans plus tard
Auteur : [personal profile] flo_nelja
Fandom : Mythologie celte
Personnages : Gwydion/Gilfaethwy
Genre : Angst
Résumé : Gilfaethwy ressent toujours du désir pour Gwydion. Mais est-ce vraiment lui, ou un reste de la malédiction qui les a unis ?
Rating : NC-17
Disclaimer : Domaine public.
Nombre de mots : ~1800
Avertissements : Le canon a du viol, suivi d'inceste zoophile non-con avec mpreg. Je ne rajoute rien de pire, mais je donne des détails. Après cela, j'espère que la fin moins déprimante ne semblera pas artificielle.
Notes : Ecrit sur le prompt de [profile] galael : Gwydion/Gilfaethwy, dans le sens que tu veux et avec le rating que tu veux ! Ce mythe m'avait frappée dès que je l'ai lu et je serais curieuse de ton interprétation - que tu traites les conséquences de leur malédiction, leur manière de poursuivre une relation plus ou moins dysfonctionnelle, une réécriture moderne... Bref, explore ce qui a piqué ta curiosité, avec le rating que tu veux, et je te suivrai avec plaisir.




Sept ans plus tard, cela lui arrive encore. Gilfaethwy ignore si Math sait, si c'est une composante volontaire de son sort. Il regarde Gwydion - et le plus souvent il ne voit que le frère avec lequel il est le plus complice. Mais parfois, il voit un sourire canaille sur ce menton fier, l'arc d'un bras musclé qui se lève et dévoile son torse, et le désir le prend - le reprend.

Ce fut son châtiment, pour avoir fait violence à Goewin, et le châtiment de Gwydion pour l'avoir aidé en déclenchant une guerre qui a entraîné la mort du roi Pryderi. Tranformés en animaux, ils s'accouplèrent pendant trois années successives. Ils furent forcés, par magie, jamais ils n'auraient voulu cela. Mais à l'automne, la biche qu'était Gilfaethwy avait entendu brâmer les cerfs et avait éprouvé un besoin viscéral de s'accoupler, aussi grande que puisse être son horreur. Si Gwydion, par la force et la ruse, n'avait pas vaincu tous les autres prétendants, Gilfaethwy aurait tout aussi bien accueilli en son corps les autres des animaux, des bêtes brutes. Quand il y pense, il ne sait pas si cela aurait été pire.

Quand il a pris la virginité de Goewin, la plaquant au lit, il a tout fait pour qu'elle en ressente du plaisir, alors peut-être cela faisait-il part de sa punition. La honte de la complicité dans cet acte répugnant, le plaisir bestial marqué en son esprit comme un fer rouge le serait en sa peau.

La seconde année où il était laie et Gwydion sanglier, dès l'automne, il s'était séparé de son frère. Il avait espéré pouvoir être suffisamment éloigné pour résister à l'appel. Après tout, peut-être certains animaux, comme les humains, ne s'acouplaient-ils que quand ils en avaient envie ? Mais dès le début de l'hiver sa bave et ses larmes de besoin coulaient sur les arbres qu'il croisait, et son frère l'avait retrouvé de l'autre bout de la forêt, avait calmé cette terrible soif de le sentir en lui, aussi dégoûté que lui, aussi incapable de contrôler ses actes.

Gilfaethwy lui en avait voulu, pourtant. Comme si son grand frère avait pu le protéger se retenir quand lui en était bien incapable. Gwydion avait été forcé, mais il n'avait pas été pénétré, violé dans ses entrailles... Mais après avoir découvert que son frère s'en voulait aussi, Gilfaethwy avait compris : un autre aspect de la punition de Math.

Lui rendre ce qu'il avait asséné à Goewin, maintenant reine, pour réparation. Gilfaethwy gardait envers elle du ressentiment, pour avoir révélé son outrage sans hésiter. Il ne comprenait pas comment il l'avait un jour aimée.

La troisième année, loup et louve, ils n'avaient pas essayé de se séparer l'un de l'autre, parce que cela avait échoué, parce que cela valait mieux que de s'accoupler avec des animaux réels, et parce que le sort avait fait naître entre eux non seulement un désir sexuel, comme brièvement les autres fois, mais un puissant lien émotionnel qui s'ajoutait à leur relation fraternelle, au point que parfois Gilfaethwy avait tremblé à l'idée que cette affection pourrait leur amour naturel, leur ferait oublier qui ils étaient réellement.

Encore une fois, le rut les avait surpris, au printemps cette fois, alors qu'ils croyaient l'avoir évité. Les deux s'étaient retrouvés se frottant l'un contre l'autre, se mordillant en une sorte de cour, et quand, après le plaisir, leur corps étaiest restés attachés ensemble, les coups de langue affectueux de Gwydion lui avaient semblé aussi nécessaires que son sexe l'avait été quelques instants avant - quand il ne pouvait ni penser à autre chose ni vivre sans.

Math a changé leurs enfants en humains, et les a envoyés vivre au loin dans des nobles familles qui les traitent bien. Ce n'est pas pour cela que Gilfaethwy lui en veut. Il a entendu les plaisanteries, accompagnées de rire gras, indiquant que ses animaux sont les héritiers de Gwydion, n'est-ce pas, ses enfants, mais surtout les enfants de sa soeur. Depuis, il sait qu'il ne doit pas les revoir, qu'il pourrait être violent, que c'est mieux s'ils grandissent loin de lui. Il ne les considère pas vraiment comme ses enfants. Il n'est pas une femme. Mais ils lui rappelleraient qu'il a été pire.

Il ne sait comment il aurait réagi s'ils avaient gardé les formes sorties de ses entrailles, un faon, un marcassin, un louveteau. Hyddwn, Hychddwn, and Bleiddwn. Peut-être aurait-il joué avec eux plus facilement qu'avec des enfants humains, peut-être les aurait-il visés de son arc avant de les dévorer comme il l'a fait de leur placenta.

Et maintenant... maintenant la vengeance de Math est finie. Gilfaethwy, depuis, n'a plus jamais approché une femme autrement qu'avec le plus profond respect, lui demandant à chaque souffle ce qu'elle voulait, et ses maîtresses lui en ont été reconnaissantes. Chaque fois qu'il devient brusque, animal, il se rappelle, et son désir s'effondre, des larmes pointent à ses yeux, durement évaporées en serrant les dents.

Maintenant il désire toujours son frère, sans savoir si cela vient de ses propres entrailles ou de celles d'une bête. Cela n'a rien d'impérieux, comme autrefois, quand il tentait pendant plusieurs minutes de résister en s'entaillant la peau de ses jambes et l'intérieur de sa bouche. Il peut sans difficulté ignorer l'appel. Il lui semble n'avoir fait que cela, ces sept dernières années, et il n'y a pas de saison d'été pour lui offrir un répit. Sa bouche s'assèche, son désir se tend.

Il tente de se rappeler : a-t-il voulu cela, avant ? Ou son attirance pour son frère était-elle, comme il le croit, admiration devant sa force et son intelligence, envie de lui ressembler, fierté de leur lien unique qui excluait leurs autres frères et leur soeur ? Comme il est difficile de se souvenir de ses pensées d'innocence...

Gilfaethwy ne s'est jamais beaucoup soucié des règles, et Gwydion non plus. Il commettrait avec plus de plaisir que de honte le crime de l'inceste, s'il était certain que c'est son désir à lui - et pas celui de Math. S'il était certain de ne pas susciter de dégoût supplémentaire chez Gwydion...

Mais les sept ans qu'il s'était promis se sont écoulés, et il a grandi. Il n'a plus besoin que Gwydion fasse tout à sa place, il est capable d'improviser, même avec lui. Aussi, le lendemain, il l'invite dans ses appartements.

Il reçoit son frère sans le moindre serviteur ou allié, et entièrement nu. L'anticipation combat l'anxiété pour tenter de tendre son membre viril, mais pour l'instant il parvient à cacher son état. Courtoisement, comme si de rien n'était, il mène son frère vers la collation qu'il a préparée - rien que de très ordinaire, un repas qui n'est ni romantique ni luxueux. Puis, il l'invite à une partie d'échecs.

Gwydion l'éloquent se retrouve dans une situation où il n'ose même pas faire une remarque ou interroger, et Gilfaethwy s'en amuserait, si c'était une plaisanterie gratuite, si l'enjeu n'était si pressant. Il observe le regard de son frère, observe où il se place sur son corps. Au fur et à mesure que sa peur s'estompe, au fur et à mesure qu'il lit le regard de son frère - pas méprisant, mais intrigué - son érection s'affirme. Gwydion n'y réagit pas, mais Gilfaethwy repère des coups d'oeil subtils, comme pour s'assurer de ce qu'il voit. Et il perd aux échecs, ce qui est bien la preuve de son manque de concentration.

Gilfaethwy se sent presque bien ainsi. Il a préparé tous les mensonges nécessaires si cela tournait mal, toutes les malédictions et les geass imaginables, toutes sauf celle qu'il soupçonne d'encore les frapper.

La partie se finit enfin par une défait cuisante de Gwydion. Gilfaethwy quitte le tabouret, s'installe près de lui sous le canapé, et commente la partie en se frottant contre lui. C'est un test, se dit-il. Il a besoin de savoir. C'est l'ignorance qui le ronge.

"Tu n'as pas d'honneur !" s'exclame Gwydion. Un mépris réel serait un échec cuisant, mais le ton est amusé et féroce.

"Tu savais déjà cela." répond Gilfaethwy, réconforté par l'érection visible de son frère. Il n'est pas certain duquel des deux il se venge en reprenant l'initiative, de Math ou de Gwydion. Il regarde son frère dans les yeux. "Pourtant, il ne se passera que ce que tu veux, ce qui est une belle offre de la part d'une crapule."

Plus jamais quoi que ce soit sans le consentement de son partenaire. Même lui, même si son désir est factice, peu importe finalement. Il a attendu sept ans afin d'être certain qu'il pouvait y résister.

"Si tu continues, je pourrais te prendre au mot." répond Gwydion, les yeux pétillants. Mais il ne bouge pas, et c'est Gilfaethwy qui doit lui dire, à l'oreille, pour être plus prêt. "Vas-y."

Il s'est préparé au pire. Au retour de tous les souvenirs. Mais leurs mains s'attisent mutuellement, leurs sexes se frottent, personne ne prend personne cette fois. Son corps est différent, son esprit est différent, plus encore que les animaux l'étaient les uns des autres, et surtout il veut cela. Peu importe si c'est la faute de Math. Si oui, c'est ce qui lui offre la réciprocité. Le désir est toujours absurde, pense Gilwaethwy, repensant à Goewin, toujours une forme de magie. L'important est qu'ils l'aient choisi. S'enlacer sous forme humaine, dans un corps viril, n'est pas un piège mais une liberté, un souvenir de plaisir plus violent pour estomper tous les autres.

"As-tu voulu cela avant aujourd'hui ?" demande Gilfaethwy. "Parfois." répond Gwydion, marquant bien qu'il ne lui racontera pas les détails et n'est pas intéressé de les entendre, que leurs corps parlent mieux ; c'est un peu amer.

Enfin ils se quittent, avec des promesses d'affection fraternelle et un peu plus. Ce n'est pas quelque chose dont ils vont parler. Ils gardent leurs maîtresses, et se refusent à penser que quelque chose pourrait changer. Mais c'est un crime joyeux qui les unit maintenant, pas un secret qui les détruirait.

Ce soir-là, Gilwaethwy envoie trois lettres aux trois hôtes de ses enfants, pour demander ce que deviennent ces prétendus cousins. Il ne demande pas à les faire revenir. Il craint toujours ses réactions s'il venait à les voir.

Les réponses sont encourageantes. Oui, les enfants aiment courir dans la forêt, oui, le louveteau est un grand guerrier, le faon fier, le marcassin violent. Mais ce sont aussi des jeunes hommes au beau visage, avides de savoir, et des fiertés du pays de Galles.

Il n'est pas étonné - mais ses interlocuteurs si - de savoir que Gwydion, par un autre messager, a envoyé de semblables courriers exactement le même soir.



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