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Lectures d'octobre - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

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Lectures d'octobre [Nov. 1st, 2015|09:24 pm]
Les divagations de Nelja
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"Haiti soleil noir", par Nick Lake
Roman young adult, environ 360 pages. Shorty est un gangster du pire ghetto d'Haïti, c'est aussi un ado qui n'a pas 16 ans. Il se retrouve pris dans le tremblement de terre de 2010, et alors qu'il souffre de la soif et de la solitude sous les gravats, il se met à avoir des visions de la révolution haïtienne.
J'ai entendu des gens dire que pour eux les deux parties étaient liées de façon très artificielle. Je pense qu'ils disent ça parce qu'ils cherchaient un roman réaliste, et que le lien entre les deux époques est lié au vaudou, en mode réalisme magique. Ceci dit, j'ai moi-même un reproche à faire, c'est qu'il y a une différence de traitement dans les deux époques, dans le sens que le présent est très moralement ambigu, alors que le passé (et le personnage de Toussaint) est encore plus manichéen qu'il l'était en vrai (et une révolte d'esclaves, ça laisse assez peu de doutes sur qui a raison). Cela reste une lecture tout à fait agréable, j'ai aimé le traitement du vaudou, j'ai aimé comment l'auteur montre la pauvreté dans Haïti contemporaine (même si je ne sais pas à quel point c'est simplifié/biaisée politiquement). Le style d'écriture n'a rien d'inoubliable mais se lit agréablement.
7/10


"Jeune poésie d'Irlande : Poètes du Munster 1960-2015 : anthologie bilingue anglais-gaélique/français", compilée par Paul Bensimon et Cliona Ni Riordain
On a donc une anthologie d'un peu plus de 400 pages (en comptant deux fois les poèmes en bilingue) avec 26 poètes différents, donc certains sont nés juste avant la 2e guerre mondiale et d'autres me semblent des petits jeunes. :-)
Je ne saurais juger le choix des auteurs, vu qu'avant de lire ce recueil, je ne connaissais rien à la poésie irlandaise. Mais j'ai bien aimé la sélection, et les petites biographies d'auteurs qui expliquent lesquels étaient liés, ont collaboré aux même journaux, etc. Cela décrit en particulier les différences entre écrire en anglais, et écrire en gaélique, qui est une langue minoritaire.
Je n'ai pas aimé tous les poèmes - c'est rare, dans une anthologie - mais il y en a quand même qui m'ont touchée, et même si on a un petit nombre de poèmes par poète, cela permet quand même de saisir leur individualité à chacun et d'avoir des préférés (les miens : Eilean Ni Chuilleanain, Bernard O'Donoghue, Gregory O'Donoghue, Nuala Ni Dhuomhnail, Theo Dorgan)
Même si les vers sont libres et (je crois) plutôt modernes, et les métaphores parfois audacieuses, il y a beaucoup de thèmes assez classiques comme la nature ou les liens familiaux. Dans une moindre mesure, cela parle aussi du langage, de la mort, de la politique, et d'amour. Moins de légendes et d'histoire irlandaise que j'espérais, même s'il y en a quand même un peu.
Je ne parle pas du tout le gaelique mais un peu l'anglais, et globalement la traduction me semble bonne, à part trois ou quatre endroits où je suis restée perplexe.
Globalement, c'était une anthologie très agréable à lire !
7/10


"From the Dust Returned", par Ray Bradbury
Environ 200 pages, et c'est un roman, ou pas vraiment, presque plutôt un recueil de nouvelles qui se suivent chronologiquement, et avec des personnages en commun. Certaines se tiennent très bien à part et ont d'ailleurs déjà été publiées à part. D'autres servent de "liant" et en général elles sont poétiques mais il ne s'y passe pas grand chose. Personnellement, j'ai beaucoup aimé ce mélange. Cette famille de morts, d'immortels et de surnaturels, inspirée par la propre famille de Bradbury, marche très bien comme ça, avec chacun qui a son histoire et juste les petites anecdotes à la fois quotidiennes et très bizarres. En fait, la tentativé d'imprimer un mouvement, avec l'idée que les créatures surnaturelles disparaissent parce qu'on n'y croit plus, est probablement ce que j'ai le moins aimé dans le recueil, même si elles sont nécessaires pour une des nouvelles individuelles qui est émouvante même si énervante par ses clichés (ouarf les clichés sur les français). L'écriture de Bradbury est toujours superbe, mais j'aurais sans doute préféré une autre fin.
7/10


"Cassell's Encyclopedia of Queer Myth, Symbol and Spirit", par Randy P. Conner, David Hatfield Sparks et Mariya Sparks
J'ai acheté cette encyclopédie pour me donner des nouvelles idées de contes LGBT, ha ha, et je n'ai pas été déçue. Je n'ai pas lu toute l'encyclopédie, techniquement. Comme le titre l'indique, c'est sur la spiritualité LGBT et cela inclut à la fois les histoires de dieux et de héros pas tout à fait hétéro, mais aussi les rituels en ce qui concerne la prêtrise, ou les occultistes ou auteurs en rapport avec le spirituel contemporains et queer. A part les articles de la première catégorie ou les auteurs qui m'intéressaient particuièrement, je n'ai fait que survoler.
Le but est de montrer que l'existence d'une spiritualité LGBT n'est pas quelque chose de moderne et de lui donner une histoire dans laquelle s'enraciner. Personnellement, j'ai deux reproches à faire, d'abord l'usage daté de "transgendered" qui m'a fait bizarre plusieurs fois (mais ce n'est pas la faute des auteurs, fin du 19e siècle, etc), ensuite le fait que quand ils mentionnaient un dieu ou un héros dans une situation homosexuelle, ils omettaient entièrement de dire si c'était une grande part de son histoire ou une petite part, si c'était l'interprétation dominante ou une interprétation secondaire, etc. Et comme la bibliographie est "en bloc", pas article par article, ce n'est pas évident à retrouver.
Mais j'ai quand même appris plein de trucs !
7/10


"The Beggar Queen", par Lloyd Alexander
Le troisième et dernier tome de "Westmark", une trilogie de fantasy pour enfants que j'apprécie en ce moment. Environ 240 pages. A l'époque, la littérature jeunesse n'était pas forcément aussi détaillée et profonde niveau exploration psychologique que maintenant, surtout qu'il y a beaucoup de personnages, mais niveau action, elle avait vraiment un rythme de dingue, on ne s'ennuie pas une seconde. Même dans les passages où on attend que quelque chose arrive, d'autres choses intéressantes arrivent entre temps ! Mais j'aime toujours autant les personnages (et ça n'en tue pas autant que je craignais, même si c'était triste) et surtout j'aime la fin de l'arc politique. C'était déprimant mais très satisfaisant, et je comprends mieux pourquoi ça se fait comparer à Les Misérables.
8/10


"Lolita", par Vladimir Nabokov
Environ 500 pages, un des livres culte de ma soeur que je me suis enfin décidée à lire, dans la traduction qu'elle m'a recommandée (pas la dernière sortie). J'ai trouvé ça magnifiquement écrit. Et je dois reconnaître que l'auteur rend très bien le désir et l'obsession. Sinon, même en dehors de ses activités pédophiles, j'ai envie de baffer le narrateur qui n'arrête pas de nous répéter que contrairement aux gens qui l'entourent il est beau, intelligent, cultivé, et il a tellement de sens moral qu'il ne tue en général pas les gens même quand il en a envie. Mais je pense que c'est fait exprès ? Pareil pour le fait que la personnalité de Lolita semble si superficielle, c'est une question de Unreliable Narrator, la fin le laisse entendre de façon nette ? Ca n'a toujours pas été une de mes révélations littéraires, ceci dit, j'aurais dû le lire plus jeune.
7/10


"Dehors ! Les héros sont A.J.T", par Yak Rivais
Environ 150 pages, le 3e tome (je crois) de réécriture des contes avec des contraintes stylistiques de Yak Rivais. J'ai été déçue par rapport aux deux premiers tomes, que j'adore toujours. Déjà il n'y a plus l'explication de l'histoire des figures de style en question (ce qui est normal, car pour la plupart elles ont déjà été utilisées dans un des deux premiers tomes, ça se répéterait) ni les injonctions à essayer aussi (idem). Mais cela restait rigolo quand même !
6/10


"Dipper's and Mabel's Guide to Mystery and Nonstop Fun!" par Rob Renzetti, Shane Houghton et Stephanie Ramirez
Environ 150 pages, un livre-jeu rédigé par les jumeaux et quelques invités spéciaux. Je ne suis pas objective, OK ? Je suis à fond dans cette série. La relation fraternelle entre les deux "narrateurs" me fait couiner. J'ai ri tout le temps, et j'ai été appréciative de chaque nouveau bout d'information que je pouvais considérer comme canon. Bien sûr que je le recommande aux fans de la série (et bien sûr que je ne le conseille pas du tout aux autres).
8/10


La conspiration des dieux 4 : "L'ultime trahison", par Richard Normandon
Environ 150 pages, le dernier tome. Je dois avouer que cette série m'a bien baladée. Depuis une enquête policière "la Pythie a été assassinée", elle plonge naturellement dans l'apocalyptique. Je pense que je devrais apprécier cela plus que je le fais, et je n'avais pas deviné la fin du tout (ni quelle serait cette trahison). Mais je n'ai jamais réussi à accrocher au personnage principal, Phaeton, ni à leur représentation des dieux. Les surprises et les moments de froide horreur sont donc tout ce qu'il y a de positif pour moi. Je dirai donc que c'est une série intéressante, mais, pour moi, de loin.
6/10


"Pénélope", par Isabelle Wlodarczyk
Environ 50 pages avec des illustrations, un livre de la même collection que celui que j'avais lu sur Gavroche, qui se propose d'adapter les classiques pour les tout petits enfants. En tout cas, c'est un point de vue très original sur l'Odyssée, et j'ai aimé retrouver des passages qui n'y sont même pas, comme le mariage d'Ulyse et Pénélope en premier lieu, ou le moment où Ulysse fait semblant d'être fou pour ne pas partir. Leur Pénélope est charmante, pas très approfondie malgré l'occasion, mais he, c'est un livre pour enfants ! J'aurais aimé que ça insiste plus sur le côté rusé qu'elle partage avec son époux, mais c'est juste moi. Cela m'a fait plaisir de le lire.
7/10


Progression : 88/52
Risques de lecture : Haïti Soleil Noir, Jeune poésie d'Irlande, From the dust returned, Lolita -> 32/26

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Comments:
[User Picture]From: petite_dilly
2015-11-01 08:45 pm (UTC)
J'avais lu Lolita quand j'avais 18 ans et adoré ! Et effectivement le roman est vraiment écrit à travers le point de vue d'un seul personnage, et il y a énormément d'ironie... Pour ce qui est de Lolita il me semble qu'il y avait plusieurs détails (en plus de la fin) qui montraient qu'elle n'était effectivement pas complètement superficielle, même si lobotomisée par la société américaine de l'époque...

(Reply) (Thread)
[User Picture]From: flo_nelja
2015-11-01 08:51 pm (UTC)
Je veux dire, même le côté lobotomisé par la société, c'est du point de vue du narrateur. Il trouve ça inadmissible qu'elle aime le théâtre, par exemple ^^
(Reply) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: petite_dilly
2015-11-01 09:03 pm (UTC)
Je pensais plutôt à son addiction à la consommation à vrai dire...
(Reply) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: flo_nelja
2015-11-01 09:04 pm (UTC)
Oui, alors que ça, c'est lui qui l'encourage pour avoir du cul...
(Reply) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: petite_dilly
2015-11-01 09:15 pm (UTC)
C'est sûr que c'est gonflé de sa part de lui reprocher ! Il y a aussi le fait qu'à un moment elle n'a rien d'autre à faire pendant qu'ils voyagent... Mais j'avais quand même eu l'impression que c'était une tendance présente dès le début chez elle, et que l'auteur voulait vraiment montrer la spécificité de la société américain à cette époque par rapport à la vieille Europe (qui ne connaissait pas encore ça à cette échelle).
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[User Picture]From: master_of_mad
2015-11-04 10:17 am (UTC)
Ah Bradbury ! J'adore cet ouvrage, même,si la fin est un peu accessoire je trouve.

Y'en a pleins d'autres à lire, mais clairement il excelle dans les nouvelles je trouve.
(Reply) (Thread)
[User Picture]From: flo_nelja
2015-11-04 10:28 am (UTC)
Ouais, et j'adore l'idée de "Plein de nouvelles qui forment un roman". Mais celle-là reste beaucoup moins bien structurée que Chroniques martiennes. Même si les thèmes étaient encore mieux partis pour me plaire :-)
(Reply) (Parent) (Thread)
[User Picture]From: master_of_mad
2015-11-05 10:36 am (UTC)
En effet! Pour ma part j'ai préféré les Chroniques martiennes, mais les deux sont biens. C'est vrai que le thème de "De la poussière à la chair" en fr est vraiment cool, apparement c'était aussi un fan de la famille Adams.

Les recueils de nouvelles comme l'homme Illustré aussi sont vachement bien, si ça t'intéresse. =)

(Reply) (Parent) (Thread)