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Lectures de juillet - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

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Lectures de juillet [Jul. 30th, 2015|06:51 am]
Les divagations de Nelja
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"Refanut, le navire fantastique", par Zacharias Topelius, illustrations de Philippe Dumas
Un petit conte du 19e siècle réédité seul, avec des illustrations modernes. L'histoire d'un troll qui, pour épouser la fille d'un avare, envoie le plus grand navire du monde faire du commerce. Au début il y a une certaine poétique de l'excès, mais je l'ai vite trouvée remplacée par de la satire pure. Les personnages sont creux, et la résolution basée su un coup de théâtre assez mal amené. C'est dommage, le style est drôle, il y a plein de bonnes citations potentielles, et la fin a quelque chose de poétique, mais j'ai été globalement déçue.
5/10


"Heliogabale ou l'anarchiste couronné", par Antonin Artaud
Pour la catégorie "Un livre en rapport avec la révolte" de bingo_livres
Environ 150 pages avec les notes, un livre sur l'empereur Heliogabale. Selon un paradigme moderne, Heliogabale était probablement une femme transexuelle, mais pas selon le paradigme standard dans les années 30, époque de l'écriture, ni dans les opinions très différentes d'Antonin Artaud.
Dans la première partie, il se concentre sur l'histoire familiale d'Héliogabale, et le "berceau de sperme" dans lequel il a été conçu. Dans la seconde, il se lance dans des théories théologico-philosophiques bien fumées sur l'opposition éternelle du principe féminin et du principe masculin en religion, par lequel il explique l'ambiguité sexuelle d'Heliogabale. Dans la dernière partie, enfin, la plus longue, il raconte la vie d'Heliogabale, et interprête certains des actes les plus subversifs de son règne à la lueur d'une idée personnelle de "l'anarchie", lui vouant apparemment une grande admiration.
Je ne suis pas toujours d'accord avec cet auteur - en fait, rarement - mais paradoxalement j'aime observer ses idées, la façon fulgurante dont il les lance, son langage. La recherche qu'il a faite est aussi très intéressante, et me donne envie de lire les biographies qu'il fustige parce que seulement portées sur l'anecdote. Avec ne telle personnalité, même des anecdotes sur Heliogabale seraient intéressantes.
8/10


"Les âmes du Purgatoire" et "Tamango", par Prosper Mérimée
Deux longues nouvelles publiées individuellement, et qui ont fini de me convaincre que Mérimée n'était vraiment pas ma came.
"Les âmes du purgatoire" est une fanfiction sur Dom Juan, environ 70 pages, plus quelques bonus de dossier. Les bonus racontent qui est ce second Dom Juan "de Marana", en réalité nommé Dom Miguel, qui fut tellement marqué par la pièce d'origine qu'il en imita le personnage (avant de se repentir dans ses vieux jours) et que ses frasques elle-mêmes influencèrent la légende d'origine. On n'a pas la mise en abîme ici, juste une histoire fantastique de corruption (par un homme qui est peut-être le fils du diable) puis de rédemption spectaculaire, avec quelques romances (très bof), des combats de cape et d'épée (sympa) et un élément fantastique que j'ai trouvé réussi. Par contre, je n'arrive pas vraiment à croire à la rédemption présenté et c'est plutôt dommage.
"Tamango" est l'histoire d'un marchand d'esclaves noir, lui-même trompé et emmené en esclavage. C'est très cynique et sans concessions comme histoire, réaliste en un sens, mais cela m'empêche d'avoir de la sympathie pour un quelconque des personnages, et je n'aime pas du tout l'écriture des autres esclaves. Par contre, dans mon édition, le dossier est plus long, et il était vraiment très intéressant, mais je ne le compte pas dans la note.
6/10 + 5/10


"Le chant des fées", par Sylvie Folmer
Recueil de contes, environ 230 pages. Sylvie Folmer - je le savais, ce n'est pas le premier livre que je lis d'elle - raconte très bien. Son style est à la fois poétique et concis, elle réussit à adapter les contes sous un jour qui nous les fait paraître merveilleux et positifs même quand on a déjà lu une autre version où on a trouvé que les personnages étaient antipathiques, ou où on avait trouvé la morale déprimante.
Je n'ai que deux petits reproches à faire au recueil, tous les deux subjectifs : d'abord, alors que la préface nous dit avec raison, que les fées sont de tous les pays, le livre est un peu trop européano-centrique, avec plus de contes de France que de contes hors-Europe ! Et ensuite, j'aime les contes où on les voit comme imprévisibles, chaotiques, moralement ambiguës, et parfois cruelles. Il y en a quelques-uns, mais le livre se concentre surtout sur leur côté lumineux.
8/10


"Contes et légendes du canton de Talmont St-Hilaire", par Jean-Loïc Le Quellec
Environ 60 pages qui recensent les contes et les légendes d'un petit coin de Vendée (St-Hilaire la Forêt, Talmont St-Hilaire, Avrillé, Grosbreuil, Le Bernard, Longeville, Poiroux, et enfin Jard-sur-mer et St-Vincent sur Jard - c'est chez moi). Le recueil tente d'être aussi exhaustif que possible, aussi, à quelques exceptions près (légendes recueillies personnellement par l'auteur) on n'a qu'une version abrégée bien tentante, suivie d'un lien dans la copieuse bibliographie (plus de 50 livres et articles).
C'est bien pour faire du tourisme ou pour chercher des références, mais à lire en soi c'est un peu frustrant.
6/10


"Le roi s'amuse", par Victor Hugo
Une pièce de théâtre, environ 120 pages dans mon édition qui a en plus le détail de ce qu'Hugo a écrit pour défendre sa pièce interdite. Le sujet : Triboulet, bouffon de Francois Ier, l'encourage au vice, et cela se retourne contre lui quand le roi séduit sa fille. Triboulet est à la fois détestable et presque sympathique, en tant que bouffon il a de très bonnes répliques, qui sont drôles, et quand on se rend compte qu'il se bat pour rester drôle quand il va très mal, deviennent touchantes, même en étant méchantes. Par contre, les autres personnages, surtout sa fille et le roi, sont un peu fades (sauf l'assassin, lui je l'aimais bien, et sa soeur aussi, mais comme il se passe des choses qui ne me plaisent pas par leur faute, je n'adhère pas entièrement). Le scénario n'est pas mal fait mais a quand même peu de surprises - ou peut-être que j'ai cette impression parce qu'il le spoile dans la lettre de défense, qui est placée au début. Pas une des meilleures de l'auteur.
7/10


"Une ville pour le vent qui passe", par Hélène Cadou
C'est un long poème, mais un livre très court : une trentaine de pages de vers très brefs. J'aime bien l'imagerie de cette ville autrefois florissante et aujourd'hui fntôme, réveillée par une unique femme. Mais dans les vers il y a des moments qui ne m'ont pas plu, les répétitions de "pourtant" qui m'ont semblé presque maladroites, quelques choix de mots, donc cela me laisse une impression de poème qui aurait pu être meileur - aussi, la fin est un peu rapide.
6/10


"Mistborn 1 - The Final Empire", par Brandon Sanderson
Roman, que j'ai lu en bordel entre trois éditions (toutes en VO), qui varient entre 450 et 650 pages. Cela se passe dans un univers très dark fantasy, avec une dictature, un monde dévasté, et un système de magie très intéressant, original et cohérent, basé sur le métal. L'héroïne, Vin, fille d'un noble et d'une prostituée, a hérité des capacités secrètes que seuls les nobles ont, et elle est engagée dans un groupe de voleurs dont la mission est carrément plus risquée que d'habitude : renverser le gouvernement (et voler le trésor du Lord Ruler en passant).
Les personnages sont intéressants, même si j'ai trouvé que l'héroïne manquait d'agency au début. Certains appellent à être plus développés, mais c'est une des raisons pour lesquelles il y a un tome 2 (une autre étant que le scénario en donne très envie, on a parfois si envie de savoir la suite qu'on n'accorde pas toute son attention à ce qu'on est en train de lire). Même si le monde est très dark, la sensation d'émerveillement alors que Vin découvre ses pouvoirs est très belle. Le monde est bien conçu, le scénario bien construit, et j'aime le fait que ce soit les héros qui agissent et le méchant qui réagit, et que ce soit vraiment une histoire de changer le monde et de lutte contre le pouvoir en place. La romance est choupi et sans triangle.
En fait mon premier problème avec cette série est de Hype Backslash - on m'en a dit tellement de bien que je m'attendais à encore mieux - et le second est que c'est encore un univers où tout le monde est blanc et hétéro (le premier point est assez frappant quand une révolte d'esclaves est centrale) et aussi, malgré la présence d'une femme en personnage principal et le fait que les pouvoirs ne favorisent pas un genre ou l'autre, vraiment très masculin.
8/10


Progression : 51/52
"Risques de lecture" : Heliogabale ou l'anarchiste couronné, Le roi s'amuse, The Final Empire : 22/26
Bingo-livres : 25/25


Bonus


"L'Iliade et l'Odyssée", par Soledad Bravi
Pour la catégorie "Un livre dont vous connaissez déjà la fin" de bingo_livres
Bande dessinée, environ 200 pages. Le livre raconte l'Iliade et l'Odyssée, découpées en petites phrases, chacun accompagnées d'un dessin humoristique. Ou plutôt, il raconte la Guerre de Troie et le retour d'Ulysse : c'est un peu différent quand certaines parties comme la chute de Troie sont mies dans l'Iliade pour garder la chronologie, et quand les parties moins connues comme le voyage de Télémaque sont carrément coupées. En bref, ce n'est pas ce livre qui contribuera à briser les idées reçues sur ce qui est effectivement contenu dans ces livres.
A part ça, cette adaptation des légendes est plutôt fidèle et sans grandes originalités ni trahisons - et le dessin ainsi que le vocabulaire moderne m'ont fait sourire mais pas rire franchement. Une lecture agréable, mais pas une qui me marquera.
6/10


"Jackalope Wives", Ursula Vernon
Une nouvelle qui a gagné le prix Nebula cette année, lisible gratuitement en ligne. Cela a l'air de raconter l'histoire d'un jeune homme qui veut une "jackalope wive" (l'équivalent dans cet univers des Selkies, mais avec des Jackalopes au lieu de phoques), mais en fait, c'est l'histoire des femmes de cet univers. J'adore comment sont écrits les différents animaux mythiques, brièvement mais de façon frappante, et j'ai adoré le style d'écriture, et j'ai été surprise par la fin même si après coup j'aurais dû le voir. Recommandé !
8/10


"Les rêveurs lunaires", textes de Cedric Villani, illustrations de Baudoin
Bande dessinée, environ 200 pages qui présentent quatre personnages historiques ayant joué un rôle important dans la seconde guerre mondiale, le plus souvent scientifiques : Werner Heisenberg, responsable du programme atomique allemand, Alan Turing, qui a décrypté les codes allemands, Leo Szilard, qui a découvert la réaction en chaîne, et Hugh Dowding, organisateur de la Bataille du ciel en Angleterre.
Elle prend le personnage à un moment-clé de sa vie - à l'explosion de la première bombe, au suicide de Turing, au traitement expérimental du cancer de Szilard, au film tourné sur la vie de Dowding - et les fait méditer sur leur vie, leurs idéaux, leur science, leur rôle.
Le tout est très bien documenté. Certains choix sur leurs pensées sont parfois subjectifs, mais une postface de Cedric Villani explique les choix de façon très intéressante. Cela m'a rendu tous ces gens sympathiques et humains, et j'aurais pu en être méfiante, si je ne savais par la biographie de Turing que au moins dans un des quatre cas rien n'est biaisé. C'est donc dû au choix du sujet, pas seulement à la narration.
J'ai trouvé ce livre un peu difficile d'accès, mais pas négativement. Je l'ai lu lentement, peu à peu. La science est simplifiée mais reste un peu ardue.
Les dessins de Baudoin sont très intéressants, avec des images qui répondent au texte sans le répéter. On peut ne pas apprécier le trait - personnellement, ce n'est pas mon préféré - mais c'est bien fait, et je suis impressionnée par la façon dont les styles de dessins sont subtilement différents les un des autres, pour les quatre personnages présentés comme pour les dialogues entre Baudouin et Cedric Villani qui ponctuent le livre. Par exemple, les pages sur Turing sont tout en aplats, celles de Szilard en hachures nerveuses.
9/10

Cette entrée a été crosspostée au http://flo-nelja.dreamwidth.org/526275.html. Commentez où vous voulez.
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Comments:
[User Picture]From: fyin
2015-07-30 04:16 pm (UTC)
J'ai bien aimé Mistborn mais de Brandon Sanderson, je te conseille plutôt Stealheart. Un univers de superhéros où tous les gens qui ont des puvoirs... sont en fait méchants. Il n'y a pas de superhéros, seulement des supervillains :)
Seulement deux tomes sur trois sortis pour la trilogie, cela dit.
Je trouve le personnage principal plus... "humain", du coup ça rend le plaisir le lire, on se concentre un peu moins sur le scénario (tout de même très bien construit, et l'univers est original!).
(Reply) (Thread)
[User Picture]From: flo_nelja
2015-07-30 05:16 pm (UTC)
Ben je ne sais pas, j'aime bien Vin et les persos en général, ce n'est pas un problème de personnages que j'ai. J'aime quand ça se concentre sur le plot ! Ceci dit, je pourrait essayer aussi.
(Reply) (Parent) (Thread)