?

Log in

No account? Create an account
Lectures d'avril - Les divagations de Nelja [entries|archive|friends|userinfo]
Les divagations de Nelja

[ userinfo | livejournal userinfo ]
[ archive | journal archive ]

Lectures d'avril [Apr. 30th, 2015|01:17 pm]
Les divagations de Nelja
[Tags|, ]


"Cent ans de solitude", par Gabriel Garcia Marquez
Pour la catégorie "Littérature latino-américaine" de bingo_livres
Roman de réalisme merveilleux, environ 450 pages dans mon édition (mais c'est écrit petit).
Cela raconte l'histoire d'une ville perdue dans la jungle, Macondo. Et l'histoire d'une famille, les Buendia, qui ont fondé cette ville. On les suit pendant cent ans - et six générations - cent ans pendant lesquels ils sont tous condamnés à une mystérieuse solitude.
L'histoire est une suite d'événements avec une fin mais sans vraie direction, les romances (dont pas mal d'inceste, la famille Buendia a ses habitudes de ce côté), les entreprises folles, les prises de position politiques (qui reflètent toute l'histoire de la Colombie), mais aussi les événements étranges ou surnaturels, les épidémies mystérieuses, les prophéties, les miracles...
J'ai adoré l'ambiance, l'imagination de l'auteur, pour l'arc global comme pour les petits détails, et la façon dont le réel se mèle au surnaturel. Les personnages, eux, semblent parfois se répéter un peu pour la personnalité (et, dans le cas des hommes, pour les prénoms) et se distinguent surtout par leurs histoires, c'est un peu dommage.
8/10


"Trigger Warning", par Neil Gaiman
Pour la catégorie "JOKER" de bingo_livres
Recueil de nouvelles environ 300 pages. J'adore cet auteur, et je n'ai pas été déçue. Bien sûr, comme dans tous les recueils de nouvelles, surtout ceux qui ne sont pas spécialement thématiques, il y a des histoires qui marquent plus que d'autres. J'aime particulièrement "The case of death and honey", sur Sherlock Holmes, et "A calendar of tales", un recueil d'histoires très courtes sur les 12 mois de l'année. Mais il y a plein de bonnes histoires en général, dont pas mal d'histoires d'horreur (comme d'habitude), de fanfictions (l'auteur ne serait pas d'accord s'il lisait cela, mais il écrit vraiment très bien les personnages qu'il n'a pas créés lui même, tout le monde ne peut pas en dire autant). En bref, j'ai beaucoup aimé.
9/10


"Contes et légendes des Incas et de la Cordillère des Andes", par Laurence Camiglieri
Pour la catégorie "Un livre de votre collection préférée mais d'un auteur inconnu" de bingo_livres
Environ 250 pages, dans la collection des Contes des Légendes de Tous les Pays, chez Fernand Nathan. Aujourd'hui, l'auteur parle des Incas, et j'étais surprise parce qu'on conaît finalement assez peu de légendes de leur mythologie, de ce que je connais. Et finalement, je n'ai même pas eu ces légendes classiques que j'attendais à part deux (peut-être parce que dans la même collection il y a un autre livre de contes sur les Incas, que je dois absolument me procurer) mais j'ai eu plein d'histoires sur les peuples voisins, ceux qui ont été vaincus par l'empire Inca, souvent basées sur des lieux précis - c'était très intéressant - et d'anecdotes de la colonisation par les Espagnols, souvent romancées - cela l'était moins, avec plus de classique comme les Amazones et l'Eldorado mais cela reste utile pour replacer certaines histoires historiquement et géographiquement. Enfin, je ne regrette pas d'avoir fait confiance à cette collection. :-)
8/10


"Mesdemoiselles de la Vengeance", par Florence Thinard
Pour la catégorie "Littérature d'Europe" de bingo_livres
Roman d'aventure historique pour la jeunesse, environ 300 pages.
Olympe de Haussy est une jeune baronne dont la passion est la lecture, qui a été enlevée du couvent par le Commodore, un terrible pirate, dont les attentions se font de plus en plus pressantes. Sylvine est une robuste paysanne dont le mari et les enfants ont été tués par le même Commodore. Agathe est l'énergique fille d'un Maître d'Armes qui a été mutilé par le même pirate, et Nagîna est la fille d'un marchand et d'une médecin arabe, dont le pirate a ruiné le mariage en lui volant sa dot et en la défigurant.
Chacune est prête à le tuer, quitte à y laisser la vie. D'ailleurs, le même soir, elles se retrouvent dans son antichambre, animées des mêmes intentions : le poignarder, avant de se faire tuer par ses hommes.
Mais en se rencontrant, elles se découvrent une amitié qui fait que même si elles sont prêtes à se sacrifier, elles ne veulent pas forcément laisser les autres mourir. Elles découvrent aussi que leur alliance est une force. Et les voilà en train de monter un plan pour tuer le Commodore - tout en restant toutes en vie.
J'ai beaucoup aimé les quatre personnages principaux, et la façon dont leurs interactions et leur amitié se joue, malgré les grandes différences de culture, de rang social et de caractère. C'est drôle et c'est touchant parfois. Je lirais une suite sur leurs aventures sans hésiter.
Par contre, je trouve la première moitié un peu lente - trop de présentation des personnages, trop peu de présentation du plan, une ou deux fois cela m'a semblé un peu réaliste qu'elles soient toutes d'accord sur quelque chose, et puis trop de romances hétéro à la fin (je dois avouer, j'aurais bien aimé du femslash, mais il y a aussi un des amoureux que je trouve plutôt antipathique et qui, contrairement aux filles, n'a pas de développement pour se rattraper).
7/10


"Le robinson du métro", par Felice Holman
Pour la catégorie "Un livre en rapport avec la ville" de bingo_livres
Roman jeunesse, environ 150 pages. L'histoire d'un gamin New Yorkais, orphelin, persécuté à son école, qui s'enfuit de chez lui et va vivre sous terre, dans le métro.
J'aime la façon dont sont décrits les sentiments du personnage principal, de façon très parlante, avec de jolies métaphores sur son état d'esprit, mais sans s'attarder trop dessus. Le roman n'est pas, comme on pourrait l'imaginer, une liste exhaustive de malheurs, même si certains détails sont parfois durs, il y a quelque chose de libérateur et d'optimiste là-dedans, sur les liens entre les êtres humains. C'est presque trop optimiste pour moi dans le sens que la fin est très ouverte, l'auteur veut la rendre positive, mais moi je m'inquiète énormément pour l'avenir de Slake.
7/10


"Robespierre, la fabrication d'un mythe", par Marc Belissa et Yannick Bosc
Pour la catégorie "Un livre collaboratif" de bingo_livres
Histoire, environ 500 pages. Ceci n'est pas une biographie de Robespierre - même si au début on trouve une - très courte - liste de tout ce qu'on sait de façon démontrable sur lui, mais une analyse de comment, avec l'histoire, depuis son entrée en politique jusqu'à l'époque moderne, l'image de Robespierre a été analysée par différents auteurs, et le lien entre ces analyses et les mouvements politiques ou scientifiques des auteurs, les arguments qu'ils pouvaient faire avec ces portraits.
Où on apprend que certain "mythes" (sans présumer de leur véracité, puisqu'ils sont dans les mystères de l'histoires) ont été utilisés à la fois par ses partisans et ses opposants, pendant qu'à l'inverse, parfois, des ennemis de Robespierre ont tenu sur sa vie des discours très contradictoires.
Pour quelqu'un qui s'intéresse au sujet, c'est absolument passionnant. Cela peut servir de liste "les choses sur lesquelles personne n'est d'accord sur Robespierre", et même si parfois on voit les sympathies de l'auteur, il ne va pas prétendre que quelque chose est vrai quand c'est juste son opinion. L'auteur ne considère que les oeuvres françaises ou ayant eu de l'influence en France après traduction, c'est un parti-pris qui peut en frustrer quelques-uns, mais c'est déjà long.
Personnellement, ce que je regrette le plus est de ne pas avoir eu un chapitre entier sur le rôle de Robespierre dans la crise des factions.
9/10


"Le mystère du jardin romain", par Jean-Pierre Néraudau
Pour la catégorie "Policier" de bingo_livres
Policier, environ 260 pages. L'auteur s'inspire d'un paragraphe de Tacite racontant un crime dont on n'a jamais trouvé l'assassin avec certitude, mais pour lequel le mari a été condamné. Il construit autour toute une trame machiavélique avec l'empereur Tibère et sa famille, des descendants des Etrusques, des "magiciennes" aux poisons redoutables, des comédiens aux mille masques, et une thématique assez forte sur l'ambiguité sexuelle. A la fin, tout est résolu de façon satisfaisante, sauf un tout petit peu d'ambiguité laissée là exprès.
Toutes les parties sont racontées - et même écrites - de la part d'un Unreliable Narrator différent, ce qui amplifie la complexité. Au début, le style ampoulé m'énervait un peu, mais ce n'est pas le style du livre, juste de la première partie, et d'ailleurs les gens qui lisent son parchemin s'en moquent dans la partie suivante.
C'était une lecture agréable, dans la catégorie enquête qui fait des noeuds au cerveau avec des références mythologiques, comme dans la catégorie reconstruction historique, mais ce n'est pas une lecture qui me marquera durablement, je pense, il n'y a pas de scène ou de personnage qui se détache.
7/10


Evariste Galois", par Bruno Alberro
Une mini-fanfic de RPF mini-roman de 60 pages, un point de vue d'Evariste Galois juste avant sa mort.
Je suis assez d'accord avec la façon dont Alberro décrit le personnage de Galois. Il s'appuie fortement sur sa biographie, hiérarchise l'importance des mathématiques, de ses opinion politiques et de son histoire d'amour de façon crédible à mon sens, et reprend la théorie du complot gouvernemental, pour laquelle j'ai un petit faible dans les oeuvres romanesques, en ce qui concerne sa mort en duel.
Mais malgré cela - ou peut-être pour cela - je trouve que le roman manque cruellement d'idées originales. Et comme il a un style d'élégie romantique à la première personne adapté à l'époque, mais l'auteur n'est pas assez doué pour éviter le côté fadasse. Je me suis ennuyée en le lisant, même en étant d'accord avec tout, et c'est un peu dommage.
5/10


Progression : 29/52
Risques de lecture : Cent ans de solitude, Mesdemoiselles de la Vengeance, Le Robinson du métro, Robespierre la fabrication d'un mythe, Le mystère du jardin romain -> 12/26
Bingo_livres : 14/25


Bonus


"Sylvie et Bruno" et "Sylvie et Bruno, suite et fin", par Lewis Carroll
Pour la catégorie "Un livre que vous vous êtes promis de relire" de bingo_livres
Deux romans - mais une seule histoire - environ 500 pages en tout. Le narrateur a une sorte de double vie : sa vie normale est une vie mondaine de vieil anglais, dont le meilleur ami souhaite obtenir l'amour d'une dame charmante, et est consacré à sa vocation de médecin. Mais parfois il entre en transe et a des visions du pays d'Outland, avec des magouilles politiques, des personnages hauts en couleur, et des fées, dont deux enfants, Sylvie et Bruno. Dans les deux cas, il est plus spectateur qu'acteur, et même si les deux histoires se mêlent parfois de façon troublante, c'est seulement au niveau ambiguité de mondes et interactions entre les personnages : aucun des scénarios n'en est affecté. Malgré cela, j'ai trouvé que le mélange marchait très bien.
Ce que j'aime le plus, dans cette histoire, c'est l'humour. Le pays du dehors est terriblement non-sensique question politique, science, et société, et sert parfois à l'auteur de satire (il y a un grand passage au cours de laquelle une discussion oenologique a lieu, seulement sur des confitures). Bruno, qui est un tout petit garçon adorable mais qui n'aime pas travailler, a pour habitude de déformer les mots, et d'exercer la logique la plus bizarre. Sylvie, plus âgée, une très gentille enfant, essaie de ne pas le contrarier et d'essayer de lui expliquer plutôt que de le faire taire, ce qui fait des dialogues complètement crack. Ce qui n'empêche pas que le côté féérique à un sens du merveilleux, d'un état d'esprit qui fait qu'on voit les choses différemment.
On pourrait penser que la partie réelle est moins drôle, mais non. C'est ce que j'adore chez les personnages principaux (et ce qui me fait accrocher à la romance, en particulier), c'est leur état d'esprit adorablement geek. Ils sont capables d'avoir de longues discussions sur s'il est convenable d'offrir une chaise à un fantôle, ou sur la future littérature de gare qui ne fera que deux pages quand les trains iront très vite, ou sur la vie dans une maison en très longue chute libre ce qui fait qu'elle est en apesanteur... Le jeune amoureux, Arthur, est très raisonneur et a une tendance à se moquer du monde avec des argumentations plus ou moins trollesques. La logique douteuse de Carroll marche très bien sur moi, je ris tout le temps.
Sinon, le livre est un peu trop imprégné de morale chrétienne et d'état d'esprit victorien pour moi, mais, de mon point de vue, pas au point où cela devient agressif. Les personnages, aussi, sont un peu trop nobles et généreux, pas assez nuancés (cela va un peu ensemble) mais leur sens de l'humour fait qu'on les apprécie quand même.
9/10

Cette entrée a été crosspostée au http://flo-nelja.dreamwidth.org/517242.html. Commentez où vous voulez.
linkReply

Comments:
[User Picture]From: ramasi
2015-05-02 02:53 pm (UTC)
"Robespierre, la fabrication d'un mythe", a l'air géniale, même si je pense que c'est quelque chose à lire après qu'on a un peu plus de bases sur l'histoire en générale que j'en ai pour le moment.
(Reply) (Thread)
[User Picture]From: flo_nelja
2015-05-02 03:35 pm (UTC)
Merci ! Oui, c'est possible. Enfin, comme je dis, ça commence par un rappel, ça reste un bouquin de vulgarisation, même si c'est de la vulgarisation sérieuse.

(Il y a un moment où il mentionne le fandom slash, en restant parfaitement neutre, il mentionne simplement son existence, j'étais morte de rire ^^)
(Reply) (Parent) (Thread)